le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Elucubrations en vrac

Philippe Maréchal
Elucubrations en vrac
Elucubrations en vrac

Il y a plusieurs êtres en nous paraît il. Il en est un qui demeure figé, pétrifié dans un arrêt d’urgence. Je regarde mon piano qui chez moi, sert d’étagère à l’inutile fatras des objets sans destination. La flamme d’une bougie vacille au dessus de lui, doux, fragile, bienveillant regard d’une présence qui rappelle une notion de l’éternité. L’éternité, ce présent qui parcourt d’un trait fulgurant l’univers tout entier. Il est l’infini à travers duquel s’étend toute souffrance comme il est probable tout instant de bonheur. Méfiez vous dit mon pote, l’illustre marin, on n’est pas à l’abri d’un coup...

Les tribulations d'un lutin sur la mer 1

Philippe Maréchal
Les tribulations d'un lutin sur la mer  1
Les tribulations d'un lutin sur la mer 1

Quand tu largues les amarres, il y a toujours un petit truc au ventre, qui va de l’amour laissé, qu’il soit imaginaire ou bien réel, à la plongée dans l’inconnu. Tu sais que tu vas parcourir un chemin qui va d’un point A au point B, dans un laps de temps déterminé, mais qu’entre les deux, c’est bien de l’infini dont tu vas à la rencontre. La coque glisse dans les eaux calmes du port, et déjà ton esprit efface, oublie tout ce qui t’a amené jusqu’ici, sur ce point d’ancrage qui paradoxalement est mouvant. Dès cet instant, c’est tout l’univers qui défilera devant chez toi, à la manière du ciel devant...

...Allons voir...

Philippe Maréchal
...Allons voir...
...Allons voir...

C’est mon espoir, c’est mon rosier, c’est mon amour. Je l’arrose tous les jours. Après que je l’eus laissé à son sort durant ces hivers si terribles, je l’ai retrouvé, amendé tout comme moi, nourri, et caressé sans qu’il me pique. Ces fleurs sont incroyables et personne jamais ne l’a vu ainsi, abreuvé, et donnant toutes ses fleurs, élancé et fier, et aimant. On se parle chaque matin et chaque soir. C’est mon espoir, c’est mon rosier, c’est mon amour. Je ne connaissais jusqu’ici que son nom, Rose de Pushkar, et voilà qu’il m‘apparaît et que son parfum m’imprègne, abstraction d’un sentiment qui me...

Histoires simples dans un monde Kompliké, 2

Philippe Maréchal
Histoires simples dans un monde Kompliké, 2
Histoires simples dans un monde Kompliké, 2

Bon, on appelle çà un deuil. C’est un deuil bizarre. Habituellement quand on y pense, deuil, on voit çà comme à la suite du décès de quelqu’un de proche. Là, ce n’est pas pareil. Mais alors pas du tout. Ou alors, peut être bien que si, mais à l’envers. L’autre est parti. Mais alors parti. Plus rien, plus personne. Pas de son, pas d’image, pas de chair, pas de sourire, pas la gueule non plus. Plus rien, nada, rideau, silence, terminé. Ton cri, silence, ton cœur qui bat, silence. Ce n’est pas toi, c’est l’autre qui est parti. Silence. Tu pleures puis tu écoutes, silence. L’autre n’est plus là. Disparu....

Noz vad

Philippe Maréchal
Noz vad
Noz vad

Ce soir, je pense à cette petite famille de Dhulikhel, à la Shiva Guest House, le dal bath et le riz à la cocotte qui siffle sur un feu de bois, les « collines » à 3000 m, les parfums de fleurs, les poules qui gambadent entre les rangs des plantes qui font rire, les gosses qui poussent inlassablement les pneus recyclés en jouets dans les ruelles pavées. Ce soir flotte un parfum d’encens dans ma petite bicoque que je pare de jour en jour de toutes les couleurs imprimées depuis dans mon cœur. C’est une veillée. Demain c’est le grand voyage, on largue devant, on largue derrière. Je pars dans le sommeil...

Ceci n'est pas un arbre

Philippe Maréchal
Ceci n'est pas un arbre
Ceci n'est pas un arbre

Alors c’est comme çà…comme une intro d’une chanson des Rita…c’est ainsi que tu te retrouves nu dans ce jardin d’Eden, dans la brume, dans le froid qui irise ta peau ruisselante des gouttes qui tombent des branches. Tu les écartes en avançant dans le bois qui cerne ta maison de Hobbit. Et là tu te trouves moins fort que le Lila qui s’épanouit sous un ciel tout gris. Il y a plein de monde tout autour, des oiseaux, des insectes, des bêtes un peu plus grosses et rustres, à un poil près. Tu n’as plus envie de les appeler par leur nom, tu t’en fous, ils n’ont point d’autre nom que ceux attribués par...

Lune

Philippe Maréchal
Lune
Lune

la lune, mon amie, ma douce, permet moi de te retrouver en mer, seul, avec ton reflet sur l'eau que j'embrasse dans le scintillement du plancton révélé par la grâce de la vague d'étrave qui glisse le long du bord, permet moi la rêverie évei llée sous la robe du voilier, permet moi d'oublier, jusqu’à mon nom, jusqu'à moi même, jusqu'à ma destination, jusqu'à ce que mon cœur palpite au rythme du rythme du vent perçu dans les oreilles au portant et que tout amour s'efface et s'engloutisse dans le sillage afin qu'il ne reste que toi et moi dans la nuit au milieu de nulle part, flottant dans le cosmos...

Ciné Phil

Philippe Maréchal

Pelo Malo, Cheveux Rebelles…Un beau film de Mariana Rondon, Vénézuela. Ça me fait rire, cheveux rebelles. Je pense aux miens qui poussent à l’envers. Je les aime. Ils vont vers l’intérieur. Des beaux plans, très beaux. Mais la misère, même bien filmée reste la misère. On peut parler ici de pauvreté, nuance qui échappe parfois. La mal vie quoi. C’est long, c’est long, c’est long. Dans les cours, au pied des immeubles, sur les tourniquets, des enfants. Nait ce dégout du lait. Je m’en souviens. Les barres d’en face, les tours qui s’élancent, moches. Les balcons bigarrés. Les balcons tristes. Les balcons...

M'sieur l'agent

Philippe Maréchal

A mesure que se précisait le regard inquisiteur d’un représentant de la marée chaussée, ci devant toi, arque bouté comme un colonel de Maupassant, la vie te semblait à cet instant aussi ridicule qu’étroite à l’image d’un goulot de péage. Résolument droit dans ses bottes, tel un ministre sûr de sa réforme, il tenait à la sortie de l’octroi autoroutier une allure digne d'un tribun de l’Assemblée Nationale. Alors que tu avais oublié qu’on ne pouvait rien te reprocher, il tançait ton inconscience de son imperceptible mouvement de moustaches, déjà bercées par les mouvements de tes essuies glaces. Jusqu’à...

Histoires simples dans un monde Kompliké

Philippe Maréchal
Histoires simples dans un monde Kompliké
Histoires simples dans un monde Kompliké

Pépère Le Tragique côtoyait ce matin l’immonde en attendant l’aberrant. Il sifflotait au volant. Philosophe à sa manière, il s’était accoutumé à puiser l’éphémère dans la vacuité. De son métier, il conduisait un camion citerne munie d’une pompe à merde. A la vidange d’aujourd’hui s’ajouterait un incident facheux qui tache la chaussée. Pour honorer à l’heure le curettage d’une autre fosse un rien septique mais engorgée, il trimbalait sa mixture à la vitesse des affaires courantes. Descendu de son camion, il ne cessait de répéter : -merde, merde, merde comme la couleur de ce qu’il transportait dans...

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