5 films d'E. VANZ DE GODOY

 

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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 11:25
- Par Philippe Maréchal


Communiqué de presse

Le jeudi 16 février, la médiathèque Lucie Aubrac et l'association CIMADE vous proposent une soirée projection-débat autour du documentaire Cimetière des vivants réalisé par Audrey Hoc pour l'association  dans le cadre des Chroniques de Cimade.
Ce documentaire s'inscrit dans la continuité des Chroniques de rétention rédigées entre 2008 et 2010 et rendant compte de la réalité des conditions de traitement et de vie des étrangers en situation irrégulière en France.
Résumé du  film :
Mr K est enfermé. Il a été arrêté parce qu’il n’avait pas de papiers. Il se trouve dans un centre de rétention à Hendaye.
Sarah et Georges, travaillent dans ce centre de rétention d’Hendaye, ils font partie de La Cimade et ce sont les seules personnes qui peuvent écouter et aider Mr K dans son quotidien de « retenu ».

L’objectif pour 2011 en France était l’expulsion de 30 000 sans-papiers.
Une politique du chiffre absurde, décryptée à travers l’exemple saisissant de Hendaye, territoire de passage. Des caméras cachées, un décryptage des chiffres, un documentaire ubuesque où l’on découvre pour la première fois des images de la rétention en France et où l’on découvre ce que cachent les chiffres des expulsions.
Les intervenants e la CIMADE ont voulu dire et montrer ce qui ce cache derrière la rétention car ils sont les seuls témoins extérieurs de la stupeur, de la peur de celui ou celle qui n'a rien fait et dont la vie bascule, dans l'attente angoissée d'une issue dramatique.
La Cimade est une association créée en 1939. De 1984 à 2009, elle a été la seule ONG présente dans les centres de rétention répartis sur le territoire français. Le pouvoir actuel n'a de cesse de transformer l'accompagnement juridique en simple mission d'information des personnes en voie d'expulsion. Il importait donc de laisser une trace de ce difficile travail au quotidien afin, comme l'écrivait Daniel Bensaid, pour s'épargner la honte de ne pas avoir essayé, que l'on ne puisse pas dire que l'on ne savait pas. C'est le sujet et le but des ces chroniques.

Nous vous invitons à nous réunir pour regarder ce documentaire et en débattre ce jeudi 16 février à 20h30 dans la médiathèque en présence de la réalisatrice et des membres de la CIMADE. Entrée libre.

Renseignements : 04.67.73.84.24 ou mediatheque.de.ganges@wanadoo.fr

L'équipe de la Médiathèque vous remercie de diffuser l'information sur vos supports.


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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 11:14
- Par Philippe Maréchal
Je crois, que le devoir de ces personnes, qui sont pourvues de part le hasard de leur naissance ou bien de leur aptitude à bien se débrouiller dans la vie, c'est de se servir de leur intelligence et de leur dons, pour être solidaires des classes, dites" populaires", afin de ne pas les précipiter par effet conjugué d'un mépris réciproque, qui a toute l'apparence de la  lutte des classes, mais qui n'en est pas une, mais qui est juste l'effet des ignorances de tous envers le sort des plus faibles que soi, je crois que c'est de leur devoir urgent, de se montrer solidaires oui , comme j'ai entendu le dire la très intelligente et courageuse Caroline Fourest, (dont le blog est ici en lien sur la gauche avec les autres),ce matin dans ma radio de Service Publique, afin de ne pas alimenter l'exode de ces personnes désabusées vers de faux espoirs et les sombres désirs et crimes contre la pensée que sont les délires de l'extrême simplification, de ce qu'on appelle l'extrême droite, premier vrai danger pour ceux là mêmes qui s'enhardissent à oser franchir cet étroit passage qui sépare la raison du défoulement, d'être solidaires afin de ne pas inciter ceux qui sont au bas de l'échelle de la societé, et qui pourtant ne voient rien d'autre que de secouer l’ensemble pour que tout se casse la gueule, en premier lieu sur eux, parce que c'est bien sur eux que tout va se casser la gueule, c'est triste d'assister à cela en se sentant impuissant...c'est triste de voir se jouer toujours la même tragédie, au scénario  toujours repris, à savoir, que ceux là mêmes qui souffrent, s'infligent le pire des sorts, car c'est là, la seule liberté dont ils se sentent capables et autorisés, celle qui peut donner à leur destin, un cours encore plus dur que celui qu'on leur a imposé, par faute politique de l'ensemble des partis républicains, car c'est la seule marge de manoeuvre dont ils se sentent capable, ceux qu'on appelle "populaires", comme une vengeance, comme un dépis, comme une mauvaise colère, celle, bien aigre  qui déchire et qu'on retourne contre soi. A quoi servent tous les livres, à quoi servent tous les films, à quoi servent toutes les pièces, à quoi sert la culture si elle reste un trait d'union de l'entre soi, de l'entre bien pensants et bien mis, qui n'est que l'envers d'une autre face destinée à entrenir la dérision des petits présentateurs et faiseurs d'opinion aux heures de grande écoute, et se répandre des faux semblants de ceux qui sont censés leur donner réplique, les politiques qui vont jouer au manuel du petit démagoque pour les nuls dans les emissions de divertissement,qui portent bien leurs noms, pour épater le reste de la galerie, celle des pauvres scotchés sur leurs écrans plats comme des papillons écrasés sur les phares d'une bagnole qui fonce dans la nuit et dont on entend crisser les pneus sur le bitume du parking d'un hypermaché.

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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 17:15
- Par Philippe Maréchal

L'agglomération de Montpellier inaugurera sa treizième médiathèque à Pérols. Ce qui est fort bien. La lecture publique occupe une place d'exception dans cette agglomération. Le Lecteur en témoigne.
Ce nouvel équipement portera le nom de Jean Giono. Le choix réjouit le Lecteur.
Ce qui le réjouit beaucoup moins, ce qui parvient même à l'irriter, c'est le mot de trop dont fit usage l'auteur de l'article qui annonce l'inauguration dans "Harmonie" (mensuel de l'Agglomération, janvier 2012). "Une exposition, Jean Giono ou le cœur de Noé, présentera la vie et l'œuvre du célèbre écrivain provençal."
Le recours au cliché réducteur, qui enclot Giono dans le "provençialisme", est plus que superflu. Il fait affront à une œuvre dont il est désormais légitime d'affirmer qu'elle atteint à l'universel. En effet, Giono ne s'est jamais refermé sur ses territoires. Ils lui ont simplement servi de cadre pour traiter de problématiques générales. Comme, par exemple,dans "Le Grand Troupeau", la seule œuvre majeure consacrée à la première guerre mondiale qui explore d'autres domaines que ceux tranchées et de la souffrance des combattants. Le seul roman sur cette effroyable boucherie qui accorde autant de place aux femmes, celles qui se chargèrent, loin du front, du côté de Valensole, d'entretenir la flamme de la vie.
Giono, enfant d'immigrés italiens, ne fut provençal (Manosque) que par hasard, mais il fut nécessairement homme.
 
 
"Room" de Emma DONOGHUE (Stock). Roman sur l'enfance. Roman  inaccessible à un Lecteur vieillissant qui point ne comprend le langage infantile, fut-il mis au service des plus nobles causes.
 
 
"Mont Blanc" de Fabio VISCOGLIOSI (Stock). Retour très pudique sur l'effroyable incendie qui, le 24 mars 1999, provoqua la mort de 39 personnes dans le tunnel du Mont Blanc. Pas la moindre trace de voyeurisme. Si la colère se perce parfois, elle est toujours contenue. Le père et la mère de Fabio Viscogliosi furent deux des victimes de ce drame. L'écrivain referme le tombeau sur deux corps réduits à rien. Le deuil, dans une émouvante sobriété, s'assume sans qu'il soit besoin d'intercesseurs. Les mots suggèrent l'achèvement. La vie, quant à elle, continue.
 
 
"La petite chartreuse" de Pierre PEJU (Gallimard). Retour affectif. Vers un roman qui avait touché le Lecteur voilà bientôt dix ans. L'histoire d'un drame ordinaire: l'enfant qui traverse la rue en courant et que percute un véhicule. Le véhicule du libraire, "la bibliothèque vivante qu'il aura été toute sa vie". A travers ce drame, Péju décortique les phases ultimes de l'agonie d'un monde. Sans qu'il soit possible d'imaginer une quelconque rémission. L'enfant a survécu à l'accident, mais il (elle!) ne manifeste aucun désir de vivre. L'univers du libraire se consume dans un incendie. La mère de la fillette a fui vers les contrées de l'illusoire. Ne reste que le vide. "Tout en bas, de moins en moins distinctes, les bêtes noires remuaient leur dos, haussaient leurs épaules difformes dans la mousse argentée du torrent. Et les sales bêtes devenaient de mystérieux volumes, bien fermés sur eux-mêmes." De la vraie, de la grande, de la très belle littérature!
"Qui saura, dans un avenir pas très lointain, ce que représentaient, pour des gens comme moi, les libraires et les librairies? Ce que signifiait, dans une ville, grande ou petite, la présence de ces lieux où l'on pouvait entrer dans l'espoir d'une révélation. Qui se souviendra de la façon paisible dont on pénétrait dans ces antres à l'odeur de papier et d'encre? De cette façon de pencher la tête pour déchiffrer un titre nouveau, puis un autre, des noms d'auteurs familiers ou inconnus, afin de glaner des indices et des signes vivants sur les couvertures claires?
 
 
"Persécution" de Alessandro PIPERNO (Liana Levi). Leo Pontecorvo est le prototype de l'homme auquel tout réussit. Tant sur le plan professionnel qu'au niveau de la vie affective et familiale. Jusqu'au jour où un grain de sable s'introduit dans les engrenages de la machinerie. Lorsque, suite à une virulente campagne médiatique, il devient tout à coup celui qui a transgressé les codes en vigueur. Lorsque la justice instruit son procès sur la base de dénonciations formulées par une gamine de douze ans. Rien ne peut arrêter le cours des choses. Une lente et inexorable descente aux enfers. Dans une Italie où la corruption devient l'obsession des juges. Leo Pontecorvo ne résiste pas. Leo Pontecorvo se replie sur lui-même. Il est devenu le coupable idéal. Ses origines juives l'ont-elles préparé à la persécution ou font-elles de lui une victime résignée? La question n'est pas anodine, bien au contraire. Elle renvoie à d'autres interrogations, et donc à d'autres drames. Voilà un roman que le Lecteur a parcouru à perdre haleine, une œuvre magistrale qu'il recommande à toutes celles et à tous ceux qui ont encore foi en la littérature.


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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 10:54
- Par Philippe Maréchal

En fait, l'impression qui domine, c'est que tout le monde a l'air de s'en foutre allègrement de ce qu'il est en train d'advenir de la Hongrie, laboratoire du résultat de l'exaltation du populisme. Comme si rien de pareil ne pouvait arriver chez nous, où remonte tranquillement l'eau des égouts.  Je crains qu'il en soit ainsi, il en est qui ont des responsabilités mais qui malheureusement habitent trop haut dans les étages pour sentir ce qui se passe au niveau de la rue.

Un journaliste est mort, tué en Syrie, en exerçant son métier. C'est terrible, d'abord pour lui, puis pour ses proches, pour ceux qu'il filmait et puis aussi pour nous. Je compare ceux qui observent pour nous le monde fragile, aux libellules qui survolent les cours d'eau, lorsqu'elles disparaissent, l'eau est devenue putride et ce n'est pas signe de bon signe.

J'ai entendu ce matin dans mon poste de radio de service public, qu'en Italie, la mafia était devenue le premier "organisme" prêteur dans ce pays, devant les banques, et qu' 'il lui suffirait de  20 ans pour éponger la dette de l'Italie, comme quoi le métier ne manque d'avenir;

Ben bonne journée...


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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 21:08
- Par Philippe Maréchal

Je la trouve très moyenne la une de Libé de ce jour, le lundi 9 janvier 2012, même pas drôle que c'est..., mais ça,  faut reconnaître qu'il est difficile de faire rire avec l'extrême droite. Selon cette une, 30% ( de sondés) n'excluraient pas de voter Le Pen.

30%, c'est écrit en très gros sur fond noir et puis les phrases explicatives suivent en titre à la manière des notes d'un contrat d'assurance ou d'une pub  un peu racolante.  Suit un article sur Abbeville, cité sinistrée sur le plan industriel mais en énonçant quelques remarques d'habitants soulignant qu'au moins cela leur aura épargné l'immigration,  à côté de cela, un éditorial et un autre article plutôt convenus, pas de quoi s'énerver, vaut mieux regarder en le télé chargeant le film de Caroline Fourest et Fiametta Venner

carolinefourest.wordpress.com
Pour revoir le documentaire qui a tant inquiété Marine Le Pen, réalisé par Caroline Fourest et Fiammetta Venner pour France 2, diffusé le 15 décembre 2011 (Nilaya production).
saisissant non? 
Bon...puis toujours dans Libé, le sondage en question, sur 2011 adultes représentatifs de la société française, avec la question suivante: " Si le premier tour de l'élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, pourriez vous voter pour Marine Le Pen ?
Réponses: Non probablement pas:  12%
                     Oui probablement          : 10 %
                      Oui certainement           :  8%
        Ne se prononcent pas                :  2%
Résultat pour Libé                                : 30%
Pour moi çà fait                                    :18%
On apréciera le " probablement" et pour vous?
 Et c'est déjà beaucoup....en admettant que parmi ceux qui ne se prononcent pas il se cachent d'autres vélléités on arriverait en poussant à 20%...
 Pour moi cette une une pousse à la roue comme pour se faire peur et contribue à alimenter la machine infernale plutôt que de tenter de raisonner....
Bon à côté de çà il y avait quand même de quoi se réjouir dans ce Libé, l'excellent " Morano démission"  de Sophia Aram, dans Rebonds page 25...

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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 17:46
- Par Philippe Maréchal

"La gifle" de Christos TSIOKAS (Belfond). Pourquoi faut-il que les hommes (et les femmes) s'ennuient? Même en Australie. Où il existe également des couches sociales moyennement inférieures. Dont les plus éminents représentants baisent. Où il advient que l'on flanque une torgnole à un sale petit merdeux qui n'a même pas atteint à l'âge de déraison. Au total, un bouquin sans grand intérêt aux yeux d'un Lecteur qu'indiffèrent les insignifiantes turbulences qui font les délices des appendices de la société de consommation.
 
 
"Mon enfant de Berlin" d'Anne WIAZEMSKY (Gallimard). La famille Mauriac. Dont Claire, la bientôt maman d'Anne, ambulancière au service de la Croix Rouge en cette année où la seconde guerre mondiale atteint à son terme. De Béziers à Berlin, où elle aura pour mission de rapatrier les prisonniers français ainsi que les blessés de guerre. D'où sa rencontre avec Yvan, fils de russes blancs désargentés, et négociateur chargé de discuter avec les soviétiques de la libération de ressortissants de chez nous englués dans la nasse. Claire est une jeune femme qui porte les stigmates si particuliers propres à une famille bourgeoise et catholique. De temps à autre, elle cherche à s'affranchir d'une tutelle pesante. Ce sont les contradictions dont cette femme se dépêtre comme elle peut, dans le contexte d'une époque où rien n'est facile, qu'Anne Wiazemsky dépeint avec intelligence et sensibilité, en préservant les indispensables distances entre la biographie pur jus et la création littéraire.
 
 
"Le théorème du jardin" de Christian MAGNAN (AMDS édition). Le Lecteur en a bavé. Quoi que prétende Christian Magnan, un littéraire de formation fort ancienne ne dispose pas des clés essentielles qui ouvrent les portes de la connaissance scientifique. A peine quelques repères qui nécessitent de constants retours en arrière, des interrogations formulées sur la machinerie gougueulienne, des errements, des tâtonnements. Le Lecteur n'a-t-il pas, une nuit de pleine lune, pris les vessies pour des lanternes, et Jupiter pour Vénus! Ceci précisé pour indiquer que la première partie du livre de Christian Magnan est consacrée aux longs et tortueux cheminements de l'astronomie depuis ce moment où Copernic, selon l'expression de Christian Magnan, a "renié la tradition" et osé prétendre que la Terre n'était pas le centre du monde.
Le Lecteur a retrouvé toute sa tonicité dans la lente et passionnée découverte de la seconde partie de l'ouvrage. Celle dans laquelle Christian Magnan pose, entre autres, la question "la nature est-elle soumise à des lois?". Autant dire: existe-il une force supérieure qui aurait organisé l'immense foutoir dans lequel évoluent étoiles et planètes. Dont notre terre sur laquelle nous survivons tant bien que mal. Christian Magnan prend non seulement le contre-pied des cosmologistes, mieux même, il les attaque sur leur propre terrain. "..il est raisonnable de penser que la nature n'est pas soumise à des lois antérieures et supérieures au monde. Les lois de la nature ne sont pas surnaturelles. Les lois humaines de la physique ne sont que notre grille de lecture, mais certainement pas des commandements divins." Son propos prend alors une autre dimension, porté par un autre souffle, celui de la philosophie. A travers une question fondamentale: la science a-t-elle encore un avenir, confrontée qu'elle est aux contraintes des modèles informatiques? La réponse de l'astronome ne souffre d'aucune contestation: "... une chose est certaine: si la science persiste dans son productivisme effréné, sa soumission sans analyse critique aux modèles, sa capitulation sans condition devant l'emprise d'un progrès d'ordre quantitatif imposé comme nécessaire et présenté dogmatiquement comme source potentielle de découvertes, elle continuera à ne rien trouver et dépérira inéluctablement."
Au bout du compte, un ouvrage utile et passionnant. Puisqu'il conduit à regarder le ciel d'une façon beaucoup moins convenue. Puisqu'il lance le débat sur la vacuité d'une certaine pensée contemporaine qui réduit la science à l'accompagnement des intérêts particuliers des épiciers. Une pensée stérilisée et aseptisée qui ne concerne pas le seul domaine de la science mais qui englobe tous les grands domaines de la recherche, dont la philosophie et la littéraire (plus familière celle-là aux modes d'activités du Lecteur).
 
 
"La forme de la peur" de Giancarlo DE CATALDO et Mimmo RAFELE (Métailié). La guerre des polices, au pays de la Mafia. Guerre idéologique qui oppose les tenants de l'Ordre Ancien et les défenseurs de la Démocratie. Guerre au long de laquelle tous les coups sont permis. Même si, en apparence, on appartient au même monde. Même si on a suivi un même cursus. L'Italie post-mussolinienne est décortiquée par un homme qui, a priori, maîtrise ses dossiers. Puisque De Cataldo a appartenu (appartient encore?) à la magistrature. Le tableau qu'il brosse est tout bonnement terrifiant.

"La huppe de Virginia" de Sylvie DURBEC (Jacques Brémond). Curieuse et passionnante rencontre entre un Lecteur qui s'est éloigné de la poésie et une œuvre singulière, une œuvre originale, une œuvre dont la force évocatrice surprend, émeut, bouleverse.
"me reste ce mot de monde que l'un utilisait
pour dire qu'il avait en lui tous les rêves
et l'autre voyageur d'Amérique et de solitudes
ainsi l'utilisait et moi qui ne sais pas l'écrire
à mon tour
c'est plutôt le pain chaud
et le renard de Jean Follain..."
Les balises posées par Sylvie Durbec. Des repères. Jean Follain, bien entendu. Mais aussi Pessoa. Ou bien encore Paul Celan. Tels des éclairages, plus que des parrainages. Puisque Sylvie Durbec vole de ses propres ailes, qu'il ne lui est pas besoin de tuteurs.
" la voix chemin de fer où prendre au piège le jeu des mots
les mots des sots ceux devenus démons en bouche
puis étaler en un grand silence sec la voix sur du pain..."
Une voix. Une belle voix. Une voix désentravée. Une voix qui éveille. Une voix qui enchante.
"le pain et l'eau une fois ou une autre
nous buvons l'eau des presque morts
dans la tisane aux feuilles de marbre"
 
 
"La société des égaux" de Pierre ROSANVALLON (Seuil). Le Lecteur fut réellement passionné par la première (et la plus conséquente) partie de l'ouvrage: un remarquable travail universitaire sur l'histoire de deux siècles de débats et de luttes sur l'exigence d'égalité. Fort bien. Et donc fort utile. Le même Lecteur fut beaucoup moins convaincu par la seconde partie, celle dans laquelle Rosenvallon esquisse les contours de ce qui pourrait être une nouvelle société des égaux. Est-il possible de créer une telle société dans le monde du capitalisme triomphant? Un capitalisme qui est, par essence, à la source des plus flagrantes des inégalités. Un monde dans lequel quelques poignées de potentats (patrons et affairistes en tous genres) disposent de tous les leviers de commande? Rosenvallon élude cette question-là, qui est pourtant la question centrale. Il suggère simplement de s'inscrire dans le cadre d'une société apaisée, une société qui ignorerait les luttes que se livrent des classes sociales antagoniques. Le Lecteur n'est pas du tout convaincu que ce soit "en termes politiques, juridiques et institutionnels qu'il s'agit de concevoir aujourd'hui les modes de l'égalité et de la différence." Car les différences sont telles, elles sont à ce point inscrites dans les relations sociales, qu'il ne sera pas d'évolution significative sans le passage, à un moment ou à un autre, par une phase révolutionnaire et libertaire.
 
 
 
"Les harmoniques" de Marcus MALTE (Série Noire/Gallimard). Sous-titré "Beau Danube Blues", ce polar est le meilleur du genre que le Lecteur ait rencontré depuis belle lurette. Un polar dans lequel il se soit immergé sans la moindre retenue. Un polar qui met en scène un pianiste de jazz et un ancien prof de philo reconverti en indolent chauffeur de taxi. Deux amis qui se lancent dans une enquête pour tenter de retrouver les instigateurs de l'assassinat d'une apprentie comédienne d'origine yougoslave (puisqu'elle naquit dans un pays qui était encore la Yougoslavie). Leurs recherches vont les conduire jusqu'aux contre-allées des pouvoirs. Du côté de Belgrade, certes, et des génocideurs, lors de cette guerre qui rappela à l'Europe que les démons étaient loin d'être exorcisés. Mais aussi du côté de Paris où un certain ministre de l'intérieur entretint d'étranges et sulfureuses liaisons avec les "purificateurs" serbes. Son portrait? "C'est un arriviste. Un affairiste. Un menteur, un hypocrite, un égoïste, un manipulateur, un pervers. Méprisant avec les faibles, servile avec les puissants. Il n'a aucun scrupule. Aucune morale." Son nom? Dominique Karoly. Celui de son épouse qui vient de le quitter? Célia Valdéron. Bien évidemment, il ne s'agit que de fiction.
 
 
"Cours de danse pour adultes et élèves avancés" de Bohumil HRABAL (Gallimard). Livre ouvert, et par hasard, le jour où fut annoncée la mort de Vlacav Havel. Des retrouvailles. Qui datent de temps lointains, ceux au cours desquels le Lecteur se passionnait pour ce qu'il fut si commun d'appeler le "Printemps de Prague". Le socialisme à visage humain. Dubcek. Ce matin si douloureux du 21 août 1968, lorsque la soldatesque soviétique entra dans la capitale de ce qui était encore la Tchécoslovaquie. Lorsqu'il fut mis un terme brutal à une aventure qui avait réintroduit un peu de rêve dans le communisme à la mode bureaucratique. Ces années où naquit un cinéma original, foisonnant, désentravé. La nouvelle vague tchèque (Chytolova, Passer, Forman, Menzel...).Ces années au cours desquelles émergea une nouvelle littérature, de nouveaux écrivains tchèques. Dont Havel. Dont Hrabal. Les préférences du Lecteur se portèrent toujours sur Hrabal. Son incisive drôlerie. Son impertinence. Cette part du surréalisme que l'écrivain assuma. Ce côté baroque qui fut un héritage de la culture tchèque. "Cours de danse...", à bientôt cinquante ans de distance, n'a pas pris une ride. La narration en une seule et rebondissante phrase de ce que fut la vie d'un homme qui vécut au cœur de l'Europe en proie aux plus terribles errements, confrontée aux rêves les plus insensés, ce roman est un chef d'œuvre. Que les éditions Gallimard ont eu l'excellente idée de republier.
 


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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 15:41
- Par Philippe Maréchal

Chers amis,

Je viens de lire et signer une pétition en ligne: «Michelin ne doit pas construire cette usine en Inde!» 

http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2012N18922

Personnellement, je suis d’accord avec cette pétition et je crois que tu peux l’être aussi. 

Souscris à la pétition et divulgue-la auprès de tes contacts.

Merci,
Philippe Maréchal


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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 11:24
- Par Philippe Maréchal

En 2009, 8,2 millions de français sont sous "le seuil de pauvreté", soit 13,5% de la population française...le seuil de pauvreté est fixé à 954 euros par mois et par personne...Nous sommes en 2012, chacun sait que rien ne s'arrange de ce côté là. Ce dimanche matin, c'était le thème d'une des quelques bonnes émissions qui restent sur France Inter, le magasine "Interception" de Lionel Tompson.
A la rencontre de ces personnes, vivant comme elles peuvent, travaillant même, sans que cela puisse leur permettre une réelle autonomie, le reportage nous fait écouter des personnes dignes et debout malgré des conditions difficiles, voire poignantes, avec le constat d'une des dernières intervenantes de ce reportage,  " les politiques, ils s'en foutent, dans leurs belles voitures quand ils sortent du parlement, ils vont au restaurant..." Mots simples, qui pourraient rappeler les temps agités des années 30 et l'anti parlementarisme et le danger qui advient. Et voilà que ressurgissent tous les ingrédients qui permettent la montée de ce qu'on appelle le populisme. Si une grande partie de la population ne mange pas à sa faim, la politique ne manque pas de grain à moudre, ni d'avenir, tout au moins si elle manque d'imagination. Crise, inflation cachée, selon moi, montée des partis d'extrême droite un peu partout en Europe, et même si l'on veut bien y prêter attention, laboratoire d'un gouvernement populiste et autoritaire en Hongrie.  Ce dernier met en place une constitution telle qu'elle rendrait en d'autres temps inacceptable sa candidature à l'Union Européenne...Tout se passe comme si on poussait chacun des états de l'Europe à en arriver à cette extrémité, démantèlement des systèmes éducatifs, et des services publics, appauvrissement de la population, stigmatisation des étrangers et tentative de diviser les différentes couches de la société en dénonçant en haut lieu l'assistanat comme le cancer de la nation, jeter les uns contre les autres et réchauffer le thème du bouc émissaire, les étrangers...
Les prochaines élections apportent peu d'espoir en réalité, franco françaises et étriquées et à choisir entre un coup de pied ou une baffe, c'est idiot, sans doute et pas très à la mode ou bien irréfléchi, comme émanant d'un jus de cerveau d'un salaud de pauvre, moi, je voudrais d'une élection générale européenne, pour un vrai parlement, au pouvoir d'un vrai parlement, si, si, avec un pouvoir fédéral, avec un service public européen et tout à l'avenant, c'est à dire de la démocratie à tous les étages de la construction européenne, seule solution de taille encore selon moi...bon, je vais allumer un cierge et pisser dans une cagette que je prendrai pour un violon...
Ah oui, que pour les prochaines législatives, Jack Lang aille se présenter dans les Vosges à  72 ans, c'était dans les infos, on est content non?


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