Informez vous et faites passer
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Tandis que des vieilles cannes déambulaient dans mon village D'Hérault sur Clochemerdre, la pluie continuait de tomber, drue, soutenue, indifférente à l'annulation forcée des manifestations organisées ce jour là. Ce doit être la faute du maire, il a du, avec la complicité d’un adjoint spécial à la météo concocter un bonne petite pluie de printemps, un phénomène cévenol de derrière les fagots pour se venger de sa probable destitution et en remontrer à ses adversaires pour en nettoyer la merde qu’ils avaient imprudemment laissée sur les trottoirs selon l’adage, plus on en va mettre sur les murs plus il en restera.
Quittons un pont les bords de l’Hérault et sa chronique fielleuse digne d’un feuilleton à la Dallas et enchantons nous de la furie du fleuve en crue, seul bruit sérieux à courir en travers du village. La palme d’or a été décernée, çà y’est, y peut arrêter de pleuvoir, Cannes replie son festival sur une note de réalisme, un film de Laurent Cantet primé sur une photographie d’un instant de notre pays, envisagé dans sa complexité, dans sa composition aussi proche que possible de la réalité. Que l’on soit ici au fin fond du trou du cul du Gard ou dans une classe de banlieue, la réalité sera toujours là pour nous rattraper par le pantalon et nous propulser dans une course à l’échalote, au delà de nos fantasmes et de nos projections égoïstes. Prendre conscience de la réalité, c’est peut être s’affranchir de tout faux semblant, être libre d’appréhender tout événement quel qu’il soit dans sa beauté ou son horreur et s’en tenir à une conduite digne, quelle que soit l’époque, l’endroit, l’embrouillamini d’une situation, il existe une ligne, un endroit d’où l’on peut envisager de se positionner pour construire un mieux, avec un supplément d’âme et ne pas tomber dans la facilité, dans l’obsession, dans l’archaïque attitude qui nous vient des époques lointaines ( le dernier loup fut abattu ici en 1914...) où l’on craignait tant les loups qu’on s’obligeât à la mauvaise foi de les imiter pour en venir à la curée et dévorer en groupe le bouc émissaire, le symbole de la frustration, du goût du pouvoir, du profit et de la domination selon soit. S’il est un festival de cannes dans mon village, c’est assurément, celles qui sont disposées en travers des pas, à toutes fins inutiles, phénomène récurrent de l’angoisse répétée, moi, moi, moi, ma place au soleil et que cesse cette pluie obsédante.
Hier, dans un moment privilégié, en lisant le scandale des pesticides en France de Fabrice Nicolino et François Veillerette, j
e me suis repassé mon Léo Ferré, un triple album enregistré en 1984 au théâtre des
champs Elysées, et dans une diatribe dont il avait le secret, de plus de 15 minutes d’affilées, il concluait sous les applaudissements, enragé parce que vivant, « ...le pouvoir d’où qu’il
vienne, c’est de la merde...
Lendemain de Pentecôte qui est longue et raide pour écrire en Raffarin, çà fait comme un début de semaine, même si j’ai tendance à vivre toujours comme un début de semaine et me retrouver au début de la pente con comme le mythe. A la radio, derrière l’innommable, les catastrophes naturelles en Asie, doublées de la connerie à l’état pur des dirigeants Birmans, j’entends des choses moins frappantes en comparaison mais qui font réfléchir...
Deux nouvelles tristes, sensées nous réjouir car pleines de promesses pour l’avenir, à savoir l’installation favorisée de nouveaux « hard discounters » et le vote probable en faveur des OGM.
Dans le premier cas, il s’agirait de favoriser la concurrence entre grands surfaces, afin de faire baisser les prix...Ne s’agissant dans ce cas, pratiquement que des produits dits « bas de gamme », que les pauvres exultent et ne cachent pas leur joie à l’honneur de leur princes, désormais, il sera moins cher de manger de la merde.
Dans le second cas, il s’agit d’organiser la cœxistence entre les cultures OGM et les autres, dont les cultures en régions AOC, on voit bien de quelle farce il s’agit, quant on sait que la contamination des cultures traditionnelles est inéluctable si l’on cultive des OGM à proximité, voire, on le sait à présent, à des kilomètres...
Que les pauvres exultent et laissent éclater leur joie à l’honneur de leurs princes, désormais, on pourra aussi manger de la merde génétiquement modifiée.
Libre, j’ai tapé sur « le dictionnaire des synonymes » de l’ordi. Quelques fois j’ai de bonnes surprises. Je conduis ma vie comme un texte que j’écris. Forcément, il y a des répétitions. Alors le texte s’alourdit, il faut bien faire attention à l’harmonie, à la couleur, aux définitions des mots employés, car il arrive qu’ils « coulent de source », pour une question de musique, de sonorité de la phrase, et sans qu’on s’en aperçoive, doucement, hors du ton, le sens change, se modifie ; il travestit la réalité sans recours même à un mode poétique. Je reprends donc mon dico et je vérifie la réalité du sens des mots. Libre, synonymes : Autonome, affranchi, aisé, décontracté, dégagé, délié, émancipé, incontrôlable...On m’a dit « tu es libre et la liberté se paye cher... »En quoi est elle si chère? A voir à partir de ces mots, autonome...affranchi...aisé...décontracté...dégagé...délié...émancipé...et l’espiègle pour la fin, incontrôlable.. Lorsqu’on est perdu, dit un proverbe africain, il faut revenir sur ses pas jusqu’au dernier endroit connu d’où l’on vient. Je me suis perdu dans mes lignes et je suis revenu à la dernière définition reconnue A condition de définir correctement « aisé », effectivement je suis libre. C’était donc çà, entre deux chemins, choisir le plus tortueux. Dieu écrit droit avec des lignes courbes, dit un autre proverbe. Je me croyais athée, et je ne cherche que cela, le chemin d’à côté, les traces de pas à l’envers, rouler en marche arrière et regarder le temps qui passe.
Ce matin dans mon poste, alors que j’avais encore mal aux oreilles de la veille d’avoir entendu dans ma radio que Bernard Laporte proclamait qu’ apprendre à nager c’est aussi important que d’apprendre à lire » et mal au bas du dos d’avoir posé du plancher et que j’avais mal au cul assis au bord de ma chaise, le nez dans mon jus chicorée, j’entendais encore parler de nos exploits en Chine avec notre bon Raffarin et le non moins excellent Poncelet qui conseillent le président qu’il faut y aller et oui faut y aller, de la diplomatie, toujours la diplomatie, toujours garder le sourire et le contact, on ne sait jamais, on arrivera peut être encore à vendre plus d’avions ou de centrales ou je ne sais quoi. Et puis après c’était autour de notre président en Tunisie, là pas la peine de lui dire, il y est déjà, tout en souplesse, avec le bon geste d’épaule qui convient, garder le sourire, chez notre ami président Ben Ali, tourisme, encore vente d’avions, centrales, discuter nucléaire…et puis à la fin pour couronner le tout, là j’étais dans ma caisse, mais j’écoutais toujours, jusqu’où on va aller comme çà, et ben jusqu’en bas, avec Emanuel Valls qui louangeait les britanniques, bien plus souples que nous, et le consensus, du consensus qui disait, et çà suffit Jaurès, c’est du Clemenceau qu’il nous faut, çà c’est une référence et en plus en tant qu’ancien marin çà me parle, putain d’amiante. Ce matin j’ai mal au cul, c’est sur, et je manque de souplesse en plus, et de diplomatie. Allez, exercices, tout en souplesse, on se penche, on se redresse, on sourit…on se penche, on se redresse, on sourit…on se….
Allez, je vous laisse, la bise à demain, je vais écouter Daniel Mermet, en posant mon petit plancher :
Oui c’est le printemps, après les oignons qu’autour on traite comme d’innocents sportifs, y’a la verte prairie de la petite maison du même nom, que l’on tond, consciencieusement, avec un moteur à explosions. Du deux temps, bien polluant, en fumées et en bruits dispensés pour le meilleur et pour le pire, en tout cas pour les oreilles des voisins et à toutes fins utiles, pour le plaisir des yeux et la satisfaction d’un endroit entretenu comme il se doit à force d’essence, mélangée d’huile à 3%, pour que pourrisse en tas, de l’herbe inutile, qui ferait rêver bien des troupeaux qui ont la malchance de survivre en zone aride. Ouf, tout çà écrit d’une seule traite sans respirer comme pour souligner l’absurdité de nos petites vies suspendues à des gestes ridicules où que l’on se trouve tandis que dans mon poste radio, scotché sur Inter un journaliste de Canal + explique comment il est fier de ne plus boire et se droguer, vu que c’était pour combler un certain vide dans sa vie de boulot… De ce cet exposé décousu, je fais un patchwork que j’assemble avec la retraite qui n’est, selon un intervenant de mon même poste de radio plus tôt ce matin, qu’un temps destiné à faire ce que l’on n’a pas réussi à réaliser dans sa vie…tondre sa pelouse et la brûler en tas avant d’aller s’en jeter un, en se disant à contempler son jardin d’Eden, que l’on a bien travaillé…
La Chine, la Chine, la Chine, arrêtez mon bon monsieur Raffarin de sauter comme le cabri du général en criant nuit de Chine, nuit câline, remettez votre pantalon et surtout cessez de crier en mon nom, car j’imagine assez bien que vous le fassiez au nom de vos concitoyens, de crier dis-je « à la faute politique grave » concernant l’attribution de citoyen d’honneur de la ville de Paris au Dalaï Lama. Pour moi, vous faites plus qu’une faute politique, vous faites une faute de gout. Je sais, je ne suis pas un exemple, en matière d’intérêt ou de d’opportunité pour la chose de la tune. Dans ce domaine, j’ai toujours eu tout faux, mais je vous assure, je n’ai pas mal au cul et ce n’est pas le seul intérêt. Cessez de vous courber, vous n’êtes plus premier ministre et nul ne vous oblige à gravir « la pente est forte » à reculons. Bon, je sais bien que mes arguments n’ont que peu de valeur, mais je dois bien vous l’avouer, ce matin j’étais en colère lorsque le ballon que ma petite fille gonflait lui a pété à la gueule et que je me ramassais la mienne avec ses putains de chaussons chinois explosés par devant itou lorsque je me proposai d’aller vite derechef la secourir d’une consolation paternelle alors que dans mon poste j’entendais le rapport de votre intervention dans l’empire du milieu à la radio.
Plus sérieusement, allez donc, ami lecteur et vous vous-même, monsieur Raffarin sur le site en lien ci à coté de NON GRATA, vous y verrez la Chine d’une autre manière par deux amis « Fondeurs sans frontières » et n’oubliez pas d’allumer votre poste de radio dimanche matin sur France Inter pour écouter vers 9 heures l’excellente émission « Interception » dont le sujet cette fois ci ne manquera pas de vous éclairer sur la Chine.
Om mani padme hum… (Mantra qui selon les tibétains, avec ses six syllabes purifient complètement les six émotions négatives pernicieuses qui sont la manifestation de l’ignorance…)
fleurs et tomates