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Le temps qui passe

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Journal d'un con

Pas de traces de chiens errants...enfin si leurs merdes offertes à mon paillasson, aux pieds de mes hôtes et au coin de mes murs...On est à la campagne diront les propriétaires de ces admirables machines à merde sur quatre pattes...seulement ces bestioles ont décidé qu’en raison du circuit proposé par leur papa que la campagne c’était devant ma porte...en gros, je suis dans la merde, dans cette merde composée essentiellement d’autres merdes industrielles assemblées en patées pour chiens à son pépère...Alors c’est décidé je m’en vais étendre le périmètre de la campagne et redistribuer tous ces étroncs qui me sont dévolus sur le parcours étroits de ces passants enchainés aux besoins canins et qui suivent écervelés leurs animaux de compagnie, ponctuant leurs méditations odoriférantes, de crotte en crotte et de pisse en pisse jusqu’à la fin des temps, en quelque sorte l’occlusion générale...

A part çà ce matin, sur France Cul jeudi 17 septembre, l'invité des "Matins" est le philosophe Yves Michaud pour la parution de son dernier livre chez Bourin éditeur, Qu'est ce que le mérite?...on serait tenté, facétieux quoique incorrecte de penser déjà, c’est l’éditer chez Bourin, mais en dehors de cette bêtise de votre con sur son banc, et au delà de la thèse brillamment et clairement expliquée par l’auteur, mon énervement, avant d’être à son comble en glissant sur une merde en sortant, fut mis à l’épreuve à la réflexion d’Alexandre Adler expliquant, qu’il fallait bien penser que ces sportifs au regard d’une carrière extrêmement courte ne gagnent pas tant que çà... Genre Kaka, je reste dans la couleur du billet, qui gagne à l’AC Milan, 750 000 euros par mois... même quitte à en chier, un mois de boulot me suffirait,  et en biennale...Allez, je vais chausser mes crampons et m'en vais miner les alentours...

 

C’est samedi. Il fait lourd. Un chien déambule. C’est un chien à clochette, un chien de chasse. Il s’est perdu. C’est samedi, un samedi pendant la crise et à la campagne. Qu’est ce qu’on fait un samedi de crise à la campagne ? Rien, on ne fait rien comme d’habitude. On ramasse ses oignons et on les trie. On étale un peu de fumier aussi. On range du bois qu’on a coupé l’année dernière pour faire de la place à celui qu’on va couper cette année. On sème de la mâche. Les épinards et les radis noirs sont sortis. Les salades pour l’hiver se redressent. Le pommier d’Armorique peine sous le poids de ses fruits.  On songe à mettre de l’ail cette année. Là haut bougent à peine des cumulus et des cirrocumulus. De l’autre côté de la vallée, on entend des bruits de brouette qu’on charge de gravas. Le mec de l’auberge est passé, en se promenant au pas de charge avec sa machine à crottes. Il a dit qu’on faisait rien qu’à glander. On s’en fout. Il ne sait pas. Il ne sait rien. Il fait comme nous tous, il juge comme nous nous jugeons les uns les autres. Un ange passe. La terre est sèche. On promet de la pluie pour demain. La météo, c’est ce qu’on raconte quand on a rien à dire à quelqu’un qui ne nous aime pas et qui est vachement emmerdé parce le chemin est étroit et qu’on a été obligés de se croiser. Est-ce que les diplomates parlent de la météo ? On m’a proposé du travail. C’est un travail intéressant. C’est du travail bénévole. C’est un truc courant. Quand tu es jeune, tu es stagiaire. Quand tu es moins jeune, tu acquières de l’expérience, quand tu n’es plus jeune tu deviens bénévole. C’est la troisième fois en un mois qu’on me propose du travail bénévole. C’est à cela que je sens bien que je ne suis plus jeune. Qu’est ce qu’on fait un samedi de crise à la campagne. On se suicide avec un couteau à beurre, par le manche, et pour que çà dure plus longtemps, on s’assoie dessus. C’est samedi. Il fait lourd. Le chien déambule toujours. Si tu crois que je vais téléphoner à son maitre parce que le numéro est sur son collier...Ben là tu t’as gouré...La dernière fois, quand le maitre est venu...il m’a parlé comme si j’étais son chien. A mon avis, c’est un chien bénévole. On voit bien qu’il n’est plus tout jeune. Et puis, il a l’air un peu con.

Finalement, je me suis trouvé une ressemblance avec le chien. J'ai appelé son référent comme on dit. Moi je n'ai pas de référent mais quand même ce chien il me regardait comme si...Alors j'ai appelé...Bien vu, le gars n'était pas le même que la dernière fois, un grand sympa...et qui aimait son chien. Voilà un samedi qui finit bien.

 

Jeudi, quoi de neuf...ben rien...çà mégotte toujours sur la taxe carbone...la sécu chez les états uniens  est considéré comme du marxisme...au Venezuela, du pétrole toujours du pétrole, des armes toujours des armes...en France Afrique  toujours le CFA et les urnes tripotées...en France à Lille faut voir... à part le fait qu'on risque de s'en reprendre pour 5 ans en 2012, on rirait presque devant de tels enfantillages s’il n’y avait pas autant de désespoirs, de violences et de ravages en conséquence...des employés se suicident au boulot...c’est au moins un truc qui ne va pas m’arriver. Et la Grippe A, elle va bien la grippe A ? Oui elle progresse comme un CAC 40 qu'a eu ses piqures, elle alimente la conversation dans les journaux...je vais retourner sur mon banc, sous la pomme qui reste à mon pommier, comme çà, voir si elle va tomber puis m’allonger comme Newton et pondre une théorie...tout corps plongé dans un sommeil profond subit un choc proportionnel aux ennuis sous lesquels il a choisit de s’exposer et à un réveil en sursaut, con.

C’est jeudi et je reprends ma chronique lancée la saison précédente le samedi ( je fais rien de ce que je veux) à savoir la chronique du journal d’un con.

« Seigneur, toi qui créa toutes choses, tu as aussi crée les cons. Et d’ailleurs tu me fis, aussi. Début d’une prière, celle qui me vient à l’esprit, assis, comme un con. »...Et je me cite comme un con et d’ailleurs je réfléchis de même. Un signe qui ne trompe pas, je positive. Comme disait Audiard, en tant que con j’ose tout... Les signes pour positiver ne trompent pas non plus qu’ils ne manquent, entre les nuages j’aperçois dans un coin de ciel bleu la trainée cristalline d’un avion de ligne. Exemples : le réchauffement climatique s’emballe et l’Arctique fond deux fois plus vite, que font mes semblables et moi même ? Et ben rien d’à peu près tangible, mieux cela ne les énerve même pas eux qui d’habitude sont si prompts à la panique, on maitrise son 4x4 et l'humour potache en mettant la tonne de carbone à 14 euros... Des millions de morts de paludisme, de diarrhée, de misère et d’indifférence pas un poil d’inquiétude, le vaccin contra la grippe A est prêt. 90 morts en Afghanistan après un bombardement, quelqu’un par ici aurait il entendu quelque chose ? Non et vous ? Par contre ici c’est l’ouverture de la chasse demain, ami sanglier une nuée de fiers guerriers habillés avec des trompeuses casquettes Modem et courtisés par l’UMP pour les prochaines régionales se prépare courageusement à te trouer la couenne tout comme tes poursuivants tu vas secouer ton cholesthérol et tes gamas GT. Que le chômage augmente et la ministre concernée aperçoit le bout du tunnel...maitrise totale encore une fois dans un langage digne d’une citation de Lao Tseu. Que les clodos de la capitale mis au gout du jour par un jeu vulgaire en ligne, c’est révoltant, se rassurent, les loyers en région parisienne sont en léger recul cette année. Plus local, après le « trésor public » qui s’est tiré, la Poste qui réduit ses services comme un pot de chagrin,  la station service de mon village va fermer. Motif, remise aux normes obligatoires, trop cher pour notre pourtant et néanmoins valeureux pompiste de père en fils. Et ben tout le monde ici garde son calme et reste solidaire dans une maitrise quasi bouddhique devant le fatal événement, faudrait pas non plus qu'en l'abscence de défibrillateurs publiques et autres distributeurs de couches cullotes que sous une poussée fiévreuse due à un mécontement général d'irracibles et bouillants retraités mettent leur tension en danger devant le mutisme des autres commerçants et qu’on risque une initiative malheureuse de quelque responsable local ayant pour incidence une taxe au carbone 14 sur l’impôt local, des impôts, le truc qui impose une solidarité, vous vous rendez compte, on en aurait presque tremblé en buvant le thé ...Comme on le voit, tout va bien, tout le monde garde son calme telle une grenouille qui se détend tranquillement dans la douce torpeur d’un bain dans une casserole sous laquelle un feu tranquille....

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