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Le temps qui passe

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humeur du chef

Après tout, les idées noires se prêtent bien à la musique. J’ai hier soir habillé mon âme avec Léo Ferré. Un coup de pied au cul qui fait claquer des dents. En ces temps de discours fades et mielleux, bourrés de mauvaises intentions, déroulés sur des langues d’Hévéa, de fausses exaltations et de postures molles, les mots, les phrases ont un sens, ont un poids. Celles là, ceux là manquent. J’ai le pépoil de l’avant bras qui se dresse quand il gueule sur la scène.  Quand il engueule tout le monde, pèle mêle, moi, toi, l’hypocrisie du monde. Et qu’il nous fout la vie, la poésie à la gueule. A nous tous qui la fermons tandis que claquent les pas de ceux qui nous encadrent. Avec le temps, j’en avais oublié le sel des luttes. Je finissais par m’égarer sur mes chemins de traverses comme il dit. Il y a longtemps que je les ai empruntés. Tellement longtemps que j’en oublie parfois, qu’il existât d’autres routes, d’autres autoroutes où l’on fonce têtes baissées pour avoir l’air d’un coureur, derrière la carotte imaginaire qui mène droit au péage.  Hier, j’ai vu à la bergerie, comment on retenait les agneaux, tandis qu’on poussait leurs mères, empruntant un passage étroit, comme pour les dénombrer, puis les sortir en troupeau, pour mieux  qu'elles aillent s’engraisser au profit de qui les vendra, et pour se faire désosser et puis se faire bouffer.
p1010400.jpg Je me souviens d’avoir entendu Brassens dire qu’il préférait traverser dans les clous, pour éviter le simple déplaisir de croiser maréchaussée ou bien agent de police. Que dirait-il aujourd’hui de ces amendes de 4 euros à tout piéton contrevenant ? Tandis que d’un coté, on sert les boulons au bipède oublieux du code et des convenances, en raison première de sa sauvegarde et de celui du motard, Mr Attali préconise à l’autre bout de la chaine de retirer le « principe de précaution », frein à la croissance. Continuez à nous prendre pour des cons, on le mérite puisque même « à plus de quatre » personne ne bronche. 
27163931.JPG C’est gênant, ce matin, sur inter, le petit déjeuner avec des menaces de guerre. Bon, j’étais préparé depuis hier soir. J’avais déjà entendu à la radio, le bruit mat des bourres piffes de Jospin à Ségolène, de la gravité dans l’inquiétude de François Bayrou à propos de notre président et des médias à sa botte, des pesticides dans les bananes antillaises jusqu’à provoquer là bas, pour un homme sur deux, un cancer de la prostate, dixit le professeur Bellepomme, qui ne plaisantait pas et à propos des quelles, les bananes, pas nous, le journaliste de faction s’empressa de rassurer son auditoire, qu’il prend pour des bananes, nous, en ajoutant qu’il n’y avait aucun danger à en manger par les deux bouts. De quoi je me mêle, que sait il du danger ou non d’en consommer des bananes aux pesticides ? Et même qu’avant le sommeil, j’avais parcouru un journal, le monde, qu’une relance d’abonnement ou une erreur m’a fait tomber dans ma boite aux lettres. Pas triste non plus, changement climatique, des méduses partout, le chikungunya qui prend désormais l’avion et descend en atterrissant à la pension complète des pneus usagés prévus à cet effet. Et toujours notre NS omniprésent, jusqu’à se mêler d’architecture, comme s’il n’était pas possible aux architectes de faire moche tous seuls.  Je sais bien qu'il y en a des bons mais si j'en vois un qui proteste, quand il veut je l’emmène, j’ai vu des constructions, belles comme un César en siporex, où certainement pas un n’habite. Ajoutons à cela, un article sur les Etats-Unis, proches de la récession, 50 millions d’américains tombés du rêve et sans couverture sociale et la situation des monuments historiques désastreuse selon notre éternel Jack, les révoltés de Boutovo en Russie face aux expulsions brutales de la police. Alors ce matin, j’étais déjà retourné comme une crêpe, Bernard Kouchner pouvait bien menacer de guerre, l’Iran ou la terre toute entière, je regardais ma petite fille prête à partir pour l’école et je me demandais bien pour quoi faire dans ce monde de oufs, pour quoi faire, son sourire de petite fille. Allez prends moi la main, vas y mon petit amour, je t'emmènes à l'école pour apprendre à sourire à la vie… 
27122257-1-.JPG  A l’aise comme un chômeur dans la rubrique des offres d’emploi de Télérama.
A l’aise comme un sans domicile fixe dans la page des belles demeures du Nouvel Obs.
A l’aise comme un cerveau dans le 13 heures de Jean Pierre Pernaud.
A l’aise comme des Santiags aux pieds d’un 1er ministre.
A l’aise comme un appareil photo dans les mains du président en vacances.
A l’aise comme un coureur cycliste dans un jardin potager biologique.
A l’aise comme du pyralène dans l’eau.
A l’aise comme un contrat d’armement entre garnements.
A l’aise puisqu’ensemble « tout est possible ».
inconnu.jpg Ah mon cher Mörice. Je sais, je t’ai mis un tréma… M’est venu ce matin cette idée d’échange épistolaire sur la toile, à la manière de…A la manière des écrivains, ou des peintres d’antan. Ceux qui poursuivaient une conversation à distance, surs de leur art et certains que les effluves exaltantes s'échappant entre les dents de leur correspondant, ne parviendraient pas à franchir le cachet de la poste faisant foi. Ceci dit, quelle classe, quelle chance pour les générations futures, que le témoignage touchant de cette correspondance léguée à la postérité par deux énergumènes qui ne trippotèrent le sommet de leur art qu’en décapsulant le sommet de leur désir à savoir, faire exulter le bouchon d’une « trois monts ». Et oui, mon cher Môrice, je t’ai mis un chapeau, pour que  « tu ne prennes pas froid », et « que tu ne rentres pas trop tard »…Et oui grattais-je sur ma page de ma plume bégayante, j’aimerais tant partager une bière avec toi. A boire, cela va sans dire, quoique…une caisse à deux, c’est toujours mieux. Imagine un voyage interstellaire, avec, collées sur les flancs du catafaflaque, des pubs Stella Artois, Beamish, Guinness, Trois Monts, St Louis Kriek, Chimay Trappiste, Brugse Tripel, Duvel, Orval, Westmalle Trappist, Leffe, Floreffe, Kriek Girardin, Moinette…et collée sur le couvercle de cette saumure, Rodenbach pleine de vie…La mort serait rigolote, dans un carrosse flanqué d’effigies à la gloire de bière catholiques. Ne pas se tromper d’aiguillage sous les cieux paradisiaques, car même là haut il est des pubs interdites. Imagine la gueule d’un l’ange barbu à la langue chargée de la circulation au giratoire des âmes perdues…-Hep vous là, pas deux dans le même véhicule, pas plus qu’un dernier pour la route, ici c’est le vin qu’on vénère, pas la bière…- qu’importe mon poulet, on a aussi du Picon, et quelque piquette héraultaise et du Corbière et du minervois, vois-tu l’ange…Et l’on serait ben aises, redressés dans notre caisse, au milieu des galaxies comme Nounours et le magicien, les yeux rougis comme après avoir suivi un camion de sable en mobylette…Et la mort ne faisant plus peur, et nous de taper sur le plancher du coffre des morts, et de se frotter les mains car enfin il nous serait possible de naviguer sans relâche à ramener toutes les consignes aux paradis étoilés.  
27085413.JPG …De l’origine commune des problèmes aux retombées locales ?
De l’importance des acteurs locaux ?
De la ségrégation spatiale à la zone de relégation sociale ?
De l’assistance sociale au rôle et l’avenir du service public en zone rurale… ?
Et tiens, je m’en pose des questions ce matin, des sacrées questions en suspens…et puis ce fut l’heure des toilettes. Désolé de vous le dire comme çà. C’est parce que, devant la fenêtre des toilettes, il y a un mur en ruine, perdu dans la végétation. Et sur le mur est arrivé un écureuil. Il est parti, vite. Je me suis penché et il est revenu. On s’est regardé. Il est reparti en sautillant. Je suis resté à mes occupations et puis j’ai oublié mes questions. Des fois c’est très con des questions à coté de l’apparition d’un écureuil devant la fenêtre du p'tit coin.
15154830.jpg On aurait dit que Ségolène avait été élue, présidente. « Y’a rien au dessus de président » dit La pub du calendosse, si son drapeau. Notre ex future présidente, l’avait promis, du moins dans ses incantations, au-delà du rétablissement de la famille, elle allait promouvoir le drapeau aux fenêtres. Bingo à Valleraugue, hier 13 juillet, on fêtait le 14, on a de l’avance ici. Y’avait des drapeaux bleus blancs rouges partout aux fenêtres et balcons et ils pendaient en l’absence du vent. Elle n’a pas été élue, on ne peut tout avoir. De temps à autre un « bleu étoilé », un européen paumé tranchait dans ce pavois tricolore que je n’avais pas encore remarqué les autres années. Ici, elle a fait plus de 60%, c’est peut être l’explication. Après le feu d’artifice en l’honneur des sans culottes, je suis allé, en famille… du coté de la place où jouait l’orchestre choisit pour la circonstance. La sono à fond décoiffait même les chauves. Trois couples, deux femmes, et un trois quart titubant dans un superbe déhanché, au milieu d’une ribambelle d’enfants, dansaient invariablement  rock’n roll, sur Be ba belou, Michel Jackson, Aba, « le fric c’est chic, Téléphone, les Rita, les Blues Brothers, Mylène Farmer, et… Alexandrie, Alexandra, touloulou hou... A des années lumières, 50 mètres,  le gros de la « fête », entre cent et deux cent personnes, pochetrônait allègrement, à peine dérangé par les décibels qui leur étaient pourtant gracieusement offerts, daignant tourner de temps en temps la tête, à l’endroit des musiciens, à l’envers quand ils montraient leur cul de chanteurs et chanteuses de plus en plus époumonés, déshabillés et désappointés par l’indifférence à tant d’efforts méritoires, et en dépit du renfort de l’effet spécial, jet de fumée, qu’ils ponctuaient de « est ce que vous dormez à Valleraugue…. ? Quittant la place, après deux punchs, à dose de rhum homéopathique, je rencontrais çà et là dans mon parcours jusqu’à la caisse, des petits groupes de djeuns, éparpillés, qui sur les parapets d’un pont, qui dans les part terres et buissons ou sous l’abri bus ect, comme s’ils attendaient la fin de l’alerte et …qu' enfin pour eux, la fête commence. Comme concluait un chroniqueur radio de feu « la bande à Bonnaud » sur France Inter, bonne nuit la France…         

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