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Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Je
me souviens d’avoir entendu Brassens dire qu’il préférait traverser dans les clous, pour éviter le simple déplaisir de croiser maréchaussée ou bien agent de police. Que dirait-il aujourd’hui de
ces amendes de 4 euros à tout piéton contrevenant ? Tandis que d’un coté, on sert les boulons au bipède oublieux du code et des convenances, en raison première de sa sauvegarde et de celui
du motard, Mr Attali préconise à l’autre bout de la chaine de retirer le « principe de précaution », frein à la croissance. Continuez à nous prendre pour des cons, on le mérite puisque
même « à plus de quatre » personne ne bronche.
Ah mon cher Mörice. Je
sais, je t’ai mis un tréma… M’est venu ce matin cette idée d’échange épistolaire sur la toile, à la manière de…A la manière des écrivains, ou des peintres d’antan. Ceux qui poursuivaient une
conversation à distance, surs de leur art et certains que les effluves exaltantes s'échappant entre les dents de leur correspondant, ne parviendraient pas à franchir le cachet de la poste
faisant foi. Ceci dit, quelle classe, quelle chance pour les générations futures, que le témoignage touchant de cette correspondance léguée à la postérité par deux énergumènes qui ne
trippotèrent le sommet de leur art qu’en décapsulant le sommet de leur désir à savoir, faire exulter le bouchon d’une « trois monts ». Et oui, mon cher Môrice, je t’ai mis un
chapeau, pour que « tu ne prennes pas froid », et « que tu ne rentres pas trop tard »…Et oui grattais-je sur ma page de ma plume bégayante, j’aimerais tant partager une
bière avec toi. A boire, cela va sans dire, quoique…une caisse à deux, c’est toujours mieux. Imagine un voyage interstellaire, avec, collées sur les flancs du catafaflaque, des pubs Stella
Artois, Beamish, Guinness, Trois Monts, St Louis Kriek, Chimay Trappiste, Brugse Tripel, Duvel, Orval, Westmalle Trappist, Leffe, Floreffe, Kriek Girardin, Moinette…et collée sur le couvercle de
cette saumure, Rodenbach pleine de vie…La mort serait rigolote, dans un carrosse flanqué d’effigies à la gloire de bière catholiques. Ne pas se tromper d’aiguillage sous les cieux paradisiaques,
car même là haut il est des pubs interdites. Imagine la gueule d’un l’ange barbu à la langue chargée de la circulation au giratoire des âmes perdues…-Hep vous là, pas deux dans le même véhicule,
pas plus qu’un dernier pour la route, ici c’est le vin qu’on vénère, pas la bière…- qu’importe mon poulet, on a aussi du Picon, et quelque piquette héraultaise et du Corbière et du
minervois, vois-tu l’ange…Et l’on serait ben aises, redressés dans notre caisse, au milieu des galaxies comme Nounours et le magicien, les yeux rougis comme après avoir suivi un camion de sable
en mobylette…Et la mort ne faisant plus peur, et nous de taper sur le plancher du coffre des morts, et de se frotter les mains car enfin il nous serait possible de naviguer sans relâche à ramener
toutes les consignes aux paradis étoilés.
On aurait dit que Ségolène avait été élue, présidente. « Y’a rien au dessus de président » dit La pub du calendosse, si son drapeau. Notre ex future
présidente, l’avait promis, du moins dans ses incantations, au-delà du rétablissement de la famille, elle allait promouvoir le drapeau aux fenêtres. Bingo à Valleraugue, hier 13 juillet, on
fêtait le 14, on a de l’avance ici. Y’avait des drapeaux bleus blancs rouges partout aux fenêtres et balcons et ils pendaient en l’absence du vent. Elle n’a pas été élue, on ne peut tout avoir.
De temps à autre un « bleu étoilé », un européen paumé tranchait dans ce pavois tricolore que je n’avais pas encore remarqué les autres années. Ici, elle a fait plus de 60%, c’est
peut être l’explication. Après le feu d’artifice en l’honneur des sans culottes, je suis allé, en famille… du coté de la place où jouait l’orchestre choisit pour la circonstance. La sono à fond
décoiffait même les chauves. Trois couples, deux femmes, et un trois quart titubant dans un superbe déhanché, au milieu d’une ribambelle d’enfants, dansaient invariablement rock’n roll, sur
Be ba belou, Michel Jackson, Aba, « le fric c’est chic, Téléphone, les Rita, les Blues Brothers, Mylène Farmer, et… Alexandrie, Alexandra, touloulou hou... A des années lumières, 50
mètres, le gros de la « fête », entre cent et deux cent personnes, pochetrônait allègrement, à peine dérangé par les décibels qui leur étaient pourtant gracieusement offerts,
daignant tourner de temps en temps la tête, à l’endroit des musiciens, à l’envers quand ils montraient leur cul de chanteurs et chanteuses de plus en plus époumonés, déshabillés et désappointés
par l’indifférence à tant d’efforts méritoires, et en dépit du renfort de l’effet spécial, jet de fumée, qu’ils ponctuaient de « est ce que vous dormez à Valleraugue…. ? Quittant la
place, après deux punchs, à dose de rhum homéopathique, je rencontrais çà et là dans mon parcours jusqu’à la caisse, des petits groupes de djeuns, éparpillés, qui sur les parapets d’un pont, qui
dans les part terres et buissons ou sous l’abri bus ect, comme s’ils attendaient la fin de l’alerte et …qu' enfin pour eux, la fête commence. Comme concluait un chroniqueur radio de feu
« la bande à Bonnaud » sur France Inter, bonne nuit la France…
fleurs et tomates