Informez vous et faites passer
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Jour de repos, ce matin j'écoute la radio, mon poste Inter. Ils sont en grève. j'aime bien des fois, la grève. D'abord à la radio, cela signifie, musique. C'est
bien. Puisque nous sommes fachés, mettons de la musique. Imaginons un peu ce mode de résolution des conflits partout où ils foisonnent. L'avantage d'un immense concert, résolverait cette
incongruité d'une seul jour de fête de la musique... Puisque vous vous faites la gueule, faites donc de la musique. En dehors de cela, j'ai bien compris qu'il s'agissait de la défense "de la bande
à Bonnaud", une de mes émissions préférées sur France Inter. Au motif que son audimat décroit, la direction suprime l'émission à la rentrée. C'est con des fois une direction. Ca n'a pas de
sens. L'émission est intelligente, efficace, vive, impertinente. Impertinente, certes, voilà surement l'objet de la censure. Il est vrai qu'en ces temps de rupture, il est de bon ton de carresser
dans le sens du poil, le peuple repu et à présent habitué aux soupes en sachet diffusées à jet continu sur toutes les chaines de télé et de radio. Ecoutez con, mangez de la merde, dépensez vos
maigres salaires, votez binaire et surtout n'allez pas vous laisser entrainer à écouter des émissions qui pourraient vous étonner, voire vous faire réfléchir, avec un brin de bonne humeur et
d'humour, devenu bien rare. Bon j'ai signé la pétition pour Bonnaud, et puis voilà...A part çà la connerie passera, comme le reste. Comme si, une indice d'écoute était gage de grande qualité, ca se
saurait quand même....D'ailleurs en tant que marin je conseille plutôt le noeud d'écoute double qui permet d'hisser les couleurs d'un pavillon sans
complexe, sachant afficher ce qu'en d'autres temps ma radio s'ennorgueillait de décrire comme une différence.
Et voilà, après la
baffe, le coup de pied dans les...tibias. Notre président éructant du G8 ( voir la vidéo à ce sujet sur latelelibre.fr) doit être à l'aise dans ses chaussures qu'il n'aura surement pas
achétées chez Jallate. C'est parti pour cinq fermes à moins, improbable, que dimanche prochain la situation n'évolue dans un autre sens, ce qui tient
plus d'une lapalissade que de prendre son slip pour une tasse à café. La presse commente celà, en projections et analyses de fins limiers politiques et les abstentionistes baillent. A gauche,
on a passé l'arme et les mêmes figures des guignols vont continuer leur train-train quotidien sur la télé de mon copain. C'est drôle, n'en ayant plus depuis longtemps, la télé me semble devenue de
plus en plus çynique jusqu'à balancer des vannes tellement énormes qu'elles paraissent comme des carricatures au pékin moyen qui les enfournent à l'heure du micro ondes. Ce qui ne manque pas
de cruauté puisque qu'il s'agit bien d'une réalité et non d'une fiction où comment la société organise l'injustice avec l'assentiment d'une majorité . On peut finalement gaver les
téléspectateurs d'inepties et discours creux en même temps que des pub ou des séries à la con. Et plus c'est con plus ça marche. La politique est à l'image de la mal-bouffe, à force de bouffer de
la merde, on s'habitue. Sauf l'ancien directeur de l'usine Jallate à Saint Hippolyte du fort, l'homme n'avait apparement pas le goût à la mode du temps puisqu'il vient de choisir de quitter cette
planète à coté de ses pompes. Allez je vous embrasse quand même, demain je repars sur l'eau pour une petite semaine, où je constate qu'à travailler plus on ne gagne pas plus, on dort mieux. Gros
dodo les français...
De quoi? Je rentre de mer et qu'est-ce qu'apprends-je? Prévision de 400 députés UMP dans les sondages...Moi ce ne sont pas vraiment les politiques qui
m'inquiètent, mais plutôt les braves gens qui les élisent. certes, circonstance atténuente, y'a pas vraiment autre chose d'efficace, en face, mais quand même, après une ptite baffe sur le pif, on
va se prendre un pied dans les nouilles. Peuple de France t'es un rien mazo. Sur mon baTô sont venus des gens qui avaient loué pendant l'exercice d'un séminaire de "recollage".parce qu'ils sont un
rien stressés et qu'ils n'ont affaire au téléphone qu'à des "gens mécontents". C'étaient des professionnels de la banque, vous savez, ceux qu'on peut appeler quand on besoin de rien parce
qu'on n'a pas grand chose, et qu'ils ne prettent qu'à ceux qui ont déjà ce qu'ils demandent...Donc ces braves gens sont venus pour une ballade sur la grande bleue, et certains plus sensibles
que d'autres ont vomi....sans arrêt, et sans intérêt...particulier de leurs congénères, soucieux de passer là un agréable moment à tels point que j'ai délégué mon équipage aux flux tendus de
ces éructations spontannées qui n'avaient rien de commun dans la révélation d'une certaine fragilité humaine en pleine marinisation avec l'indifférence des autres, restés raides comme des caque
quarante. J'en conclus donc que l'entraide et l'attention ne sont point des qualités requises pour ce genre de métier, ceux là étaient cadres, dipomés, éduqués, mais insensibles à la
souffrance de leurs camarades, penchés par désepoir au dessus d'un sot, voire en croix entre deux deux ridoirs jusqu'à je gueule de la barre à qui viendrait les soutenir par sécurité et
humanité.
Demain je repartirai sur la mer jolie. Je naviguerai sur mon
vieux gréement, voilier traditionnel, qu'il faut dire à présent dans les mileux autorisés sous peine de se faire appeler mal comprenant en lieu et place de vieux con. J'irai donc voguer sur mon
fier bâtiment, du vieux port à Cassis, aux calanques et aux îles, soit dans les parages de "Mademoiselle Marseille" comme dit la chanson, tout en rêvant aux croisières
lointaines...combien de capitaines, aux bedaines poéminentes et à l'ardeur trempée à la cervoise et au rhum en ont ils fait rêvés de ces expéditions couillues que seules à présent surclassent
les exploits spatiaux. Et voilà, je ne suis qu'un nostalique, un tire sur le bout, un aventurier du noeud de chaise de calfat, rien de plus qu'un amoureux qui n'en finit pas de finir tous les rêves
à sa portée et qui 's'enva à quelques encablures, hors d'atteinte et chieur comme un goéland qui s'envole avant de t'en poser une, dans sa grande largesse de seigneur maritime, loin des artifices
et des pinces fesses et bien au dessus des marches élyséennes. J'aurai bien pu m'appeler Escartefigue, capitaine du "César", oui Môssieur, et traverser bien fier le vieux port que nul président si
bien nommé autant quélu pour cette même raison, n'atteignit ni en coeur, ni en sagesse ou en bonheur. Priez pour moi Neptune, le dieu barbu qui pète au fond des eaux qu'il me protège dans cette
nouvelle tache, et que surtout je n'en laisse point derrière au cul de mon navire qui à son bord portera toujours les couleurs de l'amour et cherchera à l'estime la terre promise "du
temps des cerises ". Capitaine Gibolin de Villemejane.
Avant de prendre la mer pour quelques jours, m'éloigner un peu du plancher des vaches, sans pour autant les menacer d'un sort cruel, voici quelques traits d'humeur que j'ai eu vagabonde en écoutant l'émission de radio du même nom sur France Inter il y a quelques minutes. On y traitait de l'affiche rouge, de Manouchian et ceux de ses compagons fusillés avec lui en 1943. Cette émission réalisée à partir d'études et de témoignages enrichis grâce à l'ouverture récente d'archives de la police, frappe la réflexion au coin du non sens. En effet, on peut être attérré de constater que l'arrestation de ces résistants FTP MOI est le "fruit" d'un long travail minutieux et rigoureux d'une police française qui a mis là tout son talent à la longue traque et filature de ces héros dont la France et le monde "libre" en général, peut s'honorer. Parmi ces braves presque tous étaient qualifiés d'étrangers, et il y avait deux français je crois me souvenir, attendu que les autres avaient déjà été repérés et arrêtés, torturés, déportés ou fusillés. Outre le souvenir du sacrifice de ces personnages légendaires, tous jeunes, on peut réfléchir au destin croisé de ces hommes, immigrés, défendant la France les armes à la main tandis qu'ils étaient la cible et la proie d'autres hommes, policiers français ceux là, qui servaient un gouvernement dévoué à l'occupant nazi. Cette période succédait à une crise de société grave, durant les années trente, sorte de crise d'identité et de repères, dans un monde assombri par le péril de la terrible déflagration de la deuxième guerre mondiale. Sans qu'il soit juste de comparer cette période à la notre, du moins pourrions nous réfléchir aux maux qui secouent notre société actuellement, à la lumière du sacrifice de ces jeunes hommes immigrés "aux noms difficiles à prononcer" comme le clamait Léo ferré dans sa chanson sur un poème d'Arragon, et la face à l'obscurantisme et la démagogie qui fait flores à ce moment de la campagne des élections présidentielles, ou l'on nous propose ni plus ni moins de revenir au temps de Jules Ferry, de l'obéissance aveugle et qu'un candidat aux thèses eugénistes tente de falsifier l'histoire et ces implications en décidant de "la liquider". Ce soir, sur Marseille le ciel est à l'orage, ce n'est pas une métaphore, juste un fait qui colore cette veille d'appareillage d'un sentiment de tristesse face à cette connerie ambiante, ou l'amnésie d'une partie d'un peuple et la folie d'un homme me filent le tracassin. A samedi donc, d'ici soyez forts, biz à tous et à Katleen Evin, dont j'écorche peut être l'othographe de son nom, pardon.
fleurs et tomates