Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Les tribulations d'un lutin sur la mer 1

Les tribulations d'un lutin sur la mer  1

Quand tu largues les amarres, il y a toujours un petit truc au ventre, qui va de l’amour laissé, qu’il soit imaginaire ou bien réel, à la plongée dans l’inconnu. Tu sais que tu vas parcourir un chemin qui va d’un point A au point B, dans un laps de temps déterminé, mais qu’entre les deux, c’est bien de l’infini dont tu vas à la rencontre.

La coque glisse dans les eaux calmes du port, et déjà ton esprit efface, oublie tout ce qui t’a amené jusqu’ici, sur ce point d’ancrage qui paradoxalement est mouvant. Dès cet instant, c’est tout l’univers qui défilera devant chez toi, à la manière du ciel devant l’observateur planté à sa porte et qui contemple le ciel une nuit sans sommeil.

Les gestes sont habituels et qui sont rassurants parce que méthodiques ; lover les aussières, ranger les défenses, ôter de leurs postes les drisses, choquer écoutes et ris, les hâles bas, assurer le point de tire de la grand voile, ramener le chariot.

Déjà les passes, et puis bout au vent, hisser. Toutes sortes de gestes et procédures qui éloignent pour un temps toutes nostalgies d’être arraché à la vie ordinaire, à ceux que tu aimes, à ceux qui t’ont aimé, à ceux qui te manquent. Ce temps est important, éphémère comme tous les autres mais surnaturel puisqu’il te propulse hors des temps, sur un tapis magique, fait d’eau et de sel et qui regorge d’une autre vie, celle qui à présent va te nourrir. Tu ne sers plus à rien ni à personne, tu n’as plus de comptes à rendre à qui que ce soit pas plus qu’à toi. Tu deviens une molécule d’eau comme toutes les autres et tu vas tracer ta route au milieu d’elles. L’esprit qui est extraordinairement attentif, au vent qui adonne ou bien mollit ou bien fraichit, au courant tracé derrière elle par une dernière bouée rencontrée, l’esprit se libère et déploie son cinéma, son cinémascope, longtemps contraint, rétréci, par les convenances, les non dits, la peur de déplaire, de dire, et tu sais à cet instant que tu quittes le jeu, le « je », et qu’une notion s’élargit, qui a toujours été présente mais étouffée, la liberté. A l’inverse du cinéma, cependant, on ne dit plus « moteur » pour démarrer, non, on coupe, pour que le film commence, afin de signifier que la vie qui va commencer est bien hors champs, hors du cadre.

Quand tu largues les amarres, il y a toujours un petit truc au ventre…

Phil.M

Quand tu largues les amarres, il y a toujours un petit truc au ventre, qui va de l’amour laissé, qu’il soit imaginaire ou bien réel, à la plongée dans l’inconnu. Tu sais que tu vas parcourir un chemin qui va d’un point A au point B, dans un laps de temps déterminé, mais qu’entre les deux, c’est bien de l’infini dont tu vas à la rencontre.

La coque glisse dans les eaux calmes du port, et déjà ton esprit efface, oublie tout ce qui t’a amené jusqu’ici, sur ce point d’ancrage qui paradoxalement est mouvant. Dès cet instant, c’est tout l’univers qui défilera devant chez toi, à la manière du ciel devant l’observateur planté à sa porte et qui contemple le ciel une nuit sans sommeil.

Les gestes sont habituels et qui sont rassurants parce que méthodiques ; lover les aussières, ranger les défenses, ôter de leurs postes les drisses, choquer écoutes et ris, les hâles bas, assurer le point de tire de la grand voile, ramener le chariot.

Déjà les passes, et puis bout au vent, hisser. Toutes sortes de gestes et procédures qui éloignent pour un temps toutes nostalgies d’être arraché à la vie ordinaire, à ceux que tu aimes, à ceux qui t’ont aimé, à ceux qui te manquent. Ce temps est important, éphémère comme tous les autres mais surnaturel puisqu’il te propulse hors des temps, sur un tapis magique, fait d’eau et de sel et qui regorge d’une autre vie, celle qui à présent va te nourrir. Tu ne sers plus à rien ni à personne, tu n’as plus de comptes à rendre à qui que ce soit pas plus qu’à toi. Tu deviens une molécule d’eau comme toutes les autres et tu vas tracer ta route au milieu d’elles. L’esprit qui est extraordinairement attentif, au vent qui adonne ou bien mollit ou bien fraichit, au courant tracé derrière elle par une dernière bouée rencontrée, l’esprit se libère et déploie son cinéma, son cinémascope, longtemps contraint, rétréci, par les convenances, les non dits, la peur de déplaire, de dire, et tu sais à cet instant que tu quittes le jeu, le « je », et qu’une notion s’élargit, qui a toujours été présente mais étouffée, la liberté. A l’inverse du cinéma, cependant, on ne dit plus « moteur » pour démarrer, non, on coupe, pour que le film commence, afin de signifier que la vie qui va commencer est bien hors champs, hors du cadre.

Quand tu largues les amarres, il y a toujours un petit truc au ventre…

Phil.M

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Philippe Maréchal

citoyen du monde
Voir le profil de Philippe Maréchal sur le portail Overblog

Commenter cet article