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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La ligne de discrétion...19

 

 

 

 

 

Le temps, mode et emploi.

 

 

On y revient toujours. Passé le soulagement, réapparaît l'ennui. Mes pas me ramènent souvent sur la terrasse, jusqu’à m’asseoir sur la pierre qui refroidit mon cul. C'est bon pour la réflexion mais ce n'est pas bon pour la tête. Alors, la tête regarde tout autour et fixe la colline et les arbres. La réflexion lasse de tourner en rond abandonne la litanie des idées qui chevauchent aussi bien les souvenirs que les élans inutiles. Pointe la frustration sous la mélancolie qui rêve de l'imprévu. Envisager l'imprévu est aussi ridicule que de questionner l'avenir. L'avenir est muet, sourd et distant. Du passé révolu ne reste que cet instant qui parvient à s’asseoir avec moi et me convie au présent. Dans ces instants, je ne l’aime pas beaucoup le présent. Pour l'embêter, je lui dis qu'il est lent, lourd même, omnipotent. Le présent omnipotent est une forme de conjugaison qui se divise en plusieurs temps, le temps absolu, le temps divin et le temps supérieur. Ces trois temps ne se conjuguent qu'avec trois verbes seulement. Le temps absolu, je m'ennuie. Le temps divin, je crois. Le temps supérieur, je m'évade. Je crois que je m'ennuie, donc je m'évade. Ce n'est qu'un mode d'expression qui sied au sentiment confus. C'est ainsi que j'invente ma conjugaison et ma grammaire qui proviennent de la colline et des arbres qui la coiffent. Que disent-ils ? Toujours la même chose, profite d'être ici à regarder sans nommer, à considérer sans vouloir, à respirer sans voir. Essaie de vivre là où tu es, au moment qui est et que tu accompagnes jusqu'à l'instant suivant. Tu deviens l'observateur du temps ainsi que son déambulateur. Profite avant qu'à son tour il te regarde. Certains appelleraient ça méditer. Moi je prétends que je merdoie. J'accompagne le temps comme on prend soin d'une vieille personne qui par inattention se casserait la gueule dans un moment de faiblesse. Tu ne voudrais pas qu'à cause de toi, vu qu'il n'est pas tout neuf, le temps se fracture un fémur ?

Vois-tu, à nos âges ? qu'il te dit.

Ta gueule le temps, j'ai passé la cinquantaine mais je me sens encore de la vigueur et puis laisse-moi espérer. Crois-tu qu'il est encore possible d'aimer ?

Copyright © 2017, La ligne de discrétion, Philippe Maréchal.

 

 

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Philippe Maréchal

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