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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

la ligne de discrétion...20

 

 

 

Le fantasme

 

Autre moment, celui qui s'entiche des rêves inavoués. Le passé décroché, temps divergeant des modes inventés, se conjugue à la première personne et puisqu'il n'en reste qu'une, j'y serai employé. Un seul verbe s'y risque, claquant la porte au nez et préférant l'éphémère, le verbe oublier. Jusque là, il n'y avait que deux choix, accepter le présent mais il est parfois très chiant ou bien retourner sur la braise des souvenirs entêtants. Oublier, ainsi ai-je en même temps oublié d'avoir mal. La ligne suivante se franchit sans qu'on y pense Mais il n'est pas si aisé de se donner à choisir quand il ne reste qu'une seule voie. Alors, on invente, on rêve, on fantasme, on nourrit sinon l'espoir au moins la chambre noire d'une petite caméra. Logée en soi, elle saura procurer en même temps et le scénario et le montage et le film qui vont bien, en différentes versions d'un même thème, d'une durée aussi indéterminée que subsistent un désir et l'imagination exacerbée. La frustration prend ses quartiers et remplace le regret qui l'aura précédée. Celle ci n'est pas avare de paradoxes et c'est là même son principal intérêt. Elle secoue dans tous les sens et prépare à l'étape suivante, celle dont on ignore tout et jusqu’à son existence. Loin des bleus à l'âme et de la chair refroidie, si l'on s'écoute ces deux là, ils réclament. Je m'en suis étonné autant qu'un instant j'en fus heureux. Il y a ceux qui suivant l'infortune n'auront de cesse qu'à se jeter dans les bras de n'importe qui, pourvu qu'ils soient ouverts et qu'importe l'ivresse même si ce n'est que dans un seul verre. D'autres en rêveront. J'en suis et tant qu'à rêver autant tout s'offrir. A cet instant, le meilleur étant dans l'escalier, y remonter au fil des images autant de fois qu'il te plaira, le souvenir d'une inconnue croisée, depuis ses pieds et à cet instant ses jambes effleurées jusqu'à la source ou bien à côté s'égarer où je plongerai non sans détours à respirer et goûter tous les parfums capiteux et les saveurs subtiles, délices renouvelés et reprendre sans compter depuis la base jusqu’au sommet et s'endormir apaisé d'une histoire inventée et glisser dans le rêve qu'une seule fois ce sera possible. Tu t'endors et ce que la nuit efface, nul n'en saura quoi que ce soit.

Copyright © 2017, La ligne de discrétion, Philippe Maréchal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Philippe Maréchal

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Philippe Maréchal 15/03/2017 08:19

merci Monique

Monique Benintendi 14/03/2017 18:48

Très belle évocation...