Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La ligne de discrétion...22

 

 

 

Lignes de front

 

A chacun ses repères. Les miens sont d'ordre maritime. Considérer ce qui vient de se produire revient pour moi à le mesurer au travers de la météo. Les turbulences de l'amour sont à l'image de celles qui planent au dessus de nos têtes quand Cupidon fait la gueule. Au départ, deux lignes, un front. Les lignes sont écrites par le ciel et donc sont courbes comme on aime à le dire. Ainsi se crée le mouvement en présence de deux entités, l'une plus fraîche que l'autre, l'une plus lourde et qui court après la légère. Elle tente un croche pied par un coin enfoncé sous la tiédeur des échanges. Arrive au loin ce qu'on nomme une perturbation et sa dépression associée. On le sent bien, déjà au dessus, très haut, les premiers filaments, les prémices d'autres nuages à paraître sont étirés. Ils flottent dans l'air presque transparents. Ils annoncent toute une série d'ombres cotonneuses à venir quand les ennuis s'accumulent. Pourtant, de cumulus congestus en cumulonimbus on aura pris en d'autres temps l'habitude de passer sous l'orage. Mais la perturbation, la vraie, la sévère, prendra tout son temps. Elle déploiera tout son art et sa variété de nuages. Front chaud, front froid, front quasi stationnaire, voire débonnaire, tout y est en termes savants ajoutés d'un profane et liés au temps prévisible ou presque et applicables à la naissance, à la vie et parfois à la mort du couple. Au départ tout était stable puis deux masses d'air différentes se toisent et s'embrassent. Ainsi naissent le mouvement et la course. Dans un cas le froid poursuit le chaud et puis les deux s'entichent l'un de l'autre, phénomène qu'on appelle occlusion. A cet endroit il pleut beaucoup quand d'aucun tenteront de s'y abandonner. Laissons aux spécialistes les termes idoines et observons. La mer était calme. Une houle venant de loin signifiait que, quelque part, il y avait du grabuge. Le ciel était bleu, d'un bleu profond presque trop, trop beau pour que ça dure. Puis sont arrivés discrets et sans crier gare les cirrostratus. A cet instant, on espère encore, ce sont juste des signes, des signes de mauvais signes, qu'on garde à distance d'autant plus qu'ils sont hauts et donc assez loin du grand bain où l'on cogite. Mais ils signifient et préparent ce qui les suit. On l’aura perçu, un petit souffle chaud, une petite friction, rien de plus. Et l'on tapote le baromètre en frappant son cœur. Et d'autres nuages surviennent, altostratus et la ribambelle. Tout s'épaissit et voilà que le temps s'obscurcit et que la couche nuageuse descend. Il pleut sur mon amour. Tout semble absurde et gris. Une petite pluie fine nous transit. Dans cette spirale nous rejoint le coup de froid et les nuages cumiliformes et la bascule, le vent qui accompagne le branle-bas général. On y voit à présent bien plus clair, bien qu'hébété, on y comprenne encore que goutte ou qu'on se refroidisse et surtout bien plus loin dans ce qu'on appelle la traîne, oriflammes dans la garde robe de celle qu'on voudrait encore tant aimer. Une perturbation et sa dépression associée, voilà ce qu'en terme de bulletin chacun saura vivre de façon quasi clinique, une histoire à dormir debout dans un crépuscule cuivré, une émission que regardent les dieux dans leur télé, s'informant du commun des mortels ou comment ces derniers, en bas près de leur moral, s'informent du temps qu'il fera en regardant le ciel. Avis de grand frais et le vent nous dépouille.

Copyright © 2017, La ligne de discrétion, Philippe Maréchal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Philippe Maréchal

citoyen du monde
Voir le profil de Philippe Maréchal sur le portail Overblog

Commenter cet article

Monique Benintendi 16/03/2017 21:39

La météo émotionnelle !! Bien vu !!!

Philippe Maréchal 17/03/2017 08:59

le mouvement dans tous ses états, depuis la genèse jusqu'au calme retrouvé, ce qu'on appelle le beau temps, celui où rien de notable se produit...