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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La ligne de discrétion...25

 

 

 

L'étale

 

 

Comme entre deux marées,  existent un temps et un espace où tout se fige dans le calme revenu. Tout est monté si haut, si fort qu'au point culminant tu retiens ton souffle et s'épanouit un instant la satisfaction d'y être enfin arrivé. Pause. Une fois ravalés la défaite, la sidération, le tumulte qui suit, la colère, la révolte et l'amertume, préparant le nid de la tristesse, survient le temps du constat au mode apaisé. C'est une conjugaison qui ne s'emploie qu'avec être, le verbe. Auxiliaire sors donc par ici. Je ne pense plus, donc je suis mais enfin et surtout je suis. Malgré tout, je suis. La douleur n'est plus. On dit que la nature a horreur du vide, je n'y crois pas. Je constate cette absence, ce trou dans la vie qu'elle aura laissé comme un plongeon dans la vacuité. Rien ne remplace la douleur qui m'aura étreint. L'amour et sa morsure sont passés et rien d'autre ne vient. Il n'y a rien à venir puisque tout est là, comme une énergie qui sourit. Je promène ma personne au milieu de tous comme je vis seul loin des autres. Je suis devenu transparent. Comment vas-tu ? Ça va. Silence. Il n'y a rien d'autre à dire. Je n'ai besoin de rien à présent et la douceur s'infiltre jusqu’au plus profond du cœur jadis malmené. Elle répare tous les tissus et les cellules cramées. C'est le temps des petits bonheurs et des petits riens qui peuplent la journée. J'en aurais presque honte ou bien de la culpabilité. J'ai tant voulu de passion, d'extraordinaire, de vie pleine à tout désirer et son contraire que je n'avais pas imaginé que sourire à rien et seul devant les feuilles des arbres qui frémissent sous un courant d'air, je ressentirai la joie profonde et pure d'être en vie. S'il n'y a plus d'amour autour c'est qu'il est rentré dedans. Je ne savais pas. Je n'y aurais jamais cru. J'ai cessé d'avoir mal et je n'ai pas fait exprès. C'est venu tout seul. Je suis devenu un veilleur, celui qui ne sait rien de ce qui vient mais qu'il attend sans l'obliger. Ne rien vouloir c'est ne rien empêcher du meilleur qui se dessine. Le meilleur ne provient pas d'une prière mais de la constance à écouter, à percevoir la magie qui se prépare dans le sourire des anges auxquels il convient de ne pas croire. Seul ce que je veux fait obstacle à ce qui me revient.

Copyright © 2017, La ligne de discrétion, Philippe Maréchal.

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Philippe Maréchal

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