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Le temps qui passe

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c'est revenu comme çà

Ca fait  un moment avec Doudou, qui n’est pas vierge mais capricorne, qu’on se demande si on va se marier, une bonne dizaine d’années au bas mot , peut être même plus, va savoir, avec le temps, les neurones s’échappent et la mémoire aussi. Mais l’intention est tenace, et l’actualité en cette matière nous rappelle avec un brin de fraîcheur et d’à propos qu’il est peut être possible de retrouver une certaine virginité voire un brun de jeunesse en convolant devant Monsieur le maire. Et puis on ne sait jamais, si le maire devient président, peut être que Doudou aussi deviendra  première chanteuse de France. Seul souci, que ma mariée  ne corresponde plus à l’image que je m’en étais faite, à mes projections, mes plans pour le futur, une certaine idée de moi-même quoi...Quant à elle si mes blagues à deux balles la font toujours rire, et j’en suis fier après tout, il n’est pas certain, qu’elle ne considère pas qu’il y a tromperie sur la marchandise tant, le brillant esprit qui la fit craquer  il y a quelques années se révéla ensuite un peu juste sur les côtés, donc de quoi peut être intenter un procès sur le tard et sur tromperie quant aux  qualités essentielles du conjoint, à savoir l’ excellence dans le maniement du cerveau en toutes situations. Alors je me raccroche à cette scène de jeunes perdreaux que nous étions, assis à la terrasse d’un café où, dans un accent à crever un abcès de lyrisme, j’entrepris de clamer à la belle combien elle était jolie et finissait imprudemment en lui demandant, et moi comment tu....Et elle me répondit...qu' un homme n’a pas besoin d’être beau pour séduire....

LE PURIN DE RHUBARBE

Macération 500 gr de feuilles dans 3 à 5 l d'eau à température ambiante
(dans un arrosoir en matière plastique) avec repos de quelques jours

Filtrez et pulvérisez. Utilisez le purin tel quel, en
pulvérisation. Vous pouvez également préparer une infusion : 100 gr de
feuilles dans 1 litre d'eau ; faite frémir quelques minutes laissez
tirer une demi heure

Ces préparations s'utilisent après filtrage, mais sans dilution.
Elles sont efficaces contre beaucoup d'insectes, en particuliers le
puceron ainsi que le ver du poireau et de la carotte

C’est le 1er mai et je m’en fous. C’est la fête du muguet. C’est un truc qui pousse parfois sur la langue des bébés. C’est aussi le jour où les syndicats défilent en ordre dispersé pour rassurer tout le monde. Le 1er mai, il fait beau et c’est aussi la fête du travail. C’est aussi le jour où ceux qui ont un travail ne travaillent pas. Sauf ceux qui ont le privilège de conduire un train. Les autres, qui n’ont pas de train ou de travail continuent comme la veille. Le berger est passé comme tous les jours devant chez moi, avec ses moutons. On ne dit pas d’un berger qu’il travaille. On dit qu’il garde ses moutons. On ne dit pas d’un vieux leader politique d’extrême droite qu’il entend des voix, il fait un rassemblement sur le thème de Jeanne d’Arc. C’est le 1er mai et j’ai entamé « Kennedy et moi » de Jean Paul Dubois. J’aime bien. Le whisky qui est dans mon verre aussi. Dés le départ, après la première phrase qui commence bien, je suis tombé en arrêt sur cette  phrase : «  …Je n’ai jamais cru en moi et pas davantage en mon travail… ». Le « héros » a aussi acheté un flingue. Moi, en dehors de la phrase que je partage, je n’ai pas acheté de flingue, je me souviens de celui de mon père. Ouest ce que je l’ai foutu ? Des fois j’allais le chercher dans la chambre des parents, en haut de l’armoire lorsqu’ils n’étaient pas là. Je n’ai jamais posé de questions à son sujet… Je voulais préserver cette part de mystère.  Le grand frisson, la mort est un mystère, ce flingue aussi. Mon père n’était pas un dingue de la « sécurité », du moins je ne l’ai jamais entendu dire de conneries de ce genre. Il n’en a jamais parlé. Quand je l’avais en main, tout comme le fait dire Jean Paul Dubois à son personnage, je la trouvais familière cette excroissance au bout de la main. Ce n’est pas tout à fait ses termes, c’est de mémoire. Le whisky, au bout de quelques verres modifie très nettement la mémoire. Je me souviens que nous sommes un 1er mai et je m’en fous. Et si je fumais, je m’en roulerais une maintenant.

Elle est allongée. Trop petite au milieu du grand lit, elle reste immobile. Trop petite pour une vie si riche et longue de souffrances, elle dort là, où on l’a bordée une dernière fois. Aujourd’hui, il n’y a qu’un seul oreiller. Depuis qu’il était parti, lui aussi, il y avait pour elle dix longues années, elle avait gardé l’autre oreiller. Le traversin et l’oreiller, une institution. Il y a quelques jours, il était venu dans son rêve pour lui dire qu’il viendrait bientôt la chercher puis, il s’était endormi à coté d’elle. Je n’ai pas osé lui demander s’il restait une trace, l’enfoncement de l’oreiller après qu’une tête y eût reposé. Elle était heureuse de cette visite inattendue, quitter cette planète de sauvages. Elle est morte une semaine après.

Elle est allongée. Un léger sourire nous ferait presque croire que c’est bien de l’autre côté. A mesure que le temps passe, que chacun revient dans la chambre où l’on veille ce sourire, il disparaît peu à peu, en même temps que sa présence s’estompe et se fond dans le temps et que le ton des conversations monte. Tandis qu’on s’habitue et qu’on  parle, la mort efface discrètement, efficacement, rien ne bouge mais tout fout le camp. Efface ton sourire me disait le vieux « juteux » de l’armée française. Et voilà que ta mère s’en va et disparaît son sourire et te voilà seul, définitivement seul, sans preuve de l’origine, sans début ni fin pour le moment. Une histoire sans queue ni tête. Que de la littérature. Te voilà seul dans ce monde trop petit, trop absurde, trop violent, trop injuste. Qu’en pensent le tibétain enfermé à « perpète » au fond de la prison chinoise, le sans papier que l’on refoule vers son pays d‘origine contrôlée où la mort l’attend, l’enfant soldat qui revit les sévices en cauchemar, celui qui croupit à Guantanamo, celle qui meurt peu à peu de froid dans la rue, celui qui carde les matelas esclave au fond d’une cave. Je voudrais sortir, embarquer seul sur un voilier et disparaître au loin.

 

Il pleut. On dit çà quand on voit tomber la pluie. Je disais çà en regardant Fernand descendre à petit pas le chemin sous l’averse. Ce n’était pas la pluie qui mouillait l’atmosphère, c’était la tête « à » Fernand, comme la fête « à Neuneu ». Il  me manque mon vieux voisin. Au bout du hameau, dans mon coin de Cévennes, Il me manque comme vous n’avez pas idée de comment il me manque. Mon vieux voisin Fernand, mon chef d’espadrilles. Il est mort voilà 6 ans, un beau jour d’arc en ciel. Il n’était pas du genre à porter la flamme. Non, il était plutôt du genre à la cracher, au pastaga de contre bande. Vous n’allez pas repartir sur une patte qu’il me disait lorsqu’il avait réussi à me retenir pour l’apéro. L’apéro avec Fernand c’était deux pastagas, qui en faisaient un sacré paquet ailleurs…le rond du verre restait encore sur la nappe craouète alors qu’on l’avait levé du coude, santé et oui santé. Fallait en avoir de la santé pour boire ce jus trouble et jaunasse qui collait immanquablement un mal de tronche dans les heures qui suivaient. Il me manque mon Fernand dans ce monde de brutasses, de jeux olympiques à la con, de jeux de ballons avec ses supporters à la con, de jeux de tombes avec ses taggeurs à la con, de chaises musicales industrielles avec leurs patrons à la con, de bourgeois humanistes à la con, de gains de productivité à la con, de leurs actionnaires à la con, de murs de la honte à la con, d’informations à la con et de droite à la con. Il me manque mon Fernand, il est parti en retraite éternelle et lui c’est sur il n’a pas été remplacé. Avec sa retraite de vieux pauvre, son béret, son allure de sénateur des clapiers, son mégot jaunasse collé sur la lèvre, trois gouttes sur le pantalon, son effluve de moyenâgeux et son confort de tibétain des Cévennes, il me manque à en pleurer, parce que des hommes comme çà, y sont passé sans bruits, sans faire chier qui que ce soit, sans avoir eu, ou su, ou bien ni voulu une once de pouvoir, sans foutre sa merde et des baffes partout, sans jamais écraser la gueule de son voisin. C’est vrai que du savon, il n’en pas avait usé beaucoup, mais la terre après lui était aussi propre qu’avant qu’il n’y vienne, pas  de pesticides, fongicides, herbicides et autres connicides, dans son champ. Il me manque parce qu’il disait mon Fernand, c’est assez pour aujourd’hui, on en fera un peu plus demain, l’exact contraire de la phrase tarte à la crème du « travailler plus pour gagner plus ». Parce qu’on en a rien à foutre de faire gagner plus aux plus riches, parce qu’un jour, il faudra bien partir comme Fernand sous son bérêt, sans bagages et sans un euro, parce qu’il n’y a pas d’heures suplémentaires au bout de la vie d’un pauvre ou d’un bourgeois.  Et qu’avec un paquet de gris, un bout de pain à racler la sauce du lapin et un verre de rouge, il savait faire d’une journée une tranche de vie à se réjouir tel qu’aucun roi ne put l’imaginer, tout en matant, tel le « pépé malin », le cul des frangines dans leur jardin à portée du rêve de sa main. Il vivait tout seul, au bout,  à flanc de la montagne, dans sa petite maison de pierre sans confort, chauffé 12° par la cheminée aussi bien que par le merlot, dans sa petite maison de petit homme seul mais habitée en son pignon par deux faucons et leur petit tous les ans, même qu’ils sont partis quand il est mort, et qu’on les a jamais revus, même que ses lapins se sont miraculeusement échappés dans les champs le jour de son enterrement. Il était arrivé là en 1940, un jour de mai avec sa maman. Il y est resté, toute sa vie, célibataire. Même qu’il avait été amoureux Fernand, mais sa maman lui avait déconseillé, alors il avait obéi.

 Je ne sais pas pourquoi, aujourd’hui tu m’as manqué, Fernand. Il pleut sur ce monde tellement con et cruel que j’aimerais bien que tu reviennes un soir dans ta soucoupe, avec ton gros sourire de gros Fernand, comme une espèce d’happy Boudha, pour me dire, eh, boudiou, on ne va rester sur une patte…Putain Fernand on était bien tous les deux à se boire un coup en se disant finalement qu’on les emmerde, les bourgeois, les cons, les patrons, les flics, les militaires, les acariâtres, les atrabilaires, les orgueilleux, les préfectures, les footballeurs, les dominos, le loto, « le téléphone sonne », et à la limite les plans de rigueur. Fernand, t’es où, putain Fernand dis moi… ?   

Le blog, faut bien que çà revienne au galop, comme le naturel, une histoire d’ego, se la raconter sans se la dire. Faire son intéressant en dissertant sur les problèmes locaux ou de la France, ou bien du monde, faire son Robert Ménard, être loquasse en hoquetant, faire la pluie et le beau temps, se faire engueuler ou récolter deux messages pour un texte confus ou bien alors partager avec toute la simplicité d’un mec qui s’est enfilé quelques scotches et qui s’est bourré la gueule en attendant la pluie dans cette écosse méridionale, la neige là haut, les petites routes de montagne, pas de ceinture dans cette société législative, un vent d’ouest en travers, la paroi d’un coté,  et de l’autre, Alan Parsons Project, étonnant non, tandis qu’on nous bourre le mou avec 68 et les commémorations, et le président du CIO qui arrivera à pied par le Tonkin, et puis comme dans « dans un singe en hiver », accoudé au comptoir, gueuler sur un air de clairon un poème à la Prévert, emmitouflé dans un vieux blouson d’aviateur et rêver de la voiture de tante Yvonne, se rouler un gros pétard sans l’allumer parce qu’on y est déjà et se coucher au détour d’un chemin, le nez dans les étoiles et ne rien comprendre au monde pas plus qu’il nous comprenne parce qu’il s’en fout de toi et qu’il a bien raison.

 

Tuvalu est sous les eaux.       

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Pas facile, pour un extra terrestre qui écouterait aux portes de notre planète, pas sûr qu’il ait vraiment envie de venir, surtout quand il aura vu un petit d’homme mourir parce qu’il n’avait rien d’autre à boire qu’une eau dégueulasse, tandis que partout dans les chiottes l’eau précieuse est digne d’accompagner nos merdes. Et c’est tant mieux qu’il hésite à venir le marsien moyen, car je crains qu’on lui veuille du mal.  Et qu'il se méfie, tandis qu'il se penche pour mater, de la station orbitale...Tout, de « la macro à la micro politique » lui semblerait bien curieux et bourré de contre vérités, de mauvaises intentions cachées dans des discours mielleux, ou, ce qui n’est pas son contraire, de bonnes intentions dégoulinantes d’hypocrisie et de divers enfonçages de portes ouvertes laissant pantois notre extra terrestre se grattant le troisième œil collé au trou de la serrure… Euthanasie, crise financière, religions, langue de bois et autres bonnes manières bourrée dans les chaussettes. Examiner la politique extraite comme on s’y prend pour examiner la banquise,  opérer un carottage qui permettrait d’examiner à la verticale l’ensemble et le détail, de celle qui gouverne le monde jusqu’à la politique locale, laisserait dubitatif.
Au sortir des élections municipales et cantonales dans mon tout petit univers, un goût de n’y reviens pas prédomine, tant la mauvaise foi et les égos chatouilleux, parés des oripeaux de divers intérêts contradictoires, chahute l’esprit de l’électeur moyen jusqu’à lui donner le tournis et une propension à gerber dans une période de gastroentérite, seule témoin incontestable de traçabilité pour souligner l’union d’une petite communauté victime de trop de bonheur, perdue au fond de la vallée.
A la problématique du comment va s’en sortir le monde, un milliard d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable, la guerre ou la répression et son cortège de misères et d’horreurs sévit partout, du Tibet en Birmanie, de la Tchétchénie en Palestine, du Centre Afrique en Irak, dans les jungles d’Amérique du sud aux bidonvilles de ce même continent, de l’insolence des riches à la soumission des pauvres, il y a de quoi se gratter le neurone. Il est des matins où l’on se dit, tandis que 150 millions de fantômes, les « Mingong » paysans déracinés ( voir en lien  sur le blog de Fabrice Nicolino) devenus des vagabonds à travers la Chine, notre «usine du monde », errent perdus comme dans un cauchemar, mon petit village propret est con quand il pète et répand sa rancœur comme un écobuage printanier…
Comme disait un camionneur qui avait laissé un message sur le répondeur de l’excellente émission de Daniel Mermet, « Là bas si j’y suis »,
« On n’a pas le cul sorti des ronces… »
Merdre.     

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