Pages

Promotion

Le temps qui passe

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

Informez vous et faites passer

 

  http://antiloppsi2.net/

Plans fixes sur les quais

09190609.JPGDe Sarajevo à Belgrade...émission ce matin sur France Culture. Danis Tanovic, réalisateur de No man’s land (2002), fondateur du parti politique bosnien Nasa stranka parle avec ce qui me semble être au-delà de la langue habituelle des intervenants, sans détours. Sans faux semblants, avec colère, il questionne plus qu’il ne parle.  Je n’ai jamais entendu parler de lui avant ce matin. J’aime cette radio qui me donne à entendre ceux qu’on entend pas ailleurs. Je ne suis pas spécialiste de cette guerre qui a eu lieu il y a quinze dans l’ex Yougoslavie. Cela me semblait irréel à l’époque, et incroyablement compliqué. Compliqué comme l’accumulation des informations aux différents journaux d’une même journée, où se mêlent les résultats des matches de foot et l’énoncé d’un massacre perpétré dans une Europe qui a connu l’indicible cinquante ans avant. C’était  compliqué comme est  compliqué la guerre quand on la décrit trop simplement avec des mots, là où il y a de la chair, avec des phrases, là où il y a des larmes, comme est compliqué le cerveau des humains se perdant en méandres et conjonctures jusqu’à ne plus voir  que le bout du nez  du pouvoir qu’ils convoitent s’apprête à flairer le cul de la haine qui les suit. En écoutant simplement comment ne pas s’arrêter à cet énoncé implacable, Sarajevo, la mort dans cette ville le 28 juin 1914, de l'héritier de l'empire austro-hongrois et son épouse  assassinés  par un étudiant serbe, et par là l’ouverture tragique du 20 ème siècle, siècle qui se referme sur le siège de...Sarajevo. Je ne peux pas prétendre avoir compris les tenants et aboutissants de cette guerre, au-delà ou au-dedans des mécanismes, du moteur même de ce qui fonde la guerre. Ce qui me semble plus évident c’est que l’on nomme avec erreur par  le mot de conséquences  ce que sont le meurtre et la souffrance indicible devant l’horreur absolue d’avec les buts de guerre, que sont le pouvoir, le profit par la manipulation, par l’exacerbation des mythes propre au nationalisme, qui se nourrissent de l’ignorance. Ces conséquences font en réalité partie mêmes des buts. Atteindre le pouvoir et s’y tenir coute que coute. Ce qui donne cet oxymore « guerre juste » et qu’on puisse attribuer par défaut un prix Nobel de la paix à qui est chargé de prolonger la guerre. Il n’y a pas de guerre juste, il n’y a que le meurtre érigé en valeur puisque là où il s’accomplit pour masquer la bêtise crasse il signifie l’échec.

 

C’est curieux cette sensation qui s’insinue peu à peu après la « lecture audio » ou bien  plus commune de textes glanés çà et là, « at random » au gré des pulsions et des sauts de pages et des renvois comme autant d’invitations à s’enfoncer toujours plus en avant comme s’il y avait d’avant ou bien d’arrière d’ailleurs dans l’infini des proses et des images jetées            pêle-mêle  dans le web à l’intention des internautes affamés qui voudront bien s’essayer à se repaitre dans l’indigeste repas  offert comme autant de programmes qu’il y a de clics  et de névroses de révoltes et de d’angoisse de réactions et d’incompréhension  d’approximatif et de dramaturgie  comme à leurs contraires de thèses à l’appui et de procès en règles et d’indignation bien senties comme  d’invectives de foutriquets et de philosophes à la petite semaine draguant la psychologue de supérette effrayée par tout ce menu fretin côtoyant sans vergogne les plus allumés et les sages discourant en articles scientifiques et dûment estampillés...

 

Tout cela me rappelle le début d’un film, l’image s’éloignant de la surface de la terre jusqu’à sortir de l’atmosphère et s’en écarter de plus en plus dans l’espace à mesure que la bande son témoigne dans cet éloignement du brouhaha des conversations terre à terre puis des émissions de radio et de télé puis des voix sorties des grand meetings de l’histoire et remontant dans le temps telle une bande son de tout notre passé brouillant ainsi toute espèce de message intelligible d’une humanité toute aussi perdue que péremptoire  et combien vaine dans son intention d’animer le quartier interstellaire à toutes fins pacifiques ou bien le contraire.

 

Autrement dit une vague inquiétude emplit ma demie neurone par tout ce qui est produit dans cette confusion générale résultante du contigu à l’à peu près n’importe quoi et superfétatoire séparé d’un seul clic gauche d’un quart de poil plus étayé qui ne saurait omettre nonobstant l’affliction de votre serviteur et webnaute à moitié chauve autant qu’hirsute en slip et en chaussons en quête de l’ultime touche poétique...

C’est la commémoration de la chute du mur de Berlin. C’est bien, un mur qui tombe, à condition de ne pas être dessous. J’aimerais vivre assez longtemps pour vivre la commémoration de la chute du mur de l’argent. Vivre ce grand moment où l’on abattra patatras cette ligne de démarcation qui sépare les riches des pauvres. Je me souviens de la tête de mon père quand il découvrait la gueule de sa retraite par le profil et qu’il avait de la buée dans les lunettes.

Ce matin on était deux dans la ruelle du hameau... « A savoir que s’il continue à ne pas pleuvoir ici, on va passer l’hiver dans le froid et sous le soleil...Cà va pas cette histoire, le temps est détraqué, moi je te le dis parce que tu vois moi en 1956, hein t’étais pas né toi en 1956...La journée a commencé comme çà, avec le papet  grignoux qui se plaignait des articulations et du gel qui l’avait surpris. Et puis du temps qui était bizarre et assurément pas comme en 1956 et puis qu’à la télé y disaient que des conneries, par exemple à la météo, tu vois... »

 

 

Ya comme un truc qui va pas. Je viens d’écouter les Doors. J’ai çà dans la tête, pffaffaffafaf, le bruit des pales d’hélicoptère, this is the End....j’suis pourtant encore en vie. L’hélico passe juste au dessus des arbres, et puis y’a des gros nuages noirs, quelque gouttes pour le « rain on the storm qui viendra...Un explosion putain, j’en ai plein la gueule, je n’entends plus rien, je ne bouge plus. De toutes façons je ne peux plus bouger. J’en ai plus rien à foutre, mais rien. Que des bouteilles en plastiques, des cannettes de shampoing Ushuaia, qui me tombent sur la gueule. J’ai les yeux qui piquent. Pffapffaqtuffffftuuuuffff, l’hélico repart illico. C’était la bande à Hulot  qui règle ses comptes à Yann Artus et moi je suis au milieu, putain perdu au milieu de ce merdier  Gore, géant qu’est devenu la planète, heureusement Barak a chopé le Nobel et les indiens vont sauver les boues du Ganges, l’indignation gronde contre la morale bafouée et le peuple dans son immense sagesse légendaire, le peuple, le vrai, celui qui fait bien peur, qui sent l’eau de Cologne Saint Michel  et le dentifrice à rayures, ouias celui qui est courageux face aux sorcières, au fou du village, à l’estranger et qui regarde gentiment sa télé en mangeant ses nuggets et qui s’étrangle d’indignation, qu’on eu pu, c’est incroyable ces artistes, pensez vous, Tuqffffuuufffffftttt, les hélicos reviennent , putain ils crachent le feu, du cac quarante qui crépite, du nikkei, Totale, colossale destruction, this is the end, talala...la basse qui résonne, le petit rif à l’indienne, la voix de Jim Morisson ....j’ai trop bu, beaucoup trop bu, pffafffapafafafaf, putain d’hélico, putain de populo, jaloux des bobos, je me casse dans la jungle...

« ...homme libre, toujours tu pollueras la mer...

Ils ne sont pas revenus. Comme si chasser la bête revenait à lui imposer une idée de la culture, sans K, sans en faire ni plus cas ni autre forme de procès, après tout c’est humain aussi bien qu’animal,on a peur de ce que l’on ne connaît pas. Ce matin je pourrais repiquer de nouvelles salades et espérer qu’elles ne servent plus de dîner à mes hôtes poilus. « D’où qu’elles viennent les nouvelles sont mauvaises » comme dans une chanson de Stéphane Eicher...aux mails ce matin d’abord dans ma boite, un résumé de la « conf » à propos des interpellations au sujet des menaces par balles visant des personnalités politique de droite....puis une manifestation pour un homme menacé d’expulsion vers la Tunisie, bien sûr femme et enfant derrière...dans l’ombre derrière cette abomination. Et ce matin dans mon poste, ce petit « papier »* à propos de la Berlusconisation...ce dernier assignant en justice des journaux qui auraient eu l’outrecuidance de poser des questions trop gênantes au «  Cavaliere » Tiens j’interromps j’ecoute en ce moment d’écriture :  «  My tall Girl, Hell’s Kitchen, Mr Fresh...génial....Bon je reviens aux antipodes de ce morceau et je reviens sur le Berlu...il attaque non seulement des quotidiens  italiens  mais aussi le nouvel Obs... qui soulignent ses frasques et reviennent sur ses relations douteuses, au contraire de ce que préconise l’homme...la morale, la famille....bla blabla...La berlusconisation a ceci de particulier comme le rappelle le chroniqueur qu’elle franchit étape par étape toutes les limites qui sont inacceptables de franchir et ceci dans l’indifférence générale puisqu’aucun journal, ou bien quelque front de médias effrontés ne semble opposer un quelconque début d’esquisse de solidarité envers les journaux en ligne de mire de l’homme fort du gouvernement italien. La berlusconisation, qu’on ne s’y trompe pas, a bien commencé il ya longtemps, par la Kulture...et préfigurait ce que deviendrait la politique aujourd’hui...Amis sangliers et un voyage à Rome, çà vous dirait, un voyage à Rome ?

(En références des Chroniques sur FR Cul...)

 

 

 

 

 

 

J’ai toujours dans un coin de la tête une chanson de feu Jean Yanne que j’aimais bien gamin, tout à la gloire d’un humour bien senti à propos de « La Compagnie Républicaine de Sécurité »  où dans l’interprétation même d’une rengaine douce comme un brodequin chinois dans le cul d’un tibétain, tout en gouaille et en redondance des deux premières syllabes il donnait un sentiment mitigé à propos de la finesse de cet institution célèbre depuis ...bien avant les beaux jours du mois de mai 1968. J’y reviens à mes CRS dont j’évoquais la geste technique  hier à propos de l’interpellation musclée pour le moins, de Patrick Mohr, ce metteur en scène suisse aussi bien courageux que sensible. Ce matin donc dans mon poste Inter j’entendais après le moment de plaisir d’écouter Stéphane Guyon, venter les mérites du Film « Welcome » que n’aime pas Eric Besson, raison de plus pour y aller...j’entendais donc cette histoire qui s’est déroulée à la gare Montparnasse où une prof accompagnée de sese collégiens se trouvait par hasard entre des étudiants, diants et  une charge de CRS...mal leur en pris puis que les gamins reçurent au passage moult coups dont un bien senti d’une matraque dans le ventre d’un jeune, certificats médicaux à l’appui et protestation de la professeur au près des autorités et du journaliste relatant les faits... et bien sûr, dans le reportage pro de France Inter, parole était donnée à la ministre de l’intérieur Michèle Alliot- Marie, qui doutait quand même un poil de la véracité des faits évoqués, en admettant que peu têtre y avait-il eu  « une rencontre entre une matraque et un estomac »... voilà donc une phrase qui m’amena à tempêter sur ma chaise dans l’exercice de trempage quotidien de ma tartine beurrée dans la tisane colombienne, en gueulant, qu’il avait bien des rencontres entre le pied et le cul qui se perdaient....Merdre !

 

PS : je n’ai pas retrouvé la chanson que je citais en début de page mais voici un extrait d’une autre de Jean Yanne, toujours d’actualité :

 

« ... Quand les pavés volent, comme de grands oiseaux gris,
en plein dans la gueule des flics au regard surpris.
Quand ça Gay-Lussac, lorsque partout l'on entend
le bruit des matraques sur les crânes intelligents.

Dans la douceur de la nuit, le ciel m'offre son abri,
et je pense à Jésus Christ, celui qu'a dit :
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !... »

fleurs et tomates

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés