Informez vous et faites passer
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
...c'est retombé, après les applaudissements, le stress, le strak, l'angoisse d'avoir osé, comme un con qui ose tout et puis le délice de l'avoir fait, tant qu'on y est encore,
quelque chose qui tient presque de l'érotisme dans cette petite transgression d'une exhibition publique d'un désir de faire ce qui d'ordinaire n'est réservé qu'aux professionnels de la
profession. Je pensais à la fiancée du pirate et d'autre choses comme çà. Je me retrouvais tel que j'ai toujours aimé vivre. Je me souvenais des marché du samedi, à mon stand de boulanger où je
faisais mon théâtre, applaudi à la fin par le petit attroupement dont Danièle Lebrun. Ne pas laisser aux chanteurs, le monopole de chanter. Vivre. Fatigue, dimanche, giboulées et chocolats, comme
dans l'enfance avant l'école demain, revoir les filles dans la cour, retrouver l'odeur de la classe, le parfum d'un avenir fait de printemps éternels.
C'était bien, y'avait 60 personnes, restées toutes pour un débat qui dura deux heures, des gens intéressés et soucieux de l'état de notre société...
Ne pas oublier la famille Moussa, la petite fille qui reste accrochée à son sac à dos, dans une pièce quelque part à Alger. Le parents séparés par la honte du retour, le regard des
autres, où chacun sauve ce qu'il peut des reliefs de sa vie brisée. La politique de fermeté. Toujours pour les mêmes, les coups, la misère, l'humiliation, la main tendue
et les discours pour les autres, les salons dorés, l'indignation polie là où la révolte devrait s'imposer, le profit, le pouvoir, la domination, les beaux costumes, les consciences
étouffées.
Le souvenir d'un sac poubelle, seule valise consentie par la
police de notre beau pays,dans lequel ce qui reste des années passée en France où elle est née, s'entasse comme un vieux rêve qui fermente. Ne pas oublier les 25 000.
Périphe ou voie express, autoroute, enfin la
biroute quoi...et un brouillard givrant à la sortie de Srasbourg, vers Mulhouse. C'est plein, on est tous là dans nos bagnoles à rouler comme des cons dans le brouillard. Un portique, nous passons
sous les fourches du code de la route, s'y s'inscrit une invitation ferme à obtempérer, "Pollution, vitesse limitée 70km/h"...J'essaie de réduire ma vitesse, entrainé par le
flot je ne descends pas en dessous de 75... Tout le monde me dépasse, par la gauche, par la droite. Tout le monde s'en balance, s'en fout, s'en contrefout , s'en bat les coucougnettes de la
pollution, ou bien s'en gratte le bas du dos, faut y'aller, ne pas mollir, allez ...rouler, droit dans le mur en plein brouillard. Un pote à qui je faisais remarquer qu'il devrait moins fumer entre
les prises de ventoline, me fit lui noter au passage, que sans la ventoline il ne pourrait pas fumer. On doit être comme çà les humains, on sait bien, on sait bien...mais dans ce monde
stupide où tout n'est que réglementations, interdictions, addictions, sanctions, coercitions, consommations, répressions, informations, la pollution çà doit être le seul truc qui reste à
faire librement, comme des cons dans le brouillard. J'ai envie de fumer moi, j'sens que çà r'viens...
Jusqu'au 7 janvier, dans la mesure où je peux utiliser un ordi, petites
chroniques tirées de la vie qui passe, en Alsace, comme ailleurs...
Jusqu'au 7 janvier, à mesure qu'il me sera
donné de croiser un clavier d'ordinateur dans mon voyage alsacien, suivront ces quelques chroniques...
fleurs et tomates