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Le temps qui passe

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c'est revenu comme çà

...c'est retombé, après les applaudissements, le stress, le strak, l'angoisse d'avoir osé, comme un con qui ose tout et puis le délice de l'avoir fait, tant qu'on y est encore, quelque chose qui tient presque de l'érotisme dans cette petite transgression d'une exhibition publique d'un désir de faire ce qui d'ordinaire n'est réservé qu'aux professionnels de la profession. Je pensais à la fiancée du pirate et d'autre choses comme çà. Je me retrouvais tel que j'ai toujours aimé vivre. Je me souvenais des marché du samedi, à mon stand de boulanger où je faisais mon théâtre, applaudi à la fin par le petit attroupement dont Danièle Lebrun. Ne pas laisser aux chanteurs, le monopole de chanter. Vivre. Fatigue, dimanche, giboulées et chocolats, comme dans l'enfance avant l'école demain, revoir les filles dans la cour, retrouver l'odeur de la classe, le parfum d'un avenir fait de printemps éternels.
 C'était bien, y'avait 60 personnes, restées toutes pour un débat qui dura deux heures, des gens intéressés et soucieux de l'état de notre société...
Ne pas oublier la famille Moussa, la petite fille qui reste accrochée à son sac à dos, dans une pièce quelque part à Alger. Le parents séparés par la honte du retour, le regard des autres, où chacun sauve ce qu'il peut des reliefs de sa vie brisée. La politique de fermeté. Toujours pour les mêmes, les coups, la misère, l'humiliation, la main tendue et les discours pour les autres, les salons dorés, l'indignation polie là où la révolte devrait s'imposer, le profit, le pouvoir, la domination, les beaux costumes, les consciences étouffées. undefined Le souvenir d'un sac poubelle, seule valise consentie par la police de notre beau pays,dans lequel ce qui reste des années passée en France où elle est née, s'entasse comme un vieux rêve qui fermente. Ne pas oublier les 25 000.

Monsieur le président, en ces temps où le religieux ressort de dessous les soutanes et gratouille les barbus, remettons les pendules à l’heure…Je n’ai pas oublié, ma tâche suprême, en tant que navigateur sur les fiers vaisseaux de la République, gardien des chronomètres marine du bord…
 
…L’origine des temps est l’instant du passage du soleil fictif moyen au point vernal. undefined
Il faut imaginer un soleil civil tel que les écarts entre les cercles horaires du soleil vrai et du soleil civil soient fonction de l’équation du temps.
L’équation du temps prend en compte l’équation au centre et la réduction à l’équateur. Les zéros de l’équation au centre sont fonction de la position du soleil vrai par rapport à la ligne des absides qui se déplace annuellement dans le sens direct de 0° 00’ 11’’5.
Les zéros de réduction à l’équateur sont fonction de la position du soleil vrai par rapport à la ligne des équinoxes qui se déplacent annuellement dans le sens rétrograde de 0° 00’ 50’’2.
Périgée et point vernal se rapprochent annuellement de 0°01’01’’7, si les zéros de réduction à l’équateur vont se reproduire aux mêmes dates de chaque année tropique, ce n’est pas le cas des zéros de l’équation au centre dont les dates vont différer entre deux années tropiques successives.
Mathématiquement, l’équation du temps est donc la somme algébrique de deux angles :
L’angle 1°55’12’’ (équation du centre compté positivement ou négativement)
L’angle 2°28’08’’ (réduction à l’équateur, compté positivement ou négativement)
Au plus, cette somme algébrique est égale à un angle de 4°23’20’’ compté positivement ou négativement.
En temps, cet écart est donc un retard ou une avance au maximum de 7 min 41s + 9 min 52s= 17 min 33 s.
Quand l’équation du temps est positive, le soleil civil est en retard par rapport au déplacement dans le sens direct.
Quand l’équation du temps est négative, le soleil civil est en avance par rapport au déplacement dans le sens direct.
undefined Cette nuit je suis parti à l’insu de mon plein gré. Entre le village, plus à l’intérieur, et la falaise qui surplombe la mer, s’étend une cocoteraie ? Enfin des grands arbres avec une touffe et des boules en haut. On entendait les corbeaux qui croassaient en s’élançant des cimes. Un petit homme, un bandeau rouge en couvre chef, portait sur son dos une échelle en bois d’environ deux mètres et se dirigeait entre les troncs, vers ceux qui à leur sommet promettaient une belle récolte de noix de coco. J’étais étendu sur un hamac sur la terrasse de la maison toute simple, perdu quelque part dans ce décor indien. Le parfum des encens du petit temple de la maison me parvenait et me transportait du hamac jusqu’au sommet des arbres. Il faisait doux. Je n’existai plus, je n’étais plus qu’une sensation, celle d’être loin, d’avoir échappé aux tirs d’enclumes qu’on réserve dans mon pays à ceux qui errent entre les certitudes. J’étais loin, très loin et c’est là que je suis bien, et c’est là que j’irai, loin.
Marvin Pontiac,  en fait il s'appelle John...peu importe,  le CD tourne rond,  ici  sous la "Dent  de Crolles", sur le plateau  en face du massif de Belledone,  il a une  voix comme JJ Cale,  les mélodies me portent....Comme  il y a deux  ans au Népal, les mêmes mélodies, me portèrent un soir,  allongé sur les mêmes tapis, avant que je ne me lève pour rejoindre ma chambre dont je n'arrivais pas à ouvrir la porte vu que c'était le tableau accroché à coté que j'essayais d'ouvir sans succès depuis vingt minutes...Que celui qui n'a jamais pêché me jette la première "Trois monts", ou le dernier filtre... l'impression  que  le passé resurgit  et que les rêves ne meurent jamais.  L'impression que tout se joue ailleurs, sur  une autre  fréquence que  celle employée couramment  pour le grand cirque  de ce nain d'unique  eunuque qui se voulut kalife à la place des kalifes. Fin d'un grand voyage en Inde, puis au Népal,  petit village à l'est de Katmandu,  famille  accueillante,  éternité d'une quinzaine de jours avant de repartir en pleurant, en faisant coucou de la main comme un bidochon qui retourne au pays des bidochons en se retournant le coeur  aussi.  Depuis, je n'ai jamais plus le même regard, sur ce qui m'entoure, depuis,  je me perds dans mon pays qui m'ennuie quand  il ne m'effraie pas. C'est pourtant bien ici, il y aurait tout pour être heureux, si les rêves n'étaient pas confisqués par ceux là mêmes qui  les galvaudent. Ce serait bien s'il ne faisait pas si froid dans les coeurs. Mais voilà que ce soir je suis reparti quelque part en Asie,  au pays des momos et  des namastés,  au pays  qui me souris quand je lui dis , je reste pas,  j'ai  plus une tune, çà fait rien qu'il  m'a dit reste une semaine de plus,  ce  n'est  pas grave, puisqu'on est bien ensemble...depuis je plaure comme un seul quand j'y repense, et quand je vois tous ces malheureux  qu'on refoule de chez moi, comme des boeufs que nous sommes devenus.  Je laisse aller en grand ce soir,  j'avoine, demain, on file,  on fait route sud, pour échafauder, faire un plan, préparer un poil d'avenir à reluire; demain promis, craché, on continue, pas à pas, heure après heure, jour après jour pour se retrouver enfin au bout du bout, dans mon petit village du Népal,et derrière le temple de Shiva, les rires des enfants qui jouent avec ma petite, partager le tali avec les parents, gouter l'éternité calée à quelques pas de la frontière chinoise et s'allonger au sommet des collines qu'on appelle ici des montagnes et se dire qu'on s'en fout puisqu'on est bien, on a rien mais on est bien, on a rien mais puisqu'on vous dit qu'on les emmerde les ceusses du grand cirque, de l'unique eunuque, tellement loin, tellement bien, tellement loin, tellement bien... undefined
undefined Périphe ou voie express, autoroute, enfin la biroute quoi...et un brouillard givrant à la sortie de Srasbourg, vers Mulhouse. C'est plein, on est tous là dans nos bagnoles à rouler comme des cons dans le brouillard. Un portique, nous passons sous les fourches du code de la route, s'y s'inscrit une invitation ferme à obtempérer, "Pollution, vitesse limitée 70km/h"...J'essaie de réduire ma vitesse, entrainé par le flot je ne descends pas en dessous de 75... Tout le monde me dépasse, par la gauche, par la droite. Tout le monde s'en balance, s'en fout, s'en contrefout , s'en bat les coucougnettes de la pollution, ou bien s'en gratte le bas du dos, faut y'aller, ne pas mollir, allez ...rouler, droit dans le mur en plein brouillard. Un pote à qui je faisais remarquer qu'il devrait moins fumer entre les prises de ventoline, me fit lui noter au passage, que sans la ventoline il ne pourrait pas fumer. On doit être comme çà les humains, on sait bien, on sait bien...mais dans ce monde stupide où tout n'est que réglementations, interdictions, addictions, sanctions, coercitions, consommations,  répressions, informations, la pollution çà doit être le seul truc qui reste à faire librement, comme des cons dans le brouillard. J'ai envie de fumer moi, j'sens que çà r'viens...
undefined Jusqu'au 7 janvier, dans la mesure où je peux utiliser un ordi, petites chroniques tirées de la vie qui passe, en Alsace, comme ailleurs... 


Strasbourg,
moins 7 degrés, 06 heures 30. Il est sur le balcon à tirer sur sa clope. Dans une heure il part au taf, sur son vélo. Pas envie, il a pas envie. Pourtant, "faut bien", et puis il dit, c'est quand même cool comme boulot,  c'est pas super interressant mais...et puis y'a des avantages. Ouais, mais çà , c'est pour moi qu'il dit çà, parceque moi, je viens de dire que j'en ai pas et puis que çà prend la tête, la tune. Alors on se dit des trucs banals entre deux tasses de café et la radio qui débite indifférente des niouses bien nazes. Lui çà le gonfle d'aller à son turf, et moi je le comprends.C'est nul, perdre sa vie à la gagner comme on disait.... Et il retourne sur le balcon, pour pas fumer dedans, et il tire sur sa clope comme un plongeur prendrait une dernière aspiration pour plonger...dans l'abîme de sa journée. C'est ce soir qu'il revient, une heure sur son vélo dans le froid. Sur les murs de son apart, des dessins, des pochoirs, qu'il réalise avec talent. Y'a du talent plein ses murs. Et la radio qui murmure toujours, le bébé qui se réveille, sa femme aussi est réveillée depuis 4heures ce matin. Entre eux, j'me sens bien, une tasse de café, un sourire, trois conneries.Elle reprend le boulot en janvier, d'ici là c'est calins à Bébé, et puis l'habituer à la crèche. Bébé y s'enfout, il sourit. Il est beau comme son sourire. Dans la radio, on entend parler du  président qui "ose tout et que c'est à çà qu'on le reconnait... " aujourd'hui il  est nouveau chanoine de Latran, à Rome,  flanqué du prêtre des loubards et de Jean Marie Bigart , et puis on entend parler aussi du gars qui loue un appart de luxe et qui se fait lourder par madame Boutin et puis Ségolène  qui dit que les français souffrent et que le roi s'amuse. 
Il retourne s'en griller une sur le balcon, dans cinq minutes il part, descendra la poubelle aussi...


undefined Jusqu'au 7 janvier, à mesure qu'il me sera donné de croiser un clavier d'ordinateur dans mon voyage alsacien, suivront ces quelques chroniques...

Il me faisait rire mon grand père quand il débarquait avec grand mère, dans notre immeuble perdu dans la banlieue. C'était la fête, les voir arriver  comme çà, de la campagne. C'était un autre monde qui débarquait, un peu désuet, pas bien riche, un rien d'exotisme ou d'aventure dans ma tête de gamin. Ils posaient leurs valises, dont une en carton assurée par des ficelles et plus déformée que les autres
.Ils reprenaient cette dernière après les embrassades et l'ouvraient ensemble sur la table. Il en sortaitent des bouteilles de cidre, des confitures, du fromage, et ...dans une serviette, un lapin. Je me souviens, un lapin pour Noël...
A mesure que les portes s'ouvrent aujourd'hui, dans mon petit retour en famille et au coeur de l'hiver et à voir les têtes qui s'illuminent quand on débarque de notre montagne, quand on ouvre la valise...Je vois bien qu'aujourd'hui, à mesure que je déballe, les paquets, les cageots d'oignons, les confitures, les bouteilles de merlot,  les pélardons, en même temps que çà fait plaisir, je fais un peu rire...un autre monde qui débarque, un peu désuet, ...Je viens d'un autre monde, celui là même que des gugusses endimanchés nomment avec embaras, la France d'en bas, à gauche, celle des petits rien, celle qui dit quand l'autre s'en va "ne prend pas froid".

fleurs et tomates

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