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Le temps qui passe

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Plans fixes sur les quais

Ce matin dans ma radio France Inter ( excellente émission hier soir à 20h05 avec Kathleen Evin «  qui recevait Marie Minier pour son livre « Les inséparables »..),

ce matin donc c’était un florilège de paroles niaiseuses. Je fais toujours le lien entre la façon qu’ont de s’exprimer les hommes politiques français ( à suivre ce jour un article concernant et consternant, d' un homme de l'UMP, prononcé LOUMP en Alsacien donne en traduction  lavette....  homme qui ne manquant pas sa pastille d'iode, met en parrallèle les gitans et les déchets nucléaires actuels...on y revient cette après midi...) et ceux de nos élites aristocratiques d’antan. 

Leur manquent juste, perruques, poudres, haut de chausse, chaussures à talon ( encore que) et cannes pour étayer leurs pensées donc, comme çà, sur un ton qui se veut aussi confiant qu'un oeuf sort à coup sûr du cul de la poule, avec le sens de la formule de celui qui sait, un peu maniérée, enrobée, emberlificotée, annonçant la catastrophe en déclarant l’inverse, à mi chemin entre le style du langage diplomatique qui lui est un art et le mensonge effronté qui lui est une seconde nature. Jugez en donc par cet exemple dont j’ai oublié depuis ce matin le malheureux auteur, qu’il aille donc chier derrière les rideaux comme au temps de Versailles, attention : « .... ce qui vient renforcer les inquiétudes n’est pas un bon signe.... » étonnant non ? comme eut dit Pierre Desproges, et puis celle-ci, en lieu et place du mot « récession » utilisée par l’INSEE ( deux trimestres en baisse = récession), Christine Lagarde, par exemple utilisa les bons mots de Croissance négative. Un peu comme dit ma banque: "votre compte est haut monsieur...ah bon, je réponds je tout à coup heureux autant que surpris alors qu'en fait cela signifie qu'il est au troisième sous sol"

....A l'usage des extras terrestres et des mal comprenants et, bien intentionnés, cela va de soit, je suggère la mise sur écoute de l'Elysée et autres palais et ministères, pour se familiariser avec l'humour politique et financier qui n'a d'égal en importance que son cynisme. Quant aux dernières décisions courageuses, à situation exceptionnelle, mesure d’exception, la banque Franco Belge, fut donc secourue de façon efficace à grand renfort de billets sortis d’un chapeau, rangé » dans les caisses vides sur lesquelles frappent  sans  effet de résonnance, et pour cause, les associations de droit au logement  qui, il est vrai ne sont pas dans l’exceptionnel tant le mal est récurent depuis l’outrecuidance parlementaire de feu l’abbé Pierre qui s'en retourne depuis dans son béret.

De la thune y’en a donc, ce qui eut été ce matin dans leurs déclarations, et ce, bien malgré eux, signe de bon signe, s’ils n’étaient délivrés en signaux à bras par des manchots ou en langage sémaphorique inventé par des marins qui étaeint sourds et muets, à destination, leur semblent-t-ils d'autant de cerveaux de drogués au coca colà et au pernaud . ( mélange qui chez d'aucuns au gout discutable et au vote erratique qui s'appelle gasoil, c'est dégueulasse n'en buvez pas)

Le pape arrive…Et c’est au moment où je me pose comme hier toutes ces questions existentielles, où vais-je, ou cours-je, avant de déraper, sans toutefois posséder le même talent, dans la faconde, que feu Pierre Desproges. Quoi donc, sinon de politique pour justifier de telles pompes, pontificales et républicaines mélangées à quoi bon, si elles ne servent à éclairer ma lanterne quant à mon avenir qui se réduit à mesure du temps qui passe. Qu’attendre de celui qui lorgne vers Saint Nicolas du Chardonay et les rites en latin et la prière pour la conversion des juifs, et la tête, alouette, on en a viré des rédactions pour moins que çà. Alors je sens bien que j’en resterai là avec mes interrogations, en suspens quoiqu’il arrive, que ce soient un Dalaï Lama, un pape, un grand Rabbin ou un Imâm…Fin Août, dans mon village haut gardois, au pied des montagnes, nous avons organisé un grande soirée Bollywood  avec repas indien et film et  tout ceci rassemblant une poignée d’amoureux de l’Inde, nous avons poussé l’affaire jusqu’à monter un petit temple dans le vent, cher à la prière de Lanza del Vasto, sans pour autant verser dans le fétichisme ou je ne sais quoi, juste nous transporter dans nos souvenirs et parfums de ce pays…jusqu’à ce parviennent jusque là et à notre surprise un petit groupe d’indiens…et eux de faire leurs dévotions et prières devant ce temple improvisé certes mais en tout points respecté dans sa forme…Séquence émotion, mystère pour moi.

Autant que possible, A lire en écoutant le requiem pour un con de Gainsbourg...

Une lame de fond, ou plutôt un tsunami, enfin quelquechose qu'on pressent. Tout se retire subitement, comme une grande dépression. Oui une grande depression, un truc qui te vide en commençant par les boyaux de la tête, juste précédent une onde suspecte au niveau du  ventre et qui te remonte dans les poumons, à te couper le soufle et puis, cette putain de vague apparait devant toi, immense, énorme, hideuse, belle quand même. Tu peux bien te révolter ou bien lacher prise, c'est du pareil au même, les autres font semblant d'être occuppés ailleurs... Rien, ni personne n'y échapera, mais surtout pas toi, parce que...aujourd'hui, t'es seul mon gars, elle est là, oui, juste pour toi connard, pour ta gueule d'ahuri . Tu te croyais comme une merde sur une pelle en bois, oublié de tous et de ton destin, "tout seul peut être mais...peinard, "* ben non, t'avais tout faux, encore plus faux que d'habitude, alors qu'elle était encore loin,cette grosse salope de vague n'a qu'un but dans sa vie démente, t'écraser, te noyer, t'engloutir tout comme ton passé s'est dissipé dans les brumes de la petite histoire des anecdotes et des anonymes. Tu finiras dans les brisants, soixante dix tonnes au mètre carré, c'est pas un trou noir c'est juste le trou du cul de l'Histoire. Une bière, et une trois monts, Nom de Dieu.

* Léo Férré

L’éternité, c’est long, surtout vers la fin, a dit Woody Allen... Quelques fois, j’ai l’impression d’y être dans cette fin, dans ce moment d’attente interminable, inter...minable. j’écoutais les questions des journalistes à Dominique Voynet, ce matin dans mon poste, toujours les mêmes, politiques, purement politiques ou bien caricaturales. Je ne me pose pas spécialement en défenseur de Dominique Voynet, je la connais trop peu, et je ne suis pas affilié à une couleur, mais par égard à la position qu’elle occupe, entre autre, rare, sénatrice « verte », j’imagine encore naïvement, qu’il est possible de poser des questions d’une part ayant vraiment attrait aux thématiques de l’environnement, vue l’urgence du sujet et d’autre part, de fouiller un peu plus l’argumentaire qui s’érige en simpiternelles mêmes interrogations...du genre heureusement qu’on a du nucléaire en France pour soulager la facture énergétique de la France, alors que seulement 20% de l’énergie nécessaire est d’origine électrique, la facture pétrolière étant par ailleurs sensiblement comparable entre les états dits modernes....mais non, le nucléaire nous sauvera...qui donc n’a pas pris la mesure du problème des déchets, de l’échelle du temps qui s’y adjoint, seul traitement jusqu’à présent trouvé, du problème de leur dissémination,  et attendre pour des milliers d’années....ce quiconque n’a pas tout à fait réalisé, le monde qu’on nous prépare...De plus, de mon expérience personnelle, je peux affirmer que la première pollution due au nucléaire est l’atteinte à la démocratie et à l’information, pour avoir tenté et parfois réussi tout de même à porter un autre point de vue à l’intention de mes concitoyens, j’ai pu réfléchir à ce qu’il en coûtait à la nation, comme frais de police et de renseignements généraux...Réfléchir, désobéir, je me répète mais ces deux verbes là, sont aussi synonymes de temps en temps...

...Ils étaient tous là, sous le soleil,  les anciens combattants, survivants d’une autre époque, la face « noir et blanc » des photos de Zuca, ceux des guerres coloniales, et puis le conseil municipal, et puis le tout nouveau conseiller général et le gendarme de service en tenue festive, et puis le garde champêtre dans sa livrée de policier municipal, et puis nous la foule, les cocos dans un coin, la droite du coin aussi, les curieux, deux ou trois touristes égarés, les enfants habillés « en dimanche », chapeaux de paille et lunettes noires, parfums et tenues proprettes, tout çà pour égayer la rue...   et je suis venu aussi, à la messe républicaine,  « pour voir et pour féliciter »..les derniers.

 Cela fait soixante trois ans qu’ils commémorent comme ils disent, d’une voix frémissante à présent. Un chapelet de médailles sur la poitrine, face à  trois ou quatre portes drapeaux, dont  « Rhin et Danube du Salavès », il discourait, poursuivant l’Histoire inscrite sur son papier froissé tremblant dans sa main qui portait comme des stigmates, l’épopée...qui mis fin à la barbarie du nazisme. Il y avait également les portes drapeaux des anciens de « l’Algérie, Maroc, Tunisie » et je ne pouvais m’empêcher de penser aux massacres perpétués  par les français fraîchement libérés du joug de l’oppression, Sétif... Madagascar aussi . La proximité et la confusion de ces oriflammes ensanglantés pour des raisons directement opposées reflètent toute la complexité du monde et la preuve que le discernement n’est pas une qualité des mieux partagées. Avant je me refusais toujours de me rendre à ces commémo...puis, depuis 2002 et son avril funeste, et je me suis dit qu’il était ridicule de laisser la place à ceux qui peu à peu travestissaient l’histoire... Il se tenait là,  le vieux combattant cévenol qui s’en alla libérer l’Alsace, appuyé sur sa canne, sous la stèle d’un martyr qui fut tué par l’occupant dans le village et que son frère depuis a érigée en souvenir. Le maire ceint de sa rutilante écharpe tricolore, annonça une minute de silence, ponctuée du bruit des moteurs des voitures passantes, du chuchotement des commères et du crin crin de la vieille sono qui n’en peut plus de commémorer... Puis il prit à son tour la parole, pour souligner le bruit dans le silence souhaité et devant les commémorant qu’il remercia de leur présence, d’une larme exprima son chagrin, à propos de l’injustice d’un procès intenté par un adversaire malheureux aux dernières élections municipales, ce qui nous priva du pot de l’amitié... On ne badine pas avec l’honneur dans les campagnes...

 

Le Monde était en grève, non le journal. La planète un peu partout criait famine. Les prix flambaient. Les biocarburants ou plutôt les nécro carburants dévoraient les espaces cultivables. Les pauvres n’avaient plus d’autre moyen que la révolte. Il y a eu des morts. Pouvoir manger à sa faim n’était pas une évidence. Une ministre devait s’excuser au près des siens pour avoir failli tenir parole sur un engagement. Il y avait aussi des pesticides dans les OGM. Il y en a aussi dans les terrains qui m’entourent. Les 11000 postes d’enseignement devant être supprimés provoquaient des manifestations tandis que le ministre de l’éducation séchait sur une règle de trois. Les déchets nucléaires s’amoncelaient à la Hague en France, en Angleterre et aussi au Japon.  La bagnole, le climat, la spéculation, les subprimes, les traders bourraient l’info. La Chine s’honorait de soigner le ciel bleu pour les Jeux Olympiques pas les droits de l’homme quand un chalutier coula en croisant le parcours d’un pervers dans les Ardennes. La pénurie de Maroilles chez le cinéphile en Vadrouilles provoqua un courrier monstre au masque et la plume, surtout la plume. Un yacht de luxe croisait au large de la Somalie, je répète, il y avait un yacht de luxe au large de la Somalie. Un yacht Bolloré ?    

Hier j’étais en Gare. Hier j’étais en gare d’Avignon TGV. Tout fout le camp, « Mesdames et Messieurs, attention au départ du temps, prenez garde à la fermeture des portes sur votre passé immédiat, gardez en mémoire une image de l’instant présent et portez votre regard sur le coté sans se pencher au dehors. Tout fout le camp,  même les gares de mon enfance. La gare, qui sentait le pâté du chef de gare qui lui casquette en arrière décorée comme « la piste aux étoiles », se dévorait son sandwich derrière le comptoir. La gare qui sentait aussi le tabac brun et les mystères des polars qui se lisaient déjà dans le hall entre les bruits froissés des journaux d’un voisin de banc « allez frères ». La gare avec ses bruits métalliques du distributeur de chewing-gum, du tabac presse qui en rajoute une couche en enroulant son rideau à l’ouverture. La gare avec ses paquets ficelés à l’ancienne, sur de grosses brouettes vertes, la gare avec ses odeurs, ses parfums, et son personnage principal, le train, le petit train qui s’arrête partout où l’annoncera la voix magique qui envahit les quais. La gare avec ses voyageurs qui serrent comme ils peuvent la petite boule au ventre, le p'tit pipi de la peur avant l’aventure du départ, la petite mort des amoureux qui se séparent, des grands parents qui  sentent un peu d’eux mêmes partir à chaque partance des petits rejetons.

Hier, j’étais dans un drôle de hall de gare. Un hall gare TGV. C’est un hall de gare qui veut en imposer. Ce n’est pas la gare d’Avignon, c’est la gare de la planète Mars. Ce n’est pas une gare quelconque à l’architecture classique, tellement classique qu’on en fit un modèle de maquette pour petits trains électriques. Non c’est un truc futuriste, un bâtiment blanc compressé, une ode aux jeux olympiques avec une vague allure de poisson, des halls impersonnels à l’image d’un aérogare pour avion qui ne décollent pas, une ambiance de science fiction qu’on aura pas à lire, des gens écrasés par l’ambiance, ici rien ne porte au rêve ou au sourire, on est pas là pour se dorloter le tracassin des voyageurs, mais pour faire du chiffre et impressionner les statistiques, à portée d’heure de l’arrivée, où chacun s’il le souhaite prendra le temps gagné à le perdre dans les correspondances. Ici dans ce hall, l’estomac qui pensait s’accorder un petit repas qu’en route il ne pris pas pour être sur d’être à l’heure à la gare, restera pantois, devant le prix, 14,42 euros, et la très peu appétissante odeur des cuisines. Restera une pièce où l’on devine à la couleur des murs et aux plinthes qui se décollent la mauvaise qualité d’une construction propre à se dégrader aussi vite que les trains qui passent sur des quais en bois, en bois exotique ; restera donc cette pièce où chacun se dévisageant en silence grignotera son sandwich. Tout fout le camp, ma gare d’autrefois, le contrôleur bedonnant avec en main sa sacoche bourrée, le sifflet mettant un terme à l’attente et la carte de réduction  « famille nombreuse, famille heureuse » et c’est qu’on va leur apprendre aux pauvres à faire des gosses, prétentieux voyageurs indigents, allez donc travailler plus à la construction d’un monde si moche qu’il en devient inhumain, écrasant comme un hall de gare en Avignon.    

fleurs et tomates

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