Informez vous et faites passer
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Toujours faire
vite…Réagir promptement au risque de ne rien comprendre, foncer tête baissée dans l’écume des jours et prendre pour argent comptant ce qui semble, ce qui a été prémâché pour
être entendu et recracher sa soupe indigeste sur son petit blog, indigné…mais comment se fait-ce ? Mais comment donc, cela ne saute il pas aux yeux du bon sens commun noyé sous le regard
bienveillant du web, de la sainte télé et du grand esprit de la très respectueuse communauté internationale…Ainsi donc peut on entendre recommander la plus grande fermeté et les imprécations qui
vont avec à tel pays qui ne tient pas ses comptes selon, comble pour un grec, l’orthodoxie en vigueur, mais comment donc ? Dénonçons ces pratiques dénuées de toute morale, rodomontade,
effets de manche, indignation, courroux et hop…ceinture pour tout le monde…pour tout le monde ? Non…se souvient ton de cette remarque que quelque part il existe une planète un peu folle sur
laquelle 225 personnes possèderaient autant que 2 milliards d’autres de ses semblables…morale, morale, vous avez dit morale madame la Chancellière ? Où donc, que l’on m’indique cet improbable
endroit où cela est…
En regardant la montagne au dessus de chez moi j’ai une musique qui me trotte dans la tête. Quand j’étais gamin, bien sûr j’étais plutôt Rock’n Roll…mais je me souviens parfaitement qu’il « était blême, mon HLM » et que dedans ya vait plein de gens comme nous, qui gueulaient, qui vivaient, loin des fastes des trente glorieuses, et qu’à l’époque dans ma barre, en cet endroit qu’on appelait pas encore le « neuf, trois » on y était déjà à se balancer comme des drôles et nos mères nous conseillaient déjà de ne pas aller avec la « racaille » de l’immeuble d’en face, où les mères mettaient en garde leur progéniture de la petite armée digne de la guerre des boutons qu’on était, racaille pour racaille…et mon père gueulait « y nous fait chier Ferrat, c’est pas ici qu’on mangera du poulet aux hormones…qu’est ce qui croit, mer… ? Et maman soupirait, même qu’elle lui trouvait bien du charme au chanteur à moustaches…pourtant que la montagne est belle bordel et aujourd’hui loin de ce temps, loin des moustaches, et des immeubles de banlieue, j’ai un coup au coup au cœur, papa, maman, accueillez le bien le chanteur à moustaches, vous me manquez tous les trois…
Y’a un grand gaillard là qui est loin d’être un sot, qui sait ce qu’il fait en disant “ses grosses conneries” à la tonton de
fin de banquet… le populisme de gauche existe aussi, et le racolage est une soupe cuite dans la même marmite,et qu’elle soit servie à droite ou à gauche, elle me dégoute, non j’irai pas, je ne
ferai pas le coup de 2002 aller voter en se pinçant le nez, et puis qui du vote blanc ou de l’abstention a fait la une?
J’ai voté au premier tour, ne pas y retourner m’en coute, mais vivre dans un pays démocratique c’est accepter le vote des autres et se battre par d’autres moyens, l’engagement au quotidien, dans
sa manière de consommer, dans sa participation à des mouvements associatifs, tels ceux qui demandent et préparent des projets... projets et programmes qui n’auront de chance d’aboutir qui si l’on
s’acharne à faire semblant de leur faire croire qu’ils sont géniaux et que l’idée vient d’eux et qu’ils…y trouvent un intérêt pour eux mêmes et les groupes qu’ils représentent. On est au bout
d’un système, rassis, seul le discours varie selon les besoins de bulletin de vote….
Oui le vote est un acquis et voter est un devoir mais envers qui?
Envers ceux pour qui la représentation et le mandat est un acquis républicain et le bien commun, un devoir. Quand tout parait vain, renaissent l’abstention et le vote d’extrême droite flatté par
les discours rances de ceux qui jouent de leur faconde et ont le bon goût de stigmatiser les abstentionnistes et çà fait hurler de voter pour celui qui se flatte d’avoir les voix des cons pour ne
pas simplement renier ses convictions ou se mélanger à l’extrême droite.
J’irai pas, un point c’est tout, mais j’agirai tout de même à ma mesure, à ma manière. Ne pas voter çà s’appelle aussi déserter, rappelez vous… « Monsieur le président je vous écris une
lettre, que vous lirez peut être, si vous avez le temps… »
Pendant ce temps où d'aucuns s'agittent comme ils ou elles le peuvent avec leurs chiffons et leurs fichus en bannières ou en ostentatoire, en péremptoire ou en couvre chef
pendant ce temps là qui fait que le tout le monde cause, vitupère, bat la campagne, s'exprime...d'autres font les frais d'une triste besogne...
J’y suis
retourné, près de mon arbre. Il ne disait rien, comme s’il faisait la gueule. Je voyais bien qu’il regardait ailleurs. Il a des jours comme çà, où bien le vague à l’arbre lui prend comme le
retour d’amertume m’enveloppe. On se ressemble tous les deux. Je me suis dit c’est con. Ca vous arrive non ? Vous ne vous dites jamais c’est con ? Comme toutes ces choses qui nous
bousculent, nous émeuvent, nous submergent sans qu’on puisse y faire quoique ce soit. Comme ce souvenir d’une classe silencieuse encore étourdie d’une colère passée où le moindre incident
amplifiera le sentiment d’outrage à un semblant de sérénité revenue. J’y pensais comme un retour provenant du puits aux souvenirs et y mêlant ce bref entrefilet lu sur Rue 89 que je me
remémorais, à propos de la tête de liste des régionales présentée par Olivier Besancenot à Avignon, une femme voilée...Et voici qu’encore une volée de bois vert s’abattra sur cette affaire contre
l’ indignation calculée et que toutes simplifications de part et d’autre s’affronteront dans un match stérile puisqu’il importe avant tout d’être vus pour avoir, comme un foulard qu’on agite,
d’être pour vu pour se savoir vivre, d’être en vie pour avoir, d’exister au milieu de cette foire d’empoigne qu’est la vie au multiple, la vie foisonnante et
souffreteuse des peuples dont les élites prennent soin de s’écarter jusqu’au moment de s’en servir. Qui comprendra ce qui est en jeu, de la représentation, du spectacle politique, des repères
brouillés, de l’avenir des femmes dans les cités, du parcours et de la dérive des idées obscures et des croyances manipulées qui s’accouplent à toutes les revendications pourvu qu’elles servent,
des anathèmes et des interjections d’offusqués, de combats hypocrites et de misère intellectuelle, du brassage des images et des petites phrases, de la confusion et du
n’importe quoi pourvu qu’on le dise. « La vie c’est se qui se passe pendant qu’on fait autre chose »...c’est une phrase qu’a dit Higelin et qui me revient devant tout ce bordel
politique ou tout est mélangé, simplifié, grossit, vulgarisé et jeté en vrac dans l’arène comme si tout concourait à provoquer le plus d’approximation et de confusion des fois
que d’aucuns soient encore capables d'énoncer avec justesse et clarté ce que sont les valeurs liberté, égalité et fraternité. C’est à pleurer, entre les
titres du Figaro et les annonces du NPA, de Georges Frêche à Sarkoy, de Besson à Peillon, c’est à pleurer en rond et à se pisser sur les godasses. Je ne sais pas grand chose, juste qu'on démolit
notre planète à grande vitesse, que l'injustice et la connerie sont exercébées, et que pour le reste, le cirque continue.
A table avec le couvert y’avait toujours une branche de céleri. C’est surement la neige qui tombe sur la montagne, là bas au fond d’vallée et j’ai les yeux un peu embués. Une bière et j’voudrais m’envoler comme Charlebois sur Québec Air...Il y a si longtemps et quand j’ferme les yeux je ‘m souviens à l’arrière de la grand Osmobile, dans cette espèce de grand char on traversait les villes, les villages sous la neige, les camions étaient gros comme les maisons endormies avec leurs chaises roulantes, y’avait du céleri dans les baffles aussi et Neil Young qui coulait comme du sirop d’érable, dans un bar des grands gaillards aux blouses à carreaux buvaient leurs bière et leurs barbes dégelaient en musique et en gouttant sur la table, chez mon pote, y’avait de l’accent et quand on est arrivé sa blonde a demandé comment c’était aujourd’hui, il a répondu c’tait mort y’avait personne. Mon pote y tenait un salon funéraire... A table avec le couvert y’avait toujours une branche de céleri. C’est surement la neige qui tombe sur la montagne, là bas au fond d’vallée et j’ai les yeux un peu embués.
C’est pas pour
me gratter mais de la simplification, je m’en fais des tartines. Tout à l’heure je n’avais rien d’un héros. J’étais son contraire. Moi que ne mets jamais les pieds dans un super marché, j’y étais.
Passe les raisons qui sont saugrenues. Mais j’avais honte d’être là. J’avais envie de m’excuser. Inexcusable. C’est comme si j’allais faire mes courses chez TF1. Dans les rayons, des produits
raccords avec la musique de chiotte qui mettait de l’ambiance à cette mauvaise odeur générale. C’est pourtant simple, d’habitude je ne vais jamais là, comment se fait ce ?
J’étais à l’aise comme un discours du président dans un caddie. Je sais, j’en ai eu des extraits ce matin à la radio. On devrait lui mettre une musique chiotte aussi avec un diffuseur de parfum de
super marché quand y cause dans le poste. Bon c’est tout pour aujourd’hui c’est bien assez que je sais que le chômage va baisser. Moi aussi.
fleurs et tomates