Informez vous et faites passer
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Il pleut. Il fait froid. Un arc en ciel
prend son pied au bout du pré. C’est que le soleil vient de se lever en même temps qu’une bourrasque venue du nord, une espèce de nuée bordée de neige fondue qui tombe en
rafales comme les traits tirés d’une armée d’arbalètes. Il fait un temps de droite, comme une bonne vieille droite dans la gueule d’un pauvre. Il a pris sa masse, sa cognée, son merlin. Il est
sorti, hirsute, de sa cave et de lui même, avec l’engin dans ses pognes. Pour une fois qu’il est du côté du manche, qu’il se dit. Il déboule dans la ruelle à travers le hameau. Il pèle, il
caille, il n’a pas mis son bonnet sur sa tête de chauve. Je crois bien qu’il sent un peu la vinasse. Il sort du moyen âge et arrive au parking où se trouve sa bagnole, sa caisse, sa tire, sa
charrette, son gouffre à gasoil qui pue et qui pollue parce que c’est un vieux blindé, une vraie voiture pourave. Il l’attaque par la face nord. Il lui défonce les pare brises, le capot, le toit
tout y passe avec rage, et les feux et les jantes et avec ardeur, et même qu’il se fait mal dans l’emportement, même qu’il a mal pour elle, parce que si ce n’est rien qu’une chose, c’est quand
même sa chose lui qui n’a pas grand chose et puis c’est elle qui lui permettait de s’extraire la tête de ce trou du cul du monde, et que même à coup de démonte pneu on pourrait
pas la lui sortir, sa pôv tête à lui, sa trognee d'allocataire, là bas, au fin fond de la vallée, là bas où ne viendront jamais, ni la mer, ni le métro, ni personne, ni même les dieux, où bien,
juste des mesures entendues dans une radio où il fait chaud. Il n’y a rien, rien que les gueux qui s’y enterrent depuis des siècles et des secondes longues comme des jours, des gens comme dans'l
temps que c'était mieux avant, des indigents de maintenant, et çà recommence. Il fulmine, se révolte, tempête, explose, fracasse. C’est moche, des débris partout, un gâchis, d’une vieille
bagnole, il ne reste plus qu’un tas de tôle défoncé, un césar d’honneur. Il est rouge, trempé, mais il a chaud, la vapeur d’eau se condense au bout de son souffle. Il se dit
maintenant qu’il peut bien aller la chercher sa prime à la casse...
Crouic... Levi Strauss a cent ans... Mais Arcelor Mital va licencier 9000 personnes dans le monde....zouip....chliiiiiiiiii....et Sébastien Josse qui avait dépassé Loïc
Peyron...xrac...Loïc Peyron est repassé devant...La barre symbolique des 2 millions...et devant Les maires de France, Nicolas...103 morts, 300 blessés....hôtel de Luxe, le Taj
Mahal...zééééééééééééé.....il n’y aurait pas de blessés... c’est une véritable Rushdie bengalie....dont.....l’équipe de handball à gagné 27 à 26 contre....ce serait la
nébuleuse Al Quaïda.........en direct de la frégate française, qui escorte et qui.......n’a rien pu faire........les pirates n’ont eu besoin que de 5 minutes.......La chine,
tant pis pour elle, tant pis pour nous....tchacccc....Christine Boutin a dit qu’elle ne voulait pas polémiquer........La crise....ftttttttttttttcouic...l’A 320 s’est abîmé en
mer...zzzzzzzzzzlap....Bernard Kouchner....vous avez l’air un peu las...oui,...pas dormi.... prise d’otages....Thaïlande.....Bombay ( en fait on dit plus Bombay mais Mumbay).
Madame,
Je ne sais pas pourquoi, ce matin je me suis réveillé avec le sentiment
diffus qu' à chaque geste, chaque petit fait, chaque instant qui passe,
je creusais à mon évasion. Sans doute suis je prisonnier par moi même
et n'ai -je d'autre aspiration que de l'être par un altocumulus lenticularis
géostationnaire. Je suis à peu près sûr que ceci est issu de mensonges
et d'un rêve de cette dernière nuit agitée sans toutefois que je m'en
souvienne hormis cette sensation prégnante qu'il me fallait fuir notre
communauté franchouillarde, nourrie au sein d'une dame patronnesse
à Képi éructant de ses tétons graciles force moules frites et abritant
en son corsage un écran plat où tournent en boucle bienvenue chez les
Chtis. Pourquoi vous dire cela, madame, je ne sais pas, avec tout ce
que je vous ai confié depuis tous ces mails, vous en avez assez
pour m'enfermer ad vitam et sternum dans les méandres de vos
sous vêtements d'Edvige, voire dans une geôle craouette d’un
commissariat sncf. Je vous prie de bien vouloir agrémenter votre
journée de mes sentiments les meilleurs et d'une bonne humeur
qui colle à votre teint autant qu'à la nécessité d'amener à la félicité
tous les cassés de la vie qui s'en remettent aux talents de votre
pédagogie de scribe des âmes perdues, et qui à n'en pas douter
exulteront comme le Vésuve dès votre apparition dans l'aquarium
du local d'insertion...Mais il faut que je vous lèche, chère madame
car déjà, mus par une détermination d’écervelés deux hommes à
fort belle allure et costauds, habillés tout de blanc, suivie d'une infirmière
telle une femme à lunettes et brandissant une grosse aiguille, viennent
de faire irruption tels des humanitaires dans mon modeste taudis
électrifié et alimenté en eau courante, charges non comprises,
pour me semble -t-il me ramener à la raison de notre triste Etat
et de toute évidence dans leurs locaux capitonnés et hermétiques
atout sentiment humain...
adieu, chère madame, ahhhhhhhhhhhhhhh
Philippe Maréchal qui pour une dernière fois tente de vous embraaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
« Quand nous réfléchissons, nous sommes plus petits que nous-mêmes, mais nous ne pouvons pas nous représenter ce que nous sommes, et nous ne voulons pas non plus pouvoir le faire, c’est pourquoi nous ne savons pas ce que nous faisons, ni ce qu’on nous fait. »
Cairn,
Gunther Anders.
J’ai reçu ce mail d’une amie, juste après avoir entendu
les mêmes nouvelles dans mon poste et après avoir reçu
le même coup de téléphone de la CA. Ca m’avait choqué
dans le premier cas et nrv dans le second à quelques
minutes d’intervalle...Comme quoi nous serions tous
abreuvés à la même soupe soporifique et surveillés
par automate interposé dans des démarches
administratives qu’il nous incombe de remplir
à l’insu de notre plein gré...
...Je viens d'entendre
que 40 clandestins,ça n'est plus des hommes,
mais des clandestins, sont morts entre l'Italie et
la Libye, 2 secondes sur France Inter,
ensuite 10 minutes sur l'euro de foot. Y'a des fois,
je me demande si je rêve pas.ET là je viens d'avoir
un message téléphonique de la caf pour me dire
un truc au sujet du calcul de mes droits, j'ai rien pigé
mais c'est pas grave il suffit d'aller sur caf.fr qu'elle
te dit la nana avec une musique douce pour te faire
avaler la pilule; le mec qui y connaît que dalle
ou qui n'a pas d'internet, il n'a plus qu'à se pendre.
ça me rappelle ma grand-mère qui m'a appelée
parce qu'il fallait qu'elle tape sur la touche daise
et elle savait pas ce que c'était. C'est dièse mémé,
sur le téléphone, la touche bizarre en bas à droite.
Bises...
Une vitrine, quelque part en France, rien qu'une vitrine gaie comme la France sous Sarkozy et belle comme un congrès du PS, un truc qui te plonge
dans le triste gris d'un jour en manche....
Réhabilitons l'emploi du cerveau et qu'il
le relie à sa bite, l'homme peut réfléchir tout autant qu'il aime car,...C’est quand même n’importe quoi cette histoire de procès intenté contre une jeune femme pour tromperie sur sa
virginité...Déjà, elle est étonnante la démarche de l’ex futur époux, aller demander procès contre sa promise, en dit long sur l’amour qu’il lui voue, sur son éducation et son conditionnement
machiste . Ensuite que dire sur la navrante attitude de la Justice, qu’on lui retire son bandeau, et qu’elle cesse de lire les dossiers en Braille avec des moufles, déjà accepter ce genre de
plaintes en dit long sur la dérive de notre société. Je n’aurai pas de mots ou tournures assez originales à ce propos ce matin, sinon de dire comme l’a fait avec justesse Madame Badinter, je suis
outrée...Ben moi aussi, je suis outrée, et je garde le « e », c’est ma part de sensibilité féminine qui gueule... Machisme, communautarisme, triomphe de la bêtise et de la manipulation
des religions, tout cela semble arriver à point nommé, à l’heure où la société se crispe et envisage un durcissement pour ne pas dire un fulgurant retour en arrière dans le
domaine social, voilà un coup de pouce, pour ne pas dire un doigt, exhibé face à l’émancipation des femmes et ...des hommes en conséquence. Je n'ai pour ma part jamais "connu" de femmes vierges,
mise à part celle qu'on m'incitait à prier, petit, la "Bonne mère" et qui pourtant avait un enfant...Et que dire à propos de ce qu'endure depuis cette jeune femme... et pour toutes les autres. Mon
pays tu déconnes...
fleurs et tomates