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Vendredi 12 janvier 2007

 De ma chambre, je vois de l’autre côté du couloir, la pièce d’en face, également sans porte. Des tubes entrent dans le nez. Le vieil homme a les yeux fermés. Mais on peut deviner qu’il ne dort pas. Une main qui semble légère, caresse son ventre gonflé, vieilli, à la couleur parcheminée. Ce ventre a du en connaître. A l’origine, témoin du cordon qui cesse de battre et coupé solennellement, pour inaugurer un nouveau chantier de la vie. Il a connu les bisous à bébé, pleins de bulles, sur une peau chatouillée par des lèvres qui vibrent. Il se souvient de la première exploration du nombril du monde, des frissons nés du contact à l’eau glacée et du pipi sous l’eau qui va avec. Fut un temps, il était fier de ses plaquettes de chocolat. Il a tremblé au premier émoi, celui qui transperce jusqu’à l’intérieur, en attendant le trouble suivant qui accompagne la délicieuse peur amoureuse, au contact de la soie d’une autre peau. Il se souvient avec dédain du très martial et vexant « rentrez l’ventre » au profit du  couillon ridicule « bombez l’torse ». Il a survécu à la rage née de l’injustice et de l’humiliation. Il a parfois cédé à la trouille, trahissant l’odeur animale, dans l’absurdité de la violence. Plus tard, il a finit par péter un bouton. Et s’est-il effacé sous une chemise qui blouse, gommant avec tact des contours devenus trop bonhommes ? Je l’imagine couvert sous les miettes de pain, qui neigeait à la manière de copeaux de bois, dans un atelier de Gépéto, et qui tombaient à chaque tour du geste auguste d’un patriarche qui tranche des larges tartines, et puis ... Le voilà qui subit l’opération, celle qui l’a amené dans la chambre d’en face, en langage codé, opération occlusion, la grande lutte, la salle affaire, la der des der, la vie qui tremble, et qui respire et qui respire encore. Je la vois, la main qui passe doucement, sur ce corps meurtri par trop de luttes et de douleurs, la main qui caresse lentement ce ventre réclamant délivrance. La main rappelle peut être son premier jour,  une nouvelle naissance, un monde à venir. La main  accompagne, rassure. La main parle, c’est sur. L’infirmière est là souvent , au début de la vie parmi les premières et, à la fin généralement, pour retarder celui qui nous attend, le passeur qui nous glissera dans sa barque, vers l’autre rive, gondolier masqué qui va de je ne sais quel monde à la vie et de la vie à je ne sais quel monde.

 

 

 

 

             

 

par Philippe Maréchal publié dans : lemondedephilippe
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Mercredi 10 janvier 2007
"MADÂME, LE FILM"

ENFIN AU CINEMA !

Après le film interdit en 2005, le livre à succès en 2006, voici enfin le vrai film !
Une enquête difficile sur la Monarchie Républicaine  à la Française

TOUS LES SOIRS à 20H00

A PARTIR DU 10 JANVIER 2007, ET PENDANT 6 SEMAINES
AU CINEMA L'ENTREPOT (réduction pour les chômeurs)
7 rue Françis de Pressens 75014 Paris 01 45 40 60 70 (Métro Pernety, ligne 13)


Madâme 1, 2 et 3, une sainte trilogie. Certains pourront y voir une obsession dérisoire pour l'épouse d'un président en fin de règne. En fait, Madâme est utile, voire nécessaire, car elle nous dit l'essentiel : dans le système de monarchie républicaine qui est le notre, le tabou premier c'est la Reine. A nous de choisir, se comporter en sujets ou en citoyens. Le couple Chirac passera mais les pouvoirs attribués au président et à sa femme (ou son homme) par notre cinquième République demeureront les mêmes.
John Paul

Plus d'infos et des bandes annonces sur: johnpaullepers.blogs.com
par Philippe Maréchal publié dans : lemondedephilippe
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Mercredi 10 janvier 2007

Il y a comme de la température dans l’air. J’ai mis mon thermomètre, à l’abri,  bien au fond de ma vallée et, hop là, j’en retire 16 degrés centigrades un 9 janvier. C’est-y du réchauffement ou bien d’la douceur. Foi de Paul Emile, à l’heure de l’apéro, les glaçons des pôles fondent. Etrange Climat, tout aussi bizarre cher cousin que le gars Lepen qui prétend être de centre droit, à cela une seule explication, l’échiquier politique fond aussi. Si tout le monde roulait en 4X4, il finirait à l’extrême gauche. A ce compte là, une solution trouvée en faveur des SDF, en moins de trois semaines signifierait que les cœurs des décideurs,  d’habitude gelés à pierre fendre, en auraient pris pour leurs centigrades. Il y a de la sueur dans l’air et dessous les bras. C’est palpable, Y’a une tension bipolaire, une différence de potentiel entre les candidats. Moi j’dis que  ça sentirait les élections que Coluche appelait pestilentielles. C’est curieux cette température. Fait trop chaud, même pour moi, j’en ai un pet au bulbe. Je vois des westerns spaghetti. Les visages des candidats laissent perler l’angoisse. L’œil plissé, tour à tour face au soleil et marchant dans un grand cercle tracé sur le sol par leurs pas comptés et prudents, ils nous montrent leurs trognes et exhibent leur quincaillerie. Dans le saloon, Debré, un bourbon à la main et le sourire en coin, écoute, appuyé  au piano Hollande jouer un air de bastringue comme si de rien n’était. Dehors, L’harmonica d’Hulot traîne son blues. Sarko qui s’énerve plus il reste calme, veut absolument sortir de son cache poussière. Sego s’épanouit en Chiwawa Pearl pleine de bravitude. Bayrou se la joue en O’timins ou en O’hara. Pire, Voynet reine du boulgour et verte de rage jalouse Buffet avec un sandwich de type Sncf. Dans un autre plan Besancenot cisaille le télégraphe et Bové lisse ses moustaches en crevant les pneus d’un vélo. On entend une mouche voler quand un borgne apparaît. Assis sur un cercueil, Jacques fait péter la bière.  Sur un corbillard, Villepin et Juppé attendent, fringués en noir, Yen a un qui est peigné en arrière et qui se moque de la perruque en peau de fesse de l’autre qui sourit pas. Quand le borgne cligne de l’œil à son tour parce qu’au soleil, c’est le signal, tout le monde dégaine… Moi je dis tout simplement qu’il fait chaud, faut pas m’en vouloir. Et puis y’ a un train dans ma cuisine qu’arrête pas de siffler et de souffler et qui me dit : «  t’en veux ? »     

 

 

 

par Philippe Maréchal publié dans : Fleurs de Coucourges
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Lundi 8 janvier 2007
 

Quoique j’aie pu en dire, le plus délicat dans un tour, c’est le retour. J’ai toujours aimé partir, sans jamais penser qu’il faudrait bien revenir. Tout comme la grosse boule sur laquelle je déambule, je repasse par les mêmes points. Solstices, équinoxes et autres lieus anonymes jalonnent le passage obligé. Je ne suis jamais qu’une petite bestiole, à la course erratique, tentant d’échapper à mon point fixe, le quotidien d’un p’tit bonhomme mesurant 1630 millimètres. Partir, c’est crever un pneu dit on, alors revenir est ce pour autant le regonfler ? Quinze jours à peine ont glissé dans l’ombre et avec les bras qui se rallongent on m’a collé une paire de lunettes. Avec une analyse toute bête, j’en suis à me tartiner une biscotte tristou avec un enduit ravaleur d’artères. Bonne année. C’est çà, bonne année. Qui n’a jamais pensé à la validité d’une telle injonction, au détour d’un bisou empreint d’une émotion couperosée, alors qu’épinglé déjà par ailleurs et en maints endroits du système digestif par un con de virus qui pose cette question essentielle, à l’heureux récipiendaire, m’agenouille ou bien m’assois-je ? Me revoilà c’est tout, avec intacte, l’envie de gueuler, et de la secouer cette année et jusqu’à la p’tite goutte. J’y mettrai tous les grains de sable que j’ai ramassé sur les plages du nord et de l’ouest, dans le fol espoir qu’elle déraille, qu’elle quitte et dévie des ornières bipolaires et franchouillardes. A demain, au plaisir retrouvé d’écrire au quotidien.  

 

 

par Philippe Maréchal publié dans : lemondedephilippe
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Mardi 2 janvier 2007

 Temps à grains au pays malouin, la première journée de l'année est déjà passée. Me voici à l'exercice des voeux, santé, amour, prospérité et tout et tout. Et la santé surtout, répétait inlassablement ce midi, le petit pépère à casquette qui sétait invité chez mes amis, le ballon de rouge assorti aux joues, elles mêmes complices des yeux perdus dans le breuvage. Moi aussi je vous la souhaite, pleine de rebondissements, d'inattendu, pleine de vie quoi, avec de vraies bonnes surprises. Hier on s'est couché au petit matin sur des considérations politiques du coup j'en ai rêvé: Il s'est arrêté tout net. Devant la salle surchauffée et tout à coup stupéfaite, les yeux embrouillés, il a d'abord balbutié, presque sanglotant. Tout à l'heure encore,  tribun arrogant et survolté, il survolait la salle et ses paroles promettaient tout et son contraire pour le salut de la nation qui lui serait reconnaissante et voilà qu'un éclair de lucidité l'a transpercé et voilà qu'il se débranche de la machine à dire des conneries et qu'il annonce son retrait à la candidature suprême et qu'il ira à la pêche, s'occuper des siens et puis aussi il dit combien il regrette tous ses propos malheureux et incendiaires, combien il se sent impuissant à comprendre et soulager la misère des plus pauvres, combien il regrette d'avoir été si intraitable avec celui ou celle qui frappait à notre porte, combien il s'en veut de s'être mépris de la sorte, expliquant cette fois ci avec éloquence et sincérité les méandres du pouvoir, les collusions d'intérêt, la comédie dramatique des affaires du monde des affaires du monde..., les apparences, les intrigues, les ambitions et voilà basta ciao kenavo...Comme je disais c'était un espèce de rêve un p'tit matin de 1er janvier.

A part celà, en déplacement je n'ai pas beaucoup prêté attention aux infos, mais il ne m'a pas échappé qu'on avait exécuté un dictateur. Je n'ai aucune sympathie pour lui et au regard de ce qu'il a fait endurer à son peuple, on ne peut pas vraiment le regretter. Mais là encore dans cette tragédie qui bouleverse l'Irak, quel besoin avait on d'ajouter de la mort à la mort, justifiant de fait, la loi du plus fort, celle là même qu'il appliquait à ses opposants. Peut être certains, étaient ils soulagés de se débarrasser d'un valet du passé trop emcombrant à présent, et peut être eût il été fâcheux qu'il pût s'expliquer davantage dans des procès à venir.

Bon je vous la souhaite quand même, avec bien du bonheur au printemps...  

par Philippe Maréchal publié dans : lemondedephilippe
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