Informez vous et faites passer
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
C’est la fin.... Enfin c’est le titre. Fallait bien en trouver un. J’en avais au moins dix et c’est le votre qui sera le bon. J’aurais pu en imaginer un autre, à la une, illustrant l’apitoiement du sens commun sur la fin d’un monde, un monde parmi d’autres, comme il se doit à la campagne, ennuyeux comme un dimanche et à la manière de. Mais ici, c’est d’un morceau, d'un point de vue dont il s’agit. C’est un moment d’observation sur la transformation plus ou moins lente mais inexorable de la vie dans un petit coin de France qui n’est qu’un petit coin du Monde, comme un papier qu'on déplie, comme une page arrachée d'un livre sur Deleuze et qui se perd de plis en plis sur l'infini. Un papier sur l’adaptation des hommes et des femmes qui résulte d'un regard jeté aux changements c'est-à-dire à la vie qui passe comme égrenée au fil du balancement de l’horloge chez L. et F. Sans doute peut on y voir les prémices du début de la fin, le début de la fin d’une ère, celle qui sied à nos bons sentiments ou bien qui réveille en nous cette méfiance face au syndrome du Grand Complot ou encore qui traduit simplement la concomitance d’une nécessaire adaptation aux normes environnementales à la boulimie de l’économie qui ne vit que par elle-même et pour elle-même.
Malgré tout, ce n'est qu'une histoire, cette histoire de radio que j’aurais voulu faire et que j’ai faite en images à mesure que je me suis mis à regarder dans toute sa largeur jusque dans ce qu’on appelle les « blancs » cet immense espace radiophonique, le silence intersidéral redouté des sentinelles à l’ombre des lumières rouges. J’ai scruté cet autre monde qui nait d’un visage sans paroles et qui montre la voie vers d’autres mystères, d’autres questions à la manière de, et pour le coup de celles qu’on se pose à la fin d’un livre, ou d’un film. J’ai toujours rêvé de rentrer dans un poste de radio ou dans le mécanisme d’une caméra, c’est là ma seule prétention passer du rêve à la pratique. J’aurais voulu être un artiste, radiophonique.
1984, ce n’était
pas le monde d’Orwell, pas plus que la ferme des animaux ou la fête à neuneu Big Brother. 1984 un mec sans allure et en slip s’en allait aspiré dans la tour au bout d’une corde et remontait de
plusieurs mètres et autant de fois que le balancier de la grosse cloche l’exigeait dans son inertie qu’il alimentait par ailleurs et dans l’allégresse du saint christain si peu orthodoxe s’il en
fût car il s’agissait pour lui de fêter à toutes volées et à 5 heures du matin la naissance de sa fille en l’abbaye de Bonnecombe... Etonnant non ? Bon anniversaire Mathilde, ma fille, mon
bonheur...
J’ai
beau dire et qu’en faire. Rien à y faire je ne peux pas lutter. Ce matin l’odeur du feu de bois et la fraicheur mêlée sont venues flatter ma mémoire. Ajouter ce reportage sur France Q à Plouha et
l’évocation d’une petite vieille au visage bien lisse et ronde sous sa coiffe et j’ai vécu instantanément ces moments passés, gamin au lavoir. Les vieilles, les dernières lavandières, les mains
plongées dans les cuves du lavoir où s’épanouissaient en nuages les volutes bleues du savon. Le tournis du bonheur à l’évocation de l’odeur du feu sous les culs noircis des
marmites d’eau bouillantes. Les « man goz » noyées dans de beaux draps épais et qui m’engueulaient lorsque je trempais mon bateau dans l’un des bassins. Je ne vais pas ajouter à
l’indécence et pleurer ces temps où surement ces femmes auraient eu mieux à faire que la lessive au grand air, juste à l’abri du haut vent d’un lavoir avec la chaleur des
braises aux reins. Non c’est juste une odeur, un parfum, celui du temps qui freine en une gerbe d'étincelles et qui m’interpelle, que devient le temps qui n’est plus, comme la spirale du savon
qui devient nuage dans l’eau, que deviennent les conversations en breton dans ce coin du lavoir de Sainte Barbe à Kerhuon, que signifient ces larmes intérieures à l’évocation des chevaux de la
mer, et ce graffitis au charbon de bois sur un mur bien avant l’ère des graffs « mob bihan aux pêcheurs ». Bretagne tu me manques.
C'est l'histoire d'un photographe qui sur sa tombe
avait exigé comme épitaphe: "ne bougez plus..."
Y me manque mon copain, mon pote, mon poteau, cette andouille qui m‘fait rire quand j’ai le tracassin, ce crétin qui m’emmerde quand il voit mieux que moi ce qui dans ma tronche me remuât
jusqu’au foie.
Putain d’organe que celui là, paysan maritime, un tube emmanché sur un cœur gros comme çà et bien qu’il jure qu’il ne boira plus parce qu’on est au matin, l’esprit chagrin se métamorphose sur les couilles de 18 heures au premier apéro ou bien ou bien quoi ? « On boit un coup ou on s’encule ? Et ben on boit un coup...c’est qu’il est persuasif mon copain, mon pote, mon poteau, cette andouille qui m’fait rire quand j’ai le tracassin, putain t’es où ? au fond de l’aber, sur un spot, à la marée ou bien...Bande de moules qu’il gueulait quand on entrait dans les rads, qu’ils soient galliciens, irlandais ou de Dieppe et tous étaient surpris ou bien rigolaient de sa tronche burinée et sa voix de vieux phoque renfrogné, égal à lui-même, la nuit sur l’eau à l’aise comme au bistrot, y me manque mon copain, mon pote, mon poteau, c’est juste qu’avec lui c’est un monde qui m’revient, quelques nœuds bien posés, un manœuvre réussie, trois mots en breton, et je suis à nouveau « un imbécile né quelque part »...Tatane tu fais chier je voudrais qu’on aille à la pêche, ici le sanglier m’emmerde et les champignons me moisissent.




Je suis resté allongé dans ce
lit, au grenier, comme tapit dans une embarcation, dans un mouillage pris à l’abri des roches d’une crique imaginaire.
J’ai rallumé. J’ai fixé les voliges de châtaigniers au dessus de moi. D’anciennes tâches dues au tanin qui a resurgit par une humidité ancienne, dessinaient des figures, des trognes, des dessins, des allégories ou bien des signes chamaniques. C’est un peu comme regarder l’empreinte des croutes tombées d’un vieil enduit sur un mur bosselé et y découvrir des regards de personnages fantastiques aux regards figés, en attendant la fin des temps et que cesse le sortilège qui les emmure. Je les regardais jusqu’à m’imaginer les voir bouger. J’ai attendu que passe le coup de vent. Oublieux d’être à l’abri, obsédé de me savoir seul, forcé d’attendre des jours meilleurs. J’ai serré les dents. J’ai essayé de concevoir que le ciel fût bleu au dessus de la tourmente. Mais c’est un exercice impossible, il n’y a pas de ciel bleu dans la nuit. J’ai éteint à nouveau.
Comment nourrir et veiller l’insignifiance d’un si petit espoir blottit au creux de la tempête. J’ai attendu. J’ai attendu encore comme on prête l’oreille à l’appel de son nom. J’ai retenu mon souffle pour mieux entendre, illusoire attention à cet instant, et à ceux qui les ont précédés, parce que perdu au bout du monde, parce que les miracles n’existent que pour ceux qui les inventent ou peut être que pour ceux qui les vivent. Dans la fonte des heures, j’ai attendu, comme un veilleur attendrait la relève de son ombre. Personne n’a appelé.
Exister dans ce cas, c’est abreuver des secondes à venir, l’angoisse qui puise dans la mélancolie, née des errements du passé. C’est songer au temps qui passe et ressasser tous les fourvoiements qui ont amené jusqu’ici, le navigateur conscient de la dérive qu’à Dieu plaise, il en eut joué, pour échouer sur une île aussi belle qu’inhospitalière. Vomir la madeleine de Proust, et regretter la pomme croquée par innocence. Recracher le meilleur et garder l’amertume.
S’en est suivi de cette longue attente, une intention déguisée en une sorte de méditation. J’ai fini par le lâcher le fil du vent et je me suis endormi dans une molle, oubliant sa colère. Je me suis assoupi aux cotés d’un ennemi, si fort qu’il m’a annihilé toute velléité de résistance. Des mauvais rêves éveillés, je suis passé au sommeil.
Philippe Maréchal mai 2009
Dans 50 jours les élections
européennes, vu l’engouement et l’hymne à la joie que cela suscite, je le sens bien, je propose le cours suivant :
Le rayon métacentrique longitudinal :
Le rayon métacentrique longitudinal est fonction de l’inertie longitudinale et du volume de la carène. L’inertie longitudinale est fonction de la surface de flottaison formée par la carène :
Ll= (Lf3 X Lf ) / 12, ceci d’après mon copain Marcel Oliver qui dit aussi « le moment piquant est aussi équilibré par le moment de redressement longitudinal dû au déplacement du centre de carène vers l’avant... »
Bon alors on va aller voter maintenant ou j’en remets une couche, je sais pas moi euh si on parlait de « la notion de résine polyester thermodurcissable... »
fleurs et tomates