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Le temps qui passe

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Tout comme ici André, avec ses chroniques, Karine revient de temps en temps, avec ses contes dans la gueule ou ses histoires  insolentes, ou ses nouvelles qui baffent, enfin  elle revient, et c'est çà qu'est bien, et c'est mieux quand c'est bien...


...Le dentier dort dans le verre. Le vin rouge pétille de bulles endormies. La télévision hurle et le pape apparaît, rouge. La madone surveille le lit coupable et la machine à coudre veille, trépigne d’une impatience métallique. Le marbre du sol aveugle le visiteur égaré qui glisse. Des magazines racontent la vie des autres aveugles du pays. Le téléphone sonne deux fois par semaine comme une giclure d’huile. Un calendrier se cherche quasi vide, deux rendez-vous chez le médecin. La camomille du soir, espoir de rencontrer Dr. Dieu en présence. Des draps à peine froissés bordent le grand lit. Une balançoire en porcelaine, une femme en drapé est assise dessus en guise d’héritage non désiré. Les vitrines de verre gardent ce qu’il ne faut pas utiliser mais montrer. Un clochard et son chien essaient de se réchauffer autour d’un feu, il neige dans ce Milan d’après-guerre. Des stocks de provision sommeillent, en cas de guerre. Du nougat tendre respire la fleur d’oranger, l’hostie du dessus a sommeillé dans le carton d’emballage. Un balai frénétique ramasse les miettes. La musique du clocher signale une mort de plus. La friandise n’a rien d’attendrie, elle est dure comme la pierre. Une musique de craquements, le dentier est ébréché dans le verre.

Tous les matins la vieille femme se saisit de l’épave, la passe sous l’eau à grand jet, la brosse frénétiquement, pour en extirper les dépôts, les algues de la nuit. Le bas du visage affaissé, elle enduit le bout de plastique d’une pâte rose. Elle l’appuie d’un geste sec dans sa bouche orpheline, la tête légèrement renversée.

 

Karine Bergami

C'est pas tous les jours que j'offre une tribune à un président....

15 juin 2008
>Lettre ouverte d’Evo Morales, président de la Bolivie, à propos de la
>"directive retour" de l’Union Européenne
>MORALES Evo
>
>
>Jusqu’à la fin de la seconde guerre mondial, l’Europe fut un continent
>d’émigrants. Des dizaines de millions d’européens partirent aux
>Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises
>financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la
>persécution des minorités ethniques. Aujourd’hui, je suis avec
>préoccupation le processus de la dite « directive retour ». Le texte,
>validé le 5 juin dernier par les ministres de l’intérieur des 27 pays
>de l’Union Européenne, doit être voté le 18 juin au Parlement
>Européen. Je sens que se durcissent de manière drastique les
>conditions de détention et d’expulsion des migrants sans papier,
>quelle que soient leur temps de permanence dans les pays européens,
>leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et
>leurs efforts d’intégration.
>
>Les européens arrivèrent massivement en Amérique Latine et aux États-
>Unis, sans visas ni conditions imposées par les autorités. Ils furent
>toujours bienvenus et continuent de l’être dans nos pays du continent
>américain, qui alors absorbèrent la misère économique européenne et
>ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent pour exploiter
>les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé
>pour les populations indigènes d’Amérique. Comme c’est le cas de notre
>Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines d’argent qui ont
>apporté la masse monétaire au continent européen du XVIème au XIXème
>siècle. Les personnes, les biens et les droits des migrants européens
>furent toujours respectés.
>
>Aujourd’hui, l’Union Européenne est la destination principale des
>migrants du monde, conséquence de son image positive d’espace de
>prospérité et de libertés publiques. L’immense majorité des migrants
>va a l’UE pour contribuer à cette prospérité, et non pour en profiter.
>Ils occupent des postes dans les travaux publics, la construction, les
>services aux personnes et les hôpitaux, postes que ne peuvent ou ne
>veulent pas occuper les européens. Ils contribuent au dynamisme
>démographique du continent européen, à maintenir la relation entre
>actifs et inactifs que rendent possible vos généreux systèmes de
>sécurité sociale et ils dynamisent le marché interne et la cohésion
>sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes
>démographiques et financiers de l’UE.
>
>Pour nous, nos migrants représentent l’aide au développement que les
>européens ne nous donnent pas –en effet, peu de pays atteignent
>réellement l’objectif minimum de 0.7 % de leur PIB pour l’aide au
>développement. L’Amérique Latine a reçu, en 2006, 68 000 millions de
>dollars de transferts de fonds, soit plus que le total des
>investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ils
>atteignent 300 000 millions de dollars, dépassant les 104 000 millions
>accordés pour l’aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie,
>reçoit plus de 10% du PIB en transferts (1 100 millions de dollars) ou
>un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.
>
>Cela signifie que les flux migratoires sont bénéfiques autant pour les
>Européens que pour nous autres du Tiers Monde, bien que de manière
>marginale puisque nous perdons également des contingents de main
>d’œuvre qualifiés qui se comptent par millions, et pour lesquels,
>d’une manière ou d’une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi
>des ressources humaines et financières.
>
>Lamentablement, le projet de « directive retour » complique
>terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou
>groupe d’États peut définir ses politiques migratoires en toute
>souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des
>personnes soient niés à nos compatriotes et frères latino-américains.
>La « directive retour » prévoit la possibilité d’un emprisonnement des
>migrants sans papier allant jusqu’à 18 mois avant leur expulsion – ou
>« éloignement », selon les termes de la directive. 18 mois ! Sans
>jugement ni justice ! Tel qu’il est aujourd’hui, le projet de texte de
>la directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8, et 9 de
>la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. En
>particulier l’article 13 de la Déclaration annonce :
>
> « 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de
>choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.
>
> 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le
>sien, et de revenir dans son pays. »
>
>Et, le pire de tout, il existe la possibilité d’emprisonner des mères
>de familles et des mineurs, sans tenir compte de leur situation
>familiale ou scolaire, dans des centres d’internement où nous savons
>que les dépressions, les grèves de la faim et les suicides existent.
>Comment peut-on accepter sans réagir que soient concentrés dans des
>camps des compatriotes et frères latino-américains sans papier qui,
>pour une immense majorité ont passé des années à travailler et à
>s’intégrer ? De quel côté est aujourd’hui le devoir d’ingérence
>humanitaire ? Où est la « liberté de circuler », la protection contre
>l’emprisonnement arbitraire ?
>
>Parallèlement, l’Union Européenne essaie de convaincre la Communauté
>Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Equateur et Pérou) de signer un
>« Accord d’Association » qui comprend en troisième pilier, un Traité
>de Libre Commerce, de la même nature et contenu que ceux qu’imposent
>les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la part de la
>Commission Européenne pour accepter des conditions de profonde
>libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété
>intellectuelle ou nos services publiques. De plus, au nom de la
>protection juridique, nous subissons des pressions à propos des
>processus de nationalisation de l’eau, du gaz et des
>télécommunications réalisés à l’occasion de la Journée Internationale
>des Travailleurs (1er mai - NDT). Je demande, dans ce cas, où est la «
>sécurité juridique » pour nos femmes, adolescents, enfants et
>travailleurs qui cherchent de meilleurs horizons en Europe ?
>
>Promouvoir la libre circulation de marchandises et des finances, alors
>qu’en face nous assistons à l’emprisonnement sans procès pour nos
>frères qui essaient de circuler librement, c’est nier les fondements
>de la liberté et des droits démocratiques.
>
>Dans ces conditions, si cette « directive retour » est approuvée, nous
>serions dans l’impossibilité éthique d’approfondir les négociations
>avec l’Union Européenne et nous nous réservons le droit de mettre en
>place pour les citoyens européens les mêmes obligations de visa
>imposées au Boliviens depuis le 1er avril 2007, selon le principe de
>réciprocité diplomatique. Nous ne l’avons pas exercé jusqu’à ce jour,
>justement dans l’espoir de voir de bon signaux de la part de l’UE.
>
>Le monde, ses continents, ses océans et ses pôles, vivent
>d’importantes difficultés globales : le réchauffement climatique, la
>pollution, la disparition lente mais certaine des ressources
>énergétiques et de la biodiversité tandis qu’augmentent la faim et la
>pauvreté dans les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants,
>qu’ils soient avec ou sans papier, les boucs émissaires de ces
>problèmes globaux, n’est pas une solution. Cela ne correspond à aucune
>réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l’Europe ne
>sont pas la faute des migrants, mais le résultat du modèle de
>développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre
>les sociétés des hommes.
>
>Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent, de
>régions du monde telles que le Maghreb, de l’Asie et des pays
>d’Afrique, je lance un appel à la conscience des liders et des députés
>européens, des peuples, citoyens et activistes d’Europe, pour que le
>texte de la « directive retour » ne soit pas approuvé.
>
>Telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est une directive de la
>honte. J’appelle également l’Union Européenne à élaborer, dans les
>mois prochains, une politique migratoire respectueuse des droits
>humains qui permette de maintenir ce dynamisme profitable à nos deux
>continents et qui répare une fois pour toute la terrible dette
>historique, économique et écologique qu’ont les pays d’Europe envers
>une grande partie du Tiers Monde, qui referme une fois pour toute les
>veines toujours ouvertes de l’Amérique Latine. Vous ne pouvez rater
>aujourd’hui vos « politiques d’intégration » comme vous avez échoué
>avec votre prétendue « mission civilisatrice » du temps des colonies.
>
>Recevez, chers tous, autorités, euro parlementaires, camarades, un
>fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier, notre solidarité
>envers tous les « clandestins ».
>
>Evo Morales Ayma
>Président de la République de Bolivie
>
>Traduction : Perrine Escoriguel
>
>Cette lettre du président Evo Morales est traduite dans de nombreuses
>langues par les traducteurs de Tlaxcala.
>
Extrait du spectacle pour enfants (notre devenir) / Hector l'avis du vers à soie... visible du 9 au 13 juin à la Cacharde (o7)

Ecriture en noire : La Magnanarelle
Ecriture en bleue: Hector

Il y a très longtemps, Hector vivait dans les arbres,
Heureux d'être là avec toutes les autres chenilles
qui dégustaient ensemble de belles feuilles de mûriers.
Elles s'enroulaient d'un fil très doux en forme de cococon tout rond!
Chacune faisait le sien à la longueur de son tempéremnt.
Une fois fini, elles étaients libres de s'endormir
pour attendre... attendre le jour de l'envol,
celui où elles allaient vers le soleil en découvrant l'air et le ciel!
Mais l'homme s'intéresse à elles
ou plutôt à ce qu'elles produisent: la Soie.
Depuis ce jour, il les met dans de grandes pièces,
enfermées à l'abri des prédateurs, les oiseaux etles guêpes et les force à travailler pour lui.
En échange, il "éduque" comme il dit, et cueille sa
nourriture tous les jours pendant le temps nécéssaire.

L'homme en veut toujours plus
un fil toujours plus long, plus résistant,... plus... et encore plus... et plus!
Il décide alors que certains peuvent le faire et d'autres pas;                                                       
il invente la sélection l'homme!                                                                                                      

Ainsitous ceux qui ne faisaient pas de bons fiols furent éliminés;                                                                        

les plus travailleurs sont restés...

L'homme continue d'en vouloir toujour plus.
Pas assez de cocons, il invente alors les fils fabriqués avec du pétrole puis des déchets comme les bouteilles plastiques!

Mais le fils de chimie n'est pas aussi doux que notre soie,
l'homme qui sait tout, ne sais pas faire notre fil magique!
l'homme qui sait tout ne sait pas que si nous avons du mal aujourd'huià faire nos cocons, c'est que beaucoup d'entre nous souffrent des pesticides,
PESTICIDES! ouvre le grand livre Magnanarelle!

Pesticides: débroussaillant, fongicide, herbicide, insecticide; détruit les organismes vivants.
L'homme pesticide tout!
mes feuilles de mûrier!
il pesticide aussi ses salades
ses pommes
ses tomates
et ses fraises
ses maisons
son chien
ses enfants

Stop les hommes!!! ............
_________________________________________________
Gestuellement vôtre,
P.Keller de Schleitheim
www.creamime.com
J'ai reçu ce texte écrit par Patrice Keller de Schleitheim, témoin de l'expulsion de la famille Moussa, 
(d'où le reportage que j'ai proposé à Valleraugue samedi dernier)..
                         



undefined Adieu mon ami !
 
Nous étions tous au rendez-vous,
ce 3 Janvier 2008, gris, froid et pluvieux dans l'âme
pour être là, pour soutenir, encourager,
aider desespérement
avec le coeur et les larmes,
il ne nous rester plus que cela,
le coeur et les larmes.
La voiture arrive,la famille Moussa dedans,
Mohamed vient vers nous le premier
avec un sourire...
un beau sourire comme il sait les faire,
un sourire franc et honnête.
Je suis devant lui,
nos bras s'ouvrent,
nous nous serrons fort,
très fort,
Je sens ses larmes couler dans mon cou,
Je le garde contre moi,
pour le protéger,
pour conserver sa dignité d'homme qui pleure,
sa dignité de père.
Je le garde longtemps, longtemps.
Je lui glisse à l'oreille, doucement:
Mohamed ! N'y va pas, ne rentre pas dans le commissariat !
Tu peux encore dire non !
Il me dit toujours contre moi:
« J'ai des enfants Patrice, j'ai des enfants, c'est pour eux »
Nous nous serrons encore,
jusqu'à se faire mal dans la poitrine
Mohamed, réfléchi c'est possible de faire autrement!
« Je peux pas, j'ai donné ma parole à l'inspecteur »
 
Il faut dire que Mohamed fait partie de cette race d'homme
qui nous fait bien défaut en France !
Un homme qui ne reprend jamais la parole donnée.
Un homme intègre, irréprochable, respectueux de la Loi et des autres
incarnant à lui tout seul toutes les valeurs républicaines !
Mais ça, c'était pas écrit sur les papiers qu'ils n'avait pas...
C'était juste gravé dans son coeur et dans l'estime de la France !
 
On lui donne sa fille de 15 mois dans les bras,
Il reprend son sourire,
ce n'était pas le même,
ce sourire là était        abimé...
 
Mais il sourit,
pour nous,
pour nous faire du bien,
pour qu'on ait moins mal.
 
Les inspecteurs arrivent.
Ils sont très polis,
trop polis,
la proie est facile,
le piège se referme.
 
Nous saurons le lendemain,
que la souricière a éte échaffaudée
avec un savant mélange d'amabilité obséquieuse
et de cruauté.
Elle était parfaite !
Quelle police talentueuse !
Négocier en échange d'un non-menotage et d'une non-séparation des enfants... l'acceptation « volontaire » d'une garde à vue puis l'assentiment de l'enferment, et obtenir le départ précipité, le lendemain à 6h sans attendre sous 72h la décision du tribunal administratif !
C'est fort non ?
Un pur raffinement de cruauté !
 
Il part, en direction du commissariat,
« volontairement » donc...
Portant son bébé et sa valise dans l'autre main,
Que peut il y avoir dans sa valise,
Un rêve brisé ?
Puis sa femme le suit avec ses deux autres enfants.
Volà c'est tout simple,
Ils ne sont plus là,
déjà le sourire de Mohamed me manque,
je le chercherai encore longtemps
dans les rues de Privas.
 
 
        P, Keller de Schleitheim                                         Vendredi 04 Janvier 2008
Mes excuses à Karine Bergami, auteur du texte que j'ai mis en page aujourd'hui, "Moignons". Plus de mains... j'avais oublié sa signature.....

Philippe

fleurs et tomates

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