Informez vous et faites passer
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Unedic, deux milliards et demi de « dégagés », plus d’un chômeur sur deux de « dégagé » également des indemnisations. A l’occasion, si l’on sait que la notion de précarité, s’accentue bien sûr, par la nature des contrats de travail, dont la durée est limitée on voit bien aussi que, la perversité du système plonge ceux là mêmes qui doivent se contenter du minimum à passer à coté de toute indemnité, puisque souvent leurs petits contrats ne
permettent pas de justifier une période d’activité assez longue pour être couvert par une indemnisation chômage. Moralité, plus t’en chies plus t’en chieras, moins t’en as, moins t’en auras. Tout comme le RMI, qui, si la personne déclare un « petit boulot » sera amputé le ou les mois d’après, selon la somme gagnée, d’une partie ou de sa totalité. Comme généralement le RMIste n’est pas économe par manque…d’habitude et… d’économies, l’argent qu’il a subitement gagné dans la grande mansuétude d’un hasard par définition capricieux, il l'aura dépensé, l'inconscient, trop gâté va , et ben voilà, il se trouvera donc sans économies et quelque temps sans RMI, ce qui fait Zéro + Zéro= un peu la merde…. Non mon gars pauvre, c'est aussi un métier, faut être sérieux...
A la suite de « Danger Travail », Pierre Carle présente aussi à partir du 07 mars : « Volem rien Foutre al Pais », temps qu’à faire sans, autant le faire le mieux possible….
CHANSON D'AUTOMNE
par Paul Verlaine
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure.
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
ce matin j'ai retrouvé ce poème, me prommenant sur...internet, et me revint cette absolue necessité d'entendre la musique, de revivre les mots, boire mot à mot le chant des âmes, puiser au fond la force, retrouver la source, la nourriture de toute réflexion, l'esprit de résistance, résistance, résistance, résistance, à bander les coeurs, jusqu'à ce qu'en crachent un poil d'intelligence, ou juste d'amour de la vie.
J'étais désolé hier d'entendre dans mon poste inter, ce projet qui consistait à employer dans le cadre d'un plan de formation réinsertion, des détenus et des chomeurs de longue durée à ...la construction d'une nouvelle prison à Nancy. Bien sûr, je ne conteste pas qu'il vaut mieux passer ses journées à apprendre un travail que de pourrir en cellule ou dans une vie sans ressources pour un chomeur, mais là mon désespoir tient dans ce choix, unir ceux là mêmes que la vie conduit trop souvent dans ces lieux de souffrance que sont les prisons, pour leur en faire construire une nouvelle, à fouler les symboles on rebâtit la Bastille, n'y a t-il pas d'autre chantier porteur d'un peu d'espoir et d'avenir, qui donne l'envie? Une crèche, une école...
On dirait un lutin lui aussi. Un vieux bonnet bleu sur le sommet du crâne, des cheveux blancs dépassent et descendent rejoindre la barbe grise. Il est petit, presque malingre. Seules les bottes font costauds. Il vit au fond de la vallée, d’une retraite minimum, accompagné dans ses vieux jours d’une vache et d’une génisse. La vache s’appelle Tistou. Lui manque juste l’air, de peu, pour égayer. L’étable d’un autre âge n’en logerait pas plus. Il habite au bout d’une calade mal pavée, un mas en location. Elle rumine son foin, lui ses souvenirs dans un regard perdu. Il parle très bas, comme pour ne pas déranger. Il grimace un peu trahissant quelque douleur. Il dit qu’il veut changer de république, une 6ème, que çà serait mieux, qu’il n’y a rien de vraiment social et il écoute France Culture, avec une radio étanche, sous la douche. Que ceux qui nous gouvernent se moquent bien de nous et de lui en particulier. Qu’il est trop loin, trop petit, trop à coté, enfin surtout qu’il n’est pas assez. En tout cas, il est là. Sans lui, pour moi, le monde y perdrait. Un petit homme muni d’une vache et d’une radio étanche, c’est peut être une sorte de héros, un résistant, qui attend le grand jour, le jour K, comme débarkement d’idées nouvelles, où parler politique sera aussi parler d’amour.
Comme une bouteille qui s’est ballotée au gré des ondes, au creux des flux, je l’ai reçu en plein cœur, en pleine gueule. Premier voyage d’un passeur sur une rivière de doutes et qui navigue entre des mondes en devenir. Nourrit du seul bonheur, pour t’avoir, Elcia, donné le sentiment d’être proche de mon village. Mes premières images recueillies par l’équipage de la planet telelibre.fr, et des commentaires comme autant de signaux de fumée qui s’affichent de loin en loin de nos montagnes jusqu’à toi. Je vais sortir encore à la rencontre des regards que tu as aimés. Embarquement immédiat, correspondance pour les chênes verts, et les châtaigniers, et les torrents et les visages qui te toucheront j’espère encore. Ils sont si proches, qu’en te penchant, tu peux sentir le parfum du feu de bois qui imprègnent jusqu’aux vêtements, et entendre les accents ici aussi divers qu’il y a eu d’horizons menaçants dans l’histoire et de raisons de croire qu’en ces pays de maquis toute vie s’enracine et s’inscrit à flanc de montagne, accents qui rocaillent, portés par le Rouergue ou le Marin, ou cris jaillissant des pierres qui roulent, près des sources de l’Hérault .
Y’a des petits matins de blues quand on allume son poste et qu’on y entend comme aujourd’hui que bon nombre d’ouvriers seraient prêts à voter à droite, sans parler de ceux qui envisagent plus à droite encore. Dans le genre, je suis un esclave certes, mais si je plébiscite mon maître, il continuera peut être à me nourrir, j’oublie le « peut être », et un poil de réflexion qui, si elle n’est pas sans raison voilée par le comportement d’une gauche dans le passé, peu encline au service des plus démunis, m’amènerait à une légitime inquiétude quant au comportement de l’homme fort de l’UMP. Celui-ci clame déjà son intention d’écorner le droit de grève, et dévoile peu à peu son programme sans détours, pendant les travaux, la démolition continue, profitant de l’aveuglement de ceux là mêmes qui je l’appris ce matin s’apprêteraient à lui accorder leur suffrage. Info, ou intox, raccourci des sondages répétitifs, je ne sais pas. J’entends trop souvent, autour de moi, les mêmes poncifs, style « faudrait remettre de l’ordre », par ceux là mêmes qui auraient à souffrir les premiers des ordres iniques auxquels ils devraient se plier. Aux indispensables cours de français à propos de « l’explication de texte » au collège, ou plus tard, de « philosophie » au lycée, on devrait peut être y adjoindre l’apprentissage de la lecture et l’analyse des images télévisées. J’ai le sentiment que sans aucun doute, « l’étrange lucarne » lobotomise et que « le temps de cerveau disponible » cher à Mr Le Lay n’est plus qu’un vœu pieux du passé tant l’objectif serait largement atteint : Coca, qui vient à bout de n’importe quel petit morceau de chair trempé dans son verre, ne trouverait plus un seul os à ronger sous nos casquettes désabusées…
Fallait s’y attendre, à force. Fallait s’y attendre aussi, à toutes ces inclinaisons et résipiscences, toutes ces contritions, ces soupirs et hommages concupiscents de derrière la soutane, jusque là cachés comme autant d’éloges soulagées de pouvoir se répandre enfin en cascades mielleuses par tant de hauts personnages qui à leur habitude nous fendent l’âme par l’expression compassée s’extirpant d’une bouche plissée comme un anus obséquieux, cachant un cœur si tendre qu’ils l’ont d’autant mieux protégé et quand on en serait même venus à douter qu’il existât.
Hier, un sans domicile fixe, un pauvre encartonné pour la nuit, s’est fait aplatir par une benne à ordures. C’est tout l’effet que me font les discours des puissants et des riches lorsqu’ils évoquent le souvenir de l’abbé Pierre, ils nous cassent les pieds ces casses couilles et nous ensevelissent d’éloges sirupeuses indécentes par ces temps frais qui s’annoncent. Elle nous appartient, l’insurrection des consciences, terme que j’emprunte à Pierre Rabih, et si possible jusqu’à la transmettre en la glissant dans l’urne ce printemps qui vient.
*dans les tontons flingueurs...
Sous la grisaille d’ici bas, où l’on ne distingue guère ce qui est emmerdant de ce qui est ennuyeux et ce qui est con de ce qui ne l’est pas. Chacun, à commencer par moi-même, s’autorise à la manière de Coluche une autorisation. Tant mieux, c’est le privilège d’un pays où l’expression est libre. Mais aussi, c’est ainsi que de grands discours fleurissent, à la manière d’un Pascal navrant et qu’éructe un président de région des propos nauséabonds. L’effet est garanti. La protestation s’ensuit de l’indignation. Tandis qu’à cet instant, d’autres, coutumiers du fait, tentent de séduire par l’affiche, à l’humeur du temps adaptée et en couvrent leurs pets comme le feraient des couvertures sur le lit du racisme et de la flagornerie. Le poison est distillé. Point de complot, s’épanouit juste la banalisation de la méchanceté crasse. Eux qui de leurs exploits dans les Aurès, se contentaient de nous polluer la fête aux fins de repas de famille, c’est à leur propre étonnement satisfait que triomphent aujourd’hui les tontons ordinaires, prenant comme à leur habitudes les crispations de mâchoires pour des sourires gênés en guise d’éloges polis. Mieux vaut regarder cent fois les vrais faux « tontons flingueurs » ou « un singe en hiver » que d’écouter ses sinistres cons, que seul un approprié et triste hommage militaire nous certifie de leur départ.
fleurs et tomates