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Le temps qui passe

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Suite au lundi chagrin, logique, il y a le mardi chafouin. En prévision, ou précaution, je n’ai pas encore écouté des infos ou lu quelques lignes d’un journal. Hier, j’ai eu mon lot. La dernière fut coté politique bien de chez nous, le renfort d’André Gluksman pour Nicolas Sarkozy, encore que cette nouvelle ne soit forcément si mauvaise, ou de nature à réjouir le candidat de l’intérieur tant le visionnaire qu’est le philosophe, a des lunettes épaisses. Je me souviens d’une époque où avec Yves Montand, en pente inverse, il nous mettait en garde à propos d’une disposition qu’il pressentait sur la velléité des chars soviétiques d’envahir nos belles avenues. A part cela, j’en entendis encore à propos des « bourdes » de dame Ségolène. Bien sûr, j’en fus irrité. C’est gênant à la fin, cette capacité à focaliser les rires quand on veut être sérieuse. Mais bon à tout prendre, je préfère les gaffes de la dame qui sait parler à l’oreille des éléphants, à l’inquiétante assurance du ministre de l’intérieur, qui lui écoute dans toutes les oreilles savamment disposées. Un conseil toutefois, si on lui repose la question, combien de sous marins nucléaires : trop, beaucoup trop. La puissance d’un pays moderne ne se mesure pas à sa force de frappe mais à sa capacité de permettre à tous ses citoyens, la possibilité de se réaliser et de s’épanouir à l’abri des affres de la précarité.

 

Militons pour le Bonheur National Brut*.

 

 

*terme que j’ai emprunté à Mathieu Ricard, traducteur en français du Dalaï Lama

 

 

           

 

                   

 

Y’a des petits matins de blues quand on allume son poste et qu’on y entend comme aujourd’hui que bon nombre d’ouvriers seraient prêts à voter à droite, sans parler de ceux qui envisagent plus à droite encore. Dans le genre, je suis un esclave certes, mais si je plébiscite mon maître, il continuera peut être à me nourrir, j’oublie le « peut être », et un poil de réflexion qui, si elle n’est pas sans raison voilée par le comportement d’une gauche dans le passé, peu encline au service des plus démunis, m’amènerait à une légitime inquiétude quant au comportement de l’homme fort de l’UMP. Celui-ci clame déjà son intention d’écorner le droit de grève, et dévoile peu à peu son programme sans détours, pendant les travaux, la démolition continue, profitant de l’aveuglement de ceux là mêmes qui je l’appris ce matin s’apprêteraient à lui accorder leur suffrage. Info, ou intox, raccourci des sondages répétitifs, je ne sais pas. J’entends  trop souvent, autour de moi, les mêmes poncifs, style  «  faudrait remettre de l’ordre », par ceux là mêmes qui auraient à souffrir les premiers des ordres iniques auxquels ils devraient se plier. Aux indispensables cours de français à propos de « l’explication de texte » au collège, ou  plus tard, de « philosophie » au lycée, on devrait peut être y adjoindre l’apprentissage de la lecture et l’analyse des images télévisées. J’ai le sentiment que sans aucun doute, « l’étrange lucarne » lobotomise et que « le temps de cerveau disponible » cher à Mr Le Lay n’est plus qu’un vœu pieux du passé tant l’objectif serait largement atteint : Coca, qui vient à bout de n’importe quel petit morceau de chair trempé dans son verre, ne trouverait plus un seul os à ronger sous nos casquettes désabusées…   

 

 

 

 

 

  

 

 A l’A.N.P.E,  distante d’à peu près trente kilomètres, répondant ainsi à une lettre de convocation. Il faisait beau en ce début d’automne…

 

 Pas de chance, je n’ai pas la voiture. Indisposée, elle est en congé maladie. Cà fait trois jours. Donc je marche et je m’essaierai au stop. J’espère arriver, à l’heure. Ce n’est pas gagné pour être à l’heure. Un mini bus, affecté au transport en commun dans les vallées s’arrête. Il est vide. Peut être qu’à cette heure ci n’est-il pas en service ? La porte s’ouvre. C’est le bonheur. Je monte. Je remercie le chauffeur. Il fait la gueule. Il m’indique sèchement le prix du ticket. C’est moins le bonheur. Je redescends. La porte claque. La camionnette redémarre. Elle poursuit son chemin, toujours aussi vide de passagers.  Comme les tirets blancs au milieu de la route, j’ai le cœur en points de suspensions.  En poète maudit, J’ai la sandale rageuse. Je dégomme toutes les petites caillasses qui provoquent mes pompes. Très  vite je me calme. Je deviens fataliste, parce que çà fait mal. Cette philosophie de circonstance m’entraîne dans une cadence et un balancement propices à l’établissement d’une moyenne honorable. Faut pas que je loupe mon rendez-vous. Il y a longtemps que je n’ai pas eu de rendez vous.  

 

 Commence à faire chaud. Bien sapé au départ et propre sur moi, je finis par être dépenaillé et suant. Cà « pègue » sous le tricot.  Je suis « un porteur de projet », comme ils disent. En attendant, il démarre à pieds mon projet.

 

Il y a longtemps que je ne crois plus aux histoires du mec qui a commencé avec une pomme. Je regarde  autour de moi. Il n’y a que des châtaigniers et des chênes verts, des fruits de pauvres et des glands. Si je vois un chêne à qui il en manque un, je monte dedans. Dans ces conditions, je n’arriverais jamais à voler une pomme. Je suis nul, un chiffre zéro perdu dans les nombres. J’ai trahi l’espoir de mes prolos de parents, devenir un chiffre romain, une tête de chapitre. Est ce qu’on existe vraiment quand on figure dans un concours de statistiques ? Comment se reconnaître parmi ceux qu’on manipule et qu’on agite en termes de bilans. Tout à l’heure, je sais que je vais bafouiller devant ce monsieur. Que tous les deux, de part et d’autre du bureau, nos regards ne se croiseront même pas, accaparés par l’écran de l’ordinateur vers qui les regards « convergent et que je ressortirai comme je suis rentré, à pieds.

 

-Voulez vous que je vous inscrive au stage ordinateur, qui vous permettra d’être à l’aise pour consulter le site de L’ANPE ?

 

- non, non...

 

-Je note : ne, veux, pas, s’insrire, au…

 

- ?

 

A mesure que se précisait le regard inquisiteur d’un représentant de la marée chaussée, ci devant toi, arque bouté comme un colonel de Maupassant, la vie te semblait à cet instant aussi ridicule qu’étroite à l’image de ce goulot de péage. Résolument droit dans ses bottes comme un ministre, il confondait peut être la sortie de l’octroi autoroutier avec la tribune de l’Assemblée Nationale. Alors que tu avais oublié qu’on ne pouvait rien te reprocher, il tançait de son imperceptible mouvement de moustaches, ton inconscience, déjà bercée par les mouvements des essuies glaces. Jusqu’à ce qu’y défile, devant le pare brise, ta ci-devant vie de contrevenant :

 

 

 

 - mes pneus de l’avant que j’ai mis à l’arrière sont ils lisses ? Tes papiers, merde, tes papiers, non ils sont là…La ceinture qu’est un peu pétée avec un nœud dedans, ’y doit pas voir…Eteins tes codes, y’a qu’un feu qui marche… C’est bon, le papillon d’assurance que j’ai posé il y a trois ans est toujours là…

 

 

 

-Ne  pas faire attention, non ne le regarde pas, avance, « n’ayons l’air de rien… »,

 

 

 

-bonjour Monsieur, Gendarmerie Nationale…

 

 

 

- Bonjour … facile à dire, mais çà m’étonnerait monsieur l’agent.

 

 

 

Tout a commencé comme çà, à mon avis, il n’a pas aimé, « monsieur l’agent »…

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les renseignements généraux sont inquiétants. Moi, je mettrais la coure des comptes sur l’affaire. Enfin quoi, faire toute une enquête sur un gars qui s’appelle Rebelle et qui justement cherchant à adoucir l’effet de son patronyme par un élan du cœur, à savoir rejoindre une dame de trèfle laissant Greenpeace sur le carreau  à votre avis çà tombe à pic pour qui…Je sais le bar de la narine c’était mieux sous Pagnol. Quoi qu’il en soit, un Bruno larguant, une organisation à la pointe dans son domaine, pour aller au PS, c’est un peu comme un nageur de combat qui irait s’enrôler sous un gouvernement du même nom pour une opération crapoteuse…C’est certainement ce qu’à dû penser le gars du renseignement général… A moins que le gus soit un ex vrai faux directeur de Greenpeace souhaitant couler je ne sais quelle péniche à Conflent St Honorine, ce qui n’est ni raisonnable ni d’actualité, mais toujours aussi crapoteux et nullissime comme jadis dans la baie D’Auckland. Non, ce n’est pas sérieux, quitter une organisation écologiste de combat, non violent certes, mais sérieuse, pour aller au PS, c’est un peu comme à la fin d’une longue  carrière politique, entrer au sénat avec une oraison chevrotante à la manière de André Malraux. Voilà ce qu’aurait dû penser un renseignement général et ne pas s’en inquiéter davantage. Je dis. 

Quant aux casseroles que le candidat qui est à la corde, cherche à ficeler à la candidate du premier couloir sur sa gauche, il risque fort de se les prendre dans la tronche au dernier coup cloche, annonçant le dernier tour.       

 

 

 

 

 

 

                     

 

Un petite berceuse avant d'aller se coucher...http://operationpiecesjaunes.memebot.com          

 

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