CHANSON D'AUTOMNE
par Paul Verlaine
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure.
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
ce matin j'ai retrouvé ce poème, me prommenant sur...internet, et me revint cette absolue necessité d'entendre la musique, de revivre les mots, boire mot à mot le chant des âmes, puiser au fond la force, retrouver la source, la nourriture de toute réflexion, l'esprit de résistance, résistance, résistance, résistance, à bander les coeurs, jusqu'à ce qu'en crachent un poil d'intelligence, ou juste d'amour de la vie.
J'étais désolé hier d'entendre dans mon poste inter, ce projet qui consistait à employer dans le cadre d'un plan de formation réinsertion, des détenus et des chomeurs de longue durée à ...la construction d'une nouvelle prison à Nancy. Bien sûr, je ne conteste pas qu'il vaut mieux passer ses journées à apprendre un travail que de pourrir en cellule ou dans une vie sans ressources pour un chomeur, mais là mon désespoir tient dans ce choix, unir ceux là mêmes que la vie conduit trop souvent dans ces lieux de souffrance que sont les prisons, pour leur en faire construire une nouvelle, à fouler les symboles on rebâtit la Bastille, n'y a t-il pas d'autre chantier porteur d'un peu d'espoir et d'avenir, qui donne l'envie? Une crèche, une école...
fleurs et tomates