Sûr, c’est toujours précis et sensible, au millimètre, la taille d’un pépoil sur l’avant bras et qui se dresse comme un p’tit lapin sur son cul dans la garenne, à la moindre alerte d’une risée d’émotion, à bâbord, coté cœur, coté radio. Tout à l’heure y’avait Yolande Moreau, dans Eklectic, mon émission préférée de la semaine, avec celle de Zoé Varier et Cris. Mais bon, là. Suis tout seul, femme et enfant sont parties en Alsace. Suis tout seul donc, et pourtant « ben aise », comme on dit dans le nord. Et j’écoute. Et j’écoute et y’a des phrases qui s’écrasent sur mon nez et qui plongent direct dans mon café : « tout’d façons c’est pas ma place, mais bon, çà m’amuse et j’y vais quand même »… c’est ce qu’elle pense des fois la Yolande, et puis elles ont passé Arnault et çà, il me parle, comme un coin de chnord que ma mère m’a pour toujours caché dans ma poche, dans un mouchoir plié avec trois gouttes d’eau de Cologne. Et puis dans ce moment de bonheur radiophonique, les yeux se sont embrouillés quand elle a dit la Yolande : « j’aurais voulu ouvrir un p’tit café pour voir des gens » et j’ai glissé sur mes yeux mouillés jusqu’au temps de ma boulangerie, où j’y faisais l’andouille, c’était mon théâtre où l’on payait pour sa place le prix d’un pain. C’était donc çà, le grand rêve, être payé pour faire l’andouille.
Une gare, dans le nord, des scènes d’émeutes, une révolte, des tickets, de la police, une foule, un ministre, de la campagne présidentielle. A huit cent kilomètres plus au sud, trois feuilles tombées à l’automne dernier, amenées là par les vents de l’hiver et prises en charge par des courants d’air anonymes glissent sur un quai silencieux. En contrebas du quai, plus de ballast, plus de voies. Rien que la mémoire des pierres de l’ancienne gare endormie depuis trente ans et transformée en maison inter…et ornée un flambant drapeau de la région Languedoc Roussillon. Le Vigan, plus personne ne descend dans ce qui fut une halte sur la ligne Nîmes Millau. Enserrée entre garage automobile, comme pour souligner la victoire de la bagnole sur le transport en commun, et un supermarché à l’enseigne ornée d’une voyelle qui appuie cruellement, le train on l’a bien U, la petite gare est toujours là, témoin d’un temps où le service public irriguait le pays jusqu’en dans les campagnes, devenues, à la suite de ces fermetures et jusqu’aux dernières délocalisations ce qu’on appelle, des zones de relégation sociales.
Bizarre cette sensation d’un retour en arrière. Je nous imagine dans un drôle de débat participatif. Nous sommes dans un champ, au printemps. Les blés semés avant l’hiver sont là, rassurants. Pas encore bien hauts, mais en pleine santé et de belle couleur, signifiant un peu d’espoir d’une bonne récolte après moisson. Tandis qu’arrivent à grands bruits et hennissements, piétinants ce tapis vert de pauvres arguments et de lourds sabots, les maîtres de ces terres, nos preux chevaliers que d’aucuns à l’esprit chagrin poussés par quelque démagogue, dénommeraient fielleux, et qui livreraient bataille pour un avenir radieux sous les regards ébaudis pour les uns, affligés pour les autres, et demandant à ces derniers, gueux, serfs, paysans, lutins et résistants et autres habitants du comté de la zone de relégation sociale un avis, ou un vote à la suite de ces joutes seigneuriales qu’on appelle campagne. Eh oui, c’est bien cela le problème, il te faudrait prendre parti pour l’un ou l’autre engagé dans cette bataille et qui piétine jusqu’à ton avenir. Ami, veux tu la carotte ou le bâton ? Et l’on vit, plusieurs, qui choisirent le bâton, aveugles allégeant leur prince borgne de la lourde charge d’être du côté du manche et frapper ainsi leurs compagnons de misère avant qu’ils finissent eux mêmes par être du lot, tant il est vrai qu’on est jamais aussi bien battu que par soi même. Tandis que les autres assis sur leur carotte méditaient du bien fondé de leur choix qui déléguait aux puissants le pouvoir de suivre le cours des choses en plaignant et réconfortant la plèbe ahurie comma à l’accoutumée, d’un aussi piètre résultat.
Ca y est c'est sûr, le printemps est arrivé. j'ai bien vu ce matin ses messagers, des petits bonhommes habillés en orange dans un petit camion de la même couleur et roulant au pas, pulvérisant au bout d'une d'une canne les produits étouffe brindilles pour "nettoyer les bas côtés de nos belles routes départementales. Des molécules en veux tu en voilà, en attendant qu'on réfléchisse, ce qui apparement va demander un sacré bout de temps, je vous rappelle le livre indispensable: PESTICIDES, UN SCANDALE FRANCAIS
de : Fabrice Nicolino - François Veillerette leur blog et leur site internet
.Aujourd'hui dimanche, c'est jour de pub pour les amis
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Ce qui est énervant pour un citoyen de mon espèce, qui par dépit se prépare en maugréant à voter « utile » pour mettre hors circuit celui qui macule mon bleu de ses propos néo pétainistes, ce sont les niaiseries de la candidate susdite « utile » avec son désir d’avenir des oripeaux tricolores aux fenêtres les jours de 14 juillet. Ne faudrait pas confondre mes fenêtres avec la tribune du Psg ou autre fierdêtremarseillais ou autre arène sportive en plein délire nationaliste. A la rigueur, pourquoi pas un pavillon (je suis marin) européen pour les 50 ans de cette aventure dont j’espère qu’elle débouchera un jour sur un vrai projet citoyen, mais en tout cas rien à, ma fenêtre qui puisse ressembler à cette frénésie étatsunienne ou les bannières rappellent sans cesse que si t’en es pas, t’en es pas. C’est aussi con que çà, pour moi, un drapeau, c’est le symbole « des imbéciles nés quelque part » comme disait Brassens et comme il disait aussi, « Le jour du 14 juillet, je reste dans mon lit douillet, je ne fais pourtant de tort à personne en n’écoutant pas le clairon qui sonne, mais les braves gens…. », mais les braves gens, monsieur…
fleurs et tomates