Promotion

Cliquez ici pour recommander ce blog

Le temps qui passe

Mai 2007
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche


 

p1010751.jpgJe rentre du boulot. Je me sens abruti. Je monte dans la ville avec une démarche de traine godasse. J'ai les yeux en trou de pipi dans la neige. Il fait chaud. Aujourd'hui j'ai travaillé plus qu'hier et hier plus qu'avant hier et probablement moins que demain. C'est con à dire, mais j'ai pas gagné plus. Nicolas, tu racontes des conneries. C'est normal sinon tu serais pas élu. Les gens que je croise me regardent comme un gland tombé de son chêne. Je rentre chez mon copain. Je suis loin de ceux que j'aime. Il m'héberge pour ces 6mois de boulot. C'est bien, je suis abruti mais j'ai de la chance. Ce soir il n'est pas chez lui. Je ne vais donc pas annoner ma journée. Ce soir des pâtes, je fais des pâtes. Repas d'abruti pour un abruti qui mange comme un con qui a oublié qu'il travaillait pour manger et pas le contraire. J'ai la tête dans l'assiette. France Inter, des politiques parlent. Moi je me tais, comme un abruti. Mon copain est un peu triste car il est au chomage. Quand il voit ma gueule, il est moins triste. Quand t'as du boulot tu peux rendre moins triste ceux qui n'en n'ont pas.. Et quand il rit en voyant ma gueule je vois bien dans son rire la tronche de ma tête épanouie. Ce soir je me sens comme un abruti, un peu floué, un peu fourbu. "J'aurais voulu être un artiste...."
Demain je repartirai sur la mer jolie. Je naviguerai sur mon vieux gréement, voilier traditionnel, qu'il faut dire à présent dans les mileux autorisés sous peine de se faire appeler mal comprenant en lieu et place de vieux con. J'irai donc voguer sur mon fier bâtiment, du vieux port à Cassis, aux calanques et aux îles, soit dans les parages de "Mademoiselle Marseille"  comme dit la chanson, tout en rêvant aux croisières lointaines...combien de capitaines, aux bedaines poéminentes et à l'ardeur trempée à la cervoise et au rhum en ont ils fait rêvés de  ces expéditions couillues que seules à présent surclassent les exploits spatiaux. Et voilà, je ne suis qu'un nostalique, un tire sur le bout, un aventurier du noeud de chaise de calfat, rien de plus qu'un amoureux qui n'en finit pas de finir tous les rêves à sa portée et qui 's'enva à quelques encablures, hors d'atteinte et chieur comme un goéland qui s'envole avant de t'en poser une, dans sa grande largesse de seigneur maritime, loin des artifices et des pinces fesses et bien au dessus des marches élyséennes. J'aurai bien pu m'appeler Escartefigue, capitaine du "César", oui Môssieur, et traverser bien fier le vieux port que nul président si bien nommé autant quélu pour cette même raison, n'atteignit ni en coeur, ni en sagesse ou en bonheur. Priez pour moi Neptune, le dieu barbu qui pète au fond des eaux qu'il me protège dans cette nouvelle tache, et que surtout je n'en laisse point derrière au cul de mon navire qui à son bord portera toujours les couleurs de l'amour et cherchera à l'estime la terre promise "du temps des cerises ". Capitaine Gibolin de Villemejane.

Quand on vient comme moi du bout  d'un monde oublié plus proche de "la comté des hobbits" que de la vie entrevue par les étranges lucarnes, que celles dessinnées par les grands planificateurs aussi prompts à définir "les zones de relégation sociales" que les bassins d'emploi, que des cités radieuses pour citoyens consommateurs et "qu'on arrive en ville", y'a comme une claque dans la gueule. Préalable, pourtant, je vis avec peu, quand c'est pas moins, c'est à dire à minima, mais dans une maison, petite certes, mais sympa, perdue quelque part entre rêve et maquis. C'est pas grand luxe, je vis de mon jardin et dépense peu, à minima forcément. Mais là, quand t'arrives au sortir du métro, parce que t'as trouvé un boulot pour un temps, et que tu règles ton soufle à "l'hydrogène sulfuré" au rytme de tes pas sur le bitume, ensuite tu regardes autour de toi. Les immeubles, les bus, les gens, les bancs, les coins, çà sent la fleur d'oranger, la pisse  séchée sur les trottoirs, les parfums des citadins qui courent au taf, les poissons de roches et les thons, et plus loin, y'a des silhouttes qui déambulent ou restent assises, ou sont encore couchées, pas encore réveillées et déjà abruties par le soleil et le recommencement de la non vie. La misère étend ses corps frippés, ses Egueules burinées, comme elle étend son linge, comme elle révèle l'échec d'une cité, d'un pays, d'une solidarité cent fois proclamée, toujours oubliée. C'est bien connu, tout augmente,la misère aussi. Jamais je n'avais autant ressenti pareil malaise ici dans ce pays. Tous ces destins brisés, ces vies si précieuses à la vie, jetées sur le trotoir . President a fait ses adieux ce soir, et nous a redit sa fierté du devoir accompli et nous a gratifié de bons sentiments, et a poursuivi son monologue de quarante ans sur les valeurs de notre grand pays. C'est à pleurer, Président, comme t'as fait ton boulot et que craindre encore de celui qui arrive, sinon que les trottoirs ne soient élargis,car au rythme où l'on jette les pauvres à la rue, ceux là ne suffiront plus. Même les bancs sont marqués de cette inhumanité. On les a affublés de faux accoudoirs pour empêcher les pauvres corps de s'allonger, alors ils dorment à coté, sur le sol de notre belle nation. Marseille, le 15 mai  2007.

en attendant billets d'humeurs et retour sur ce blog tous à vos postes sur canal plous le 13 mai pour un documentaire de John paul lepers et jean Sebastien Desbordes "le jour de gloire", biz et à demain

dsc01704.jpg 

Ben voilà, la couleur était annoncée. Pas de surprise, Fouquet’s, yacht à Malte, les petits plats dans les grands, et ce matin dans ma radio Inter le baron lui-même, L’Antoine Sellière, l’inénarrable, le jubilatoire parangon du patronat  français, cet espèce de réminiscence du paternalisme fin 19ème, mâtiné d’un poil d’aristocratie d’ancien régime. A coup sûr le bleu reprend du service, qu’il n’a d’ailleurs jamais cessé de faire, de manière contrainte parfois, et gage que ce bleu rejoint plus dans l’esprit le sang aristocrate que l’essence de l’esprit républicain. Il faut s’y faire, les spectateurs au cerveau disponible et gavé au gervilage, vont s’en prendre plein la gueule au-delà  de leurs espérances benoites. Le problème réside dans le fait que tous on va s’en prendre. Ce matin j’ai vu passer le berger devant chez moi, suivi de son troupeau bêlant lui-même pressé à l’arrière train et sur ses flancs par les chiens, et je nous ai vus, peuple bêlant, suivant tête baissée, confiant sa vie à qui est prêt à vous céder, vous et vos enfants au premier maquignon venu.
Demain, je reprends le travail…capitaine d’une goélette en Méditerranée, jamais pareil hôte ne souillera mon pont.
Je vous embrasse « frères de la côte ».
Captain Gib

 

Allez, rigolons un peu avant les larmes. Le nouveau président s’est tiré, avec Laure Manodou qui en avait marre de travailler plus pour gagner plus. Sont partis à Malte et s’ébattent comme canailles et ribaudes à l’abri des regards indiscrets, loin de l’or gagné à la brasse et de la gloire arrachée à la plèbe. Ils sont partis, qu’ils y restent et nous respirerons mieux un instant en éteignant nos radios, toutes à l’écoute du moindre pet de ces personnalités qui comme disait l’indispensable regretté Coluche « qu’ils nous amuseront jamais autant qu’ils nous emmerdent.

                 

.
et nous irons de notre petit bulletin de vote glisser dans l'urne l'expression d'une idée pour les cinq prochaines années en espérant que 5 ans ne soient pas l'annonce d'un verdict digne d'une cour transformant le résultat d'un dépouillement en condamnation ferme à trainer aux pieds comme un boulet... A ce soir pour les commentaires du résulat, d'ici là encore de l'espoir.
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus