Voici une manière de soutenir la bande à Bonnaud sur France Inter
http://bab.chiwalou.org/
et voir en lien sur ce blog le sujet sur latelelibre.fr.....et bien d'autres d'excellents reportages.
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
juste une petite brève, avant ce soir, ne mangez plus de thon. Le thon est en surpêche. Certaines pratiques entre pêcheurs français et lybiens pour contourner la
législation européenne, mettent en danger la reproduction de ce que certains appellent les" stocks" mais qui font bel et bien partie du monde des vivants, vous savez, la vie, la biodiversité, tout
çà, tout çà....
Jour de repos, ce matin j'écoute la radio, mon poste Inter. Ils sont en grève. j'aime bien des fois, la grève. D'abord à la radio, cela signifie, musique. C'est
bien. Puisque nous sommes fachés, mettons de la musique. Imaginons un peu ce mode de résolution des conflits partout où ils foisonnent. L'avantage d'un immense concert, résolverait cette
incongruité d'une seul jour de fête de la musique... Puisque vous vous faites la gueule, faites donc de la musique. En dehors de cela, j'ai bien compris qu'il s'agissait de la défense "de la bande
à Bonnaud", une de mes émissions préférées sur France Inter. Au motif que son audimat décroit, la direction suprime l'émission à la rentrée. C'est con des fois une direction. Ca n'a pas de
sens. L'émission est intelligente, efficace, vive, impertinente. Impertinente, certes, voilà surement l'objet de la censure. Il est vrai qu'en ces temps de rupture, il est de bon ton de carresser
dans le sens du poil, le peuple repu et à présent habitué aux soupes en sachet diffusées à jet continu sur toutes les chaines de télé et de radio. Ecoutez con, mangez de la merde, dépensez vos
maigres salaires, votez binaire et surtout n'allez pas vous laisser entrainer à écouter des émissions qui pourraient vous étonner, voire vous faire réfléchir, avec un brin de bonne humeur et
d'humour, devenu bien rare. Bon j'ai signé la pétition pour Bonnaud, et puis voilà...A part çà la connerie passera, comme le reste. Comme si, une indice d'écoute était gage de grande qualité, ca se
saurait quand même....D'ailleurs en tant que marin je conseille plutôt le noeud d'écoute double qui permet d'hisser les couleurs d'un pavillon sans
complexe, sachant afficher ce qu'en d'autres temps ma radio s'ennorgueillait de décrire comme une différence.
Et oui, faites de la musique puisque qu'on vous le dit. Hier c'était fête de la musique. Comme on a le 14 juillet, le 11 novembre, la fête des mères et des
marchands de fleurs, on a la fête de la musique. Donc hier soir, sur une terrasse d'un garage de Marseille, juste en face de l'appartement que me prête un copain en son abscence et durant mon temps
de boulot dans la région , sur ce garage donc, y'avait d'organisé en l'honneur de quoi vous savez, une soirée musique à grands renforts de décibels et matériel éléctro boum illuminé. Pas de bol,
c'était mon jour de congé, le premier depuis quinze jours et une furieuse envie de dormir....et boum boum boum....même pas des musiciens, non boum, boum boum. Je me retournais de tous les cotés, à
savoir deux, et rien à faire, j'envisageais la journée du lendemain en mer, du vent un peu fort, des passagers secoués et moi même fatigué de mon repos au son de non pas "boum, j'ai le coeur qui
fait boum..." mais aux accents frais et avant gardistes de je cite " ce soir on vous met le feu" et c'est bon pour le moral". Puisqu'on vous le dit....
Et voilà, après la
baffe, le coup de pied dans les...tibias. Notre président éructant du G8 ( voir la vidéo à ce sujet sur latelelibre.fr) doit être à l'aise dans ses chaussures qu'il n'aura surement pas
achétées chez Jallate. C'est parti pour cinq fermes à moins, improbable, que dimanche prochain la situation n'évolue dans un autre sens, ce qui tient
plus d'une lapalissade que de prendre son slip pour une tasse à café. La presse commente celà, en projections et analyses de fins limiers politiques et les abstentionistes baillent. A gauche,
on a passé l'arme et les mêmes figures des guignols vont continuer leur train-train quotidien sur la télé de mon copain. C'est drôle, n'en ayant plus depuis longtemps, la télé me semble devenue de
plus en plus çynique jusqu'à balancer des vannes tellement énormes qu'elles paraissent comme des carricatures au pékin moyen qui les enfournent à l'heure du micro ondes. Ce qui ne manque pas
de cruauté puisque qu'il s'agit bien d'une réalité et non d'une fiction où comment la société organise l'injustice avec l'assentiment d'une majorité . On peut finalement gaver les
téléspectateurs d'inepties et discours creux en même temps que des pub ou des séries à la con. Et plus c'est con plus ça marche. La politique est à l'image de la mal-bouffe, à force de bouffer de
la merde, on s'habitue. Sauf l'ancien directeur de l'usine Jallate à Saint Hippolyte du fort, l'homme n'avait apparement pas le goût à la mode du temps puisqu'il vient de choisir de quitter cette
planète à coté de ses pompes. Allez je vous embrasse quand même, demain je repars sur l'eau pour une petite semaine, où je constate qu'à travailler plus on ne gagne pas plus, on dort mieux. Gros
dodo les français...
Hier soir, quand j'ai déposé mon sac à l'appart des copains, on m'a fait remarquer que çà sentait le vieux gréement humide. C'est vrai que çà sent le vieux. C'est
une odeur dégueulasse, mélange de gazole, de vieux bois, de vernis, de graisses, de cordages, de peintures sur fond d'émanations heureuses d'une caisses à eaux grises, sorte de coktail odoriférent
provoquant à l'arrivée des nouveaux embarqués une sorte de nostalgie d'un passé révolu qu'il auraient souhaité connaître sans en souffrir et qui dans certains cas lorsqu'ils s'aventurent une
journée de branle, déclenche des éructations spontanées qui n'ont rien à voir avec un manque d'éducation mais signifiant quelque embarras gastrique. Quand ils m'ont dit ça, je me suis repâssé
le film de ma journée à bord, gueule et manoeuvre. J'ai l'impression d'avoir embarqué dans un film de Guédiguian. Sauf que je préfère regarder les films du cinéaste que de les vivre. Le proprio
qu'est toujours à bord, tire la gueule comme on dit. Il me parle pas, il éructe. Du coup, comme j'ai le carafon diamétralement opposé au marseillais, suis de Kerhuon merde, je tire la gueule aussi.
Et C'est à tribord qu'on tire la gueule le plus fort. L'armateur et le matelot comptent les points. Rien de nouveau sous le soleil de la plaisance qui n'est pas une sinécure. Travailler en mer
c'est comme travailler à terre, avec la mer en plus. Je me dis finalement en moi même et en latin, " frère Henri, tu n'es qu'un hipi". A quarante huit ans bien sonnés, c'est clair, je ne suis pas
fait pour travailler, et puis d'ailleurs j'ai tellement de boulot à la maison que j'ai aut' chose à fout.. Reste le problème de la tune, la fraiche, l'oseille, le blé, le pognon, le grisbi, les
sesterces, l'argent, le fric c'est chic, la roupie c'est mieux. Comme je n'ai pas vocation non plus à la malhonnêté qui n'est qu'une forme non officielle du buzzness, reste donc à m'inventer la
suite d'une vie au jour le jour qui jusqu'à présent n'a pas manquée d'une certaine réussite, mis à part les jours où...j'ai bossé. Moi ce que je préfère dans la vie, c'est faire l'amour avec
ma doudou d'amour et chérir mes enfants, le reste est sans importance. Si tous ceux qui nous emmerdent pensaient à se faire du bien...
fleurs et tomates