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Le temps qui passe

Août 2006
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Mine de rien, ce matin, j’ai poursuivi mon programme révolutionnaire. Armé, d’une binette et d’un cordeau, j’ai repiqué des fraisiers. Si tout va bien, l’année prochaine, j’irai sucrer les fraises. La journée avait bien commencée. Une fois allumée, la radio annonçait une nouvelle baisse du chômage. Le journaliste commentait ainsi cette nouvelle, en déclarant qu’une fois encore  des chômeurs était sortis des statistiques. C’est bien là le problème, ils sont sortis des statistiques. Où sont ils allés ? Aux fraises ? Putain oui, faut pas que j’oublie, aujourd’hui c’est le 31 du mois d’août, ce n’est pas le tout de repiquer, faut pointer. En attendant, j’ai mis un peu d’espoir sur la terre. Ce n’est pas banal pour un marin. J’en suis là aujourd’hui parce qu’un décideur d’antenne locale, m’avait refusé l’année dernière un financement pour une formation rendue obligatoire par des décrets. J’avais assorti ma demande d’une promesse d’embauche. La réponse fut cinglante : « …une demande de financement ne doit pas être assujettie à une promesse d’embauche… veuillez reformuler votre demande… ». Bien sûr, le temps de faire cela, les délais pour obtenir les subsides rendaient caduques la possibilité de commencer la dite formation. Sans oublier la vexation, et…la perte d’un emploi à venir. Pas de formation, pas de boulot. Faut se battre m’a conseillé un internaute bienveillant. Je me suis battu. J’ai cherché et j’ai trouvé. Le diplôme plus tellement valide, le nouvel employeur en a profité pour baisser considérablement le salaire auquel je prétendais. Quand on est en position de faiblesse : « …la main qui demande est toujours en dessous de celle qui donne… ». Résultat, la croix et la bannière pour se faire payer, un contrat dont je n’ai pas vu la couleur, des frais considérables, j’ai déclaré, quel con…plus de RMI. Pendant ce temps, ce petit monsieur de l’antenne locale perçoit son petit salaire, fier de son travail bien fait.

 

 

Ce matin, j’ai poursuivi mon programme révolutionnaire. Armé d’une binette et d’un cordeau, j’ai repiqué des fraisiers. A midi, j’ai ouvert le courier. Ma CAF préférée, m’écrivait pour me dire, que ma petite allait avoir trois ans. Au départ j’étais touché par cette attention, allait on nous envoyer des bougies pour le gâteau d’anniversaire ? Ben non, en étudiant notre dossier, elle m’a dit ma chère Caf préférée, que je n’aurai droit à aucune prestation mensuelle à compter de cet anniversaire… Comme quoi, quand on a peu, c’est tout de même quelque chose qui à force d’être étudié peut être retiré. « …Nous avons étudié vos droits… »

 

 

Putains d’études, saleté de droits.

 

 

Cette après midi, j’irai semer des épinards et de la mâche. Et puis, comme Papillon, sur son caillou, j’irai ensuite regarder la mer, repérer la plus grosse vague, bien l’étudier, pour éviter de m’écraser dans le ressac,  et puis un jour échapper à  ces satrapes…

 

 

 

 

 

 

 

-ALLO, CAPITAINE GIBO? QUELLES NOUVELLES ? LE BATEAU N’EST PLUS LA ?

 

 

 

 

- Tout va très bien, Monsieur…Je régate avec Errol Flynn.

 

 

 

 

- Pardon?

 

 

 

 

- Non non, je reviens…

 

 

 

 

 

 

 

 

 Des invités se présentent, un couple avec un petit garçon. Elle est fine, très belle, brune, coiffée impeccable, lunettes petites montures. Il est petit, maigre, ébouriffé, lunettes grosses montures qui travaillent. Ils sont spécialistes en peintures. Théo si tu n’en as pas vécu, d’autres après toi s’en sont chargés. Ils sont italiens, au patronyme à un poil près homonyme au prince de ces lieux. Gib reste interloqué par Massimo et ses yeux comme des œufs de pigeon au travers de lunettes genre cul de bouteille. Il doit inspecter ses tableaux le nez collé à la croûte se dit Gib. Destinée, s’exclame Louis Paul à propos des talents de ses amis et de la quasi homonymie du patronyme de l’historien d’art avec le prince de la cité prestigieuse. Guy Marchand, pourtant pas encore mort survole le voilier avec des plumes sous les bras.  Gib les quitte pour aller voir sur le quai s’il y est, voir débrancher le câble électrique et préparer l’appareillage. Ils larguent peu après, pour un petit tour vers Villefranche sur mer. Les invités sont intarissables quant aux somptueuses demeures de  propriétaires qui caressent les flancs de cette côte offerte aux plus riches. Comme c’est merveilleux, s’exclame Louis Paul,  voilà un vrai petit paradis.

 

 

 

 

Ils atteignent le port du petit paradis pour déjeuner et la capitainerie  attribue à Tolérance, deux heures  sur le poste  d’une vedette qui transporte les touristes. Tout le monde débarque direction le restaurant et Gib reste veiller à bord. Dix minutes plus tard la vedette arrive en trombe et il a juste le temps, la bouche remplie d’un jambon beurre, de larguer pendilles et aussières. Il part seul, en rade de Villefranche, heureux de garder la bête pour lui tout seul. Belle revanche pour le chomiste au long cours que de naviguer pépère sur un Yacht de luxe. Louis Paul qui du restaurant ne voyait plus son bateau appelle Gib sur son mobile.

 

 

 

 

- Où est passé mon bateau ?

 

 

 

 

-J’ai du céder la place Monsieur.

 

 

 

 

- çà ne doit pas être facile tout seul ?

 

 

 

 

- çà va aller, çà va aller, d’ailleurs çà n’a jamais été aussi bien,….

 

 

 

 

 Gib jubile. Il peut enfin exercer son métier. Il reviendra garer la « Cadillac » à l’issu de leurs agapes. Ce qu’il fait deux heures plus tard, satisfait de ses manœuvres, quoiqu’un peu triste que le jeu soit déjà fini. Accostage ad hoc, filière ouverte à l’endroit précis où attendent Louis Paul et ses hôtes sur le quai, mais ils s’obstineront à l’enjamber plus en avant, petit coup en arrière sur la garde, demi tour sous le vent, et retour vers la cité Barbie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EST IL PRUDENT D’AFFRONTER L’ORAGE ?

 

 

-Non.

 

 

De retour à Monaco

 

 

Quand il se pointe, l’orage s’en fout que tu sois riche, ou pauvre où bien une combinaison des deux. Il est coiffé d’un frac de style cumulonimbus et cravaté d’un discret cumulus genre diabolus. La voûte céleste est noire comme une queue de pie. Il n’y a pas le moins souffle d’air au dessus des immeubles déjà illuminés. C’est le calme plat avant que le ciel ne pète. Et  ça va tonner sur la principauté et çà tombe bien, parce qu’aujourd’hui, capitaine  Gibo a comme des poussées d’anarchiste atrabilaire qui se laisse répandre en pensées  de ronchon à l’aigre douce. Des fois il a envie d’être méchant, ce n’est pas gentil mais ça le soulage.

 

 

 IL ravale ses relents d’idéologie souffreteuse et suggère sur un ton maître d’hôtel, de rester à l’abri. Décision est prise de rester au port et de visiter demain le musée océanographique.

 

 

 Le lendemain, Ils montent vers la place princière en pleine ébullition pour cause d’avènement d’Albert le nouveau maître des lieux. Albert c’est aussi le nom du voisin de bons copains de Gib, pour l’Albert qu’il connait, Monaco çà doit ressembler à une bière avec de la grenadine dedans. Des techniciens s’affairent dans tous les recoins pour installer câbles et lumières au milieu des badauds qui badent comme des ballerines dans une oreille de Mickey décrochée d’un décor Disney world. Un petit train à touristes passe. Les drapeaux et oriflammes s’ébouriffent au dessus des têtes bien coiffées. Une lampe installée à la hâte s’écrase juste devant lui tandis qu’à l’aplomb de son crâne échevelé,  un intermittent de funambule se fait engueuler, « çà fait trois jours que t’es là et tu fais que des conneries, tu bossais où avant ? » lui gueule un collègue. Gib salue sa chance comme « Personne ». Il se sent  pris de compassion pour l’ouvrier maladroit. Il gamberge : ben oui Ducon, quand tu n’as pas travaillé depuis longtemps tu oublies parfois le petit geste élémentaire, tu es fragilisé avec parfois un peu de manque de confiance en toi. Il collerait bien un bourre pif à ce connard qui engueule le lampiste. Il poursuit, direction le musée, après qu’un garde amidonné et coiffé d’un oeuf lui intima l’ordre de repasser une limite dont il eût,  présuma Gib, pris parfaitement connaissance à l’issue d’une formation sévère ou bien. Gib est  efflanqué des deux jeunes graines d’aristocrates invités d’oncle Louis Paul. Il trace. Il trace jusqu’à être stoppé net à l’entrée du musée par la pancarte : «  Onze euros par personne ». Il  garde les mains dans les poches, m’en fous du musée, grommelle-t-il…

 

 

 Et les voilà après une courte queue, face à face avec le long nez du commandant Cousteau impressionnant en Cyrano de grand fond, en petite tenue et en photo dans le hall d’entrée. Ils descendent comme dans un métro vers les aquariums où  évoluent des poissons condamnés à squatter toujours la même station sans espoir qu’une rame ne les ramène un jour dans la grande bleue. Il y disparaît jusqu’à ce que la faim l’amène à retrouver en surface, le reste de l’expédition au sommet de l’édifice baroque, installés à la terrasse du restaurant. Les jeunes sont attablés en silence et uncle Louis Paul s’émerveille d’un goéland perché sur les rives de la plate-forme, à qui il donne son pain. Louis Paul est généreux avec les goélands. Il trouve le regard de la bête merveilleux. Il regarde Gib,  attendant que ce dernier acquiesce. Gib imagine Louis Paul avec un bec et des yeux de merveilleux et commande distraitement un plat de pâtes au basilic. Les jeunes le regardent et se marrent doucement. Dans la présente situation, c’est peut être lui qui a la tête du volatile. Une bière sous le soleil les a déridé quelque peu.

 

 

Gib apprécie peu  les goélands. En cet instant, il pense qu’ils ne font rien qu’à chier sur les marins qu’ils survolent.  Et puis non c’est normal, ils sont comme lui les goélands, ils tournent au cul de ceux qui lâchent des miettes. Il se souvient de son monitorat de voile aux Glénan. Ils étaient trois voiliers au mouillage près de Concarneau, et ceux qui, sur chaque embarcation, s’étaient désignés pour nettoyer les couverts à l’issue du repas en avaient jeté par-dessus bord à peu près simultanément les reliefs. Les goélands s’écriaient et venaient à la curée. Un peu plus loin, également au mouillage, un petit bateau de pêche affrété par les restaus du cœur pour balader les pauvres, se signalait autrement que par les regards étrangement fixes de son équipage, debout au bastingage. Des quatre bateaux, il était celui qui n’attirait nullement la convoitise des éboueurs des mers. Pas de pain, pas de cri, pas d’oiseaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Cette fois, j’aurais souhaité ne pas voter contre mais pour. Mais pour qui ? A force sondages, c’est comme si c’était cuit. Du Déjà prémaché, avec, ombre chinoise, un homme de parole qui a promis de ne plus y toucher et un peu de vote utile pour se prémunir du grand frisson. Plus de promesses ni de lendemains qui sifflent. J’aimerais qu’avant de promettre changer la vie, il ou elle la connaisse. Qu’il, elle, réalise ce que donne l’enchevêtrement ubuesque des lois érigées comme autant de chausses trappes pour ceux qui veulent vivre debout, pour les plus démunis. J’aimerais qu’il, elle ne soit pas le, la, représentant(e) d’un lobby, d’intérêts dissimulés, mais le, la représentant(e) de la République, des élans de 89, 32, 48, la commune, 36, 68, 200 ? République Libre, utopique, fraternelle, intelligente. Qu’il, elle, ait à l’esprit le ou la plus pauvre d’entre nous quand il agit. Qu’il ou elle regarde à qui appartient la main qu’il, elle, s’apprête à serrer en notre nom, des fois que. J’aimerai qu’il, elle nous initie au BNB, Bonheur National Brut (Mathieu Ricard). Qu’il, elle, soit conscient(e) du décalage entre les élites et le peuple, composé de mondes dans les mondes (Sous Cdt Marcos). Qu’on ne veut pas de simplifications de procédures pour être virés d’un boulot, mais pour choisir sa vie, pas le profit des plus riches. Quand il, elle, me parle, je voudrais ne pas avoir envie de rire. Qu’à sa première allocution nous puissions tous, quelque soit notre vote, être fiers des débats qui l’ont amené(e) à sa responsabilité. Qu’il, elle, travaille à la première union libre, sans conquêtes, ni violences, des peuples de l’Europe, pour un espace de générosité et d’innovation face à l’obsolescence des replis nationalistes et de la politique du profit immédiat.  

 

 

Philippe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Henry, nouvel hôte embarqué, sort le matin en élégant pyjama, après s’être extrait de sa cabine par le panneau d’avant. IL coiffe ses cheveux gris d’un revers de main. Il étend d’abord sa grande et distinguée carcasse et s’administre des exercices de yoga sur le pont en bois exotique. Il semble heureux d’être là.

 

 

 

 De quart depuis trois heures cette nuit, assis sur un siège de veille à l’arrière, captain Gib se roule une clope en l’observant tandis que se détachent dans les vapeurs matinales les contours de la côte autour de Calvi. Ils poursuivent ainsi une  route vers le sud pour rallier Bonifacio au soir. Le mont Cinto fait le gros dos. Louis Paul est réveillé et les a rejoints sur le pont muni de son téléphone portable. Assis dans le cockpit, il décrit à sa femme le paysage à grands renforts de merveilleux comme à l’accoutumée. Gib conseille à Louis Paul qui a raccroché, de téléphoner sans plus attendre au port de la ville fortifiée afin de s’assurer d’une place, car en cette saison les pannes réservées aux visiteurs sont saturées. Ce qu’il fait.  À sa mine contrariée Gib comprend qu’il n’y a pas de place. Louis Paul en fait part immédiatement à Henry. Ne se sentant plus  concerné quoique skipper, Gib descend déjeuner. Il entend alors Henry, rassurer Louis Paul en ces termes :

 

 

 

- mon très cher fils qui possède une maison sur la cote à deux pas de Bonifacio, profite également d’une place pour son yacht à moteur et il connaît très bien le capitaine du port. Je vais lui demander d’arranger cela, il n’y a pas l’ombre d’un problème ».

 

 

 

 Qui s’est frotté au non catégorique des capitaineries corses et en général aux ports méditerranéens surbookés en pleine saison, s’imagine le pratique du relationnel des gens de bonne tenue et compagnie du même nom. Ils rallient donc sans encombres  le port enserré, à l’abri des falaises calcaires.

 

 

 

Ils franchissent l’étroite passe de Bonifacio comme dissimulée dans la falaise, avec bientôt sur la droite une rangée de super yachts aux allures de modernes fers à repasser qui le disputent en mauvais goût à d’autres navires aux passerelles agressives, dessinées comme des  consoles d’aspirateurs, orgueil et  puissance des petits maîtres industriels s’amarrent pour le temps d’une parade sur des quais tranquilles. Tandis que Tolérance glisse devant eux …

 

 

 

- Vois- tu, dit Henry à Gib, le yacht qui est amarré au quai d’honneur appartient au directeur de l’usine de la célèbre marque de chaussures T…., une équipe vient spécialement tous les ans, en plus de l’équipage, pour s’occuper de la maintenance à bord …

 

 

 

-Ah oui, sacrée pointure.

 

 

 

- Et vois-tu, cette admirable mécanique fonctionne au kérosène…

 

 

 

Une équipe du port en zodiac les interrompt :

 

 

 

- désolé le port est plein et que…

 

 

 

-J’ai réservé, proteste Louis Paul indigné.

 

 

 

- Ah bon… ? Du zodiac, souffles et crins crins dans le talkie  du préposé aux places… hochements de tête…

 

 

 

Fidèle à son habitude, Louis Paul ne lâche pas la manœuvre et ignore les conseils de son skipper. Il joue allègrement de son propulseur d’étrave. Il s’ingénie à transformer pour l’occasion les bossoirs de l’annexe en rutilants couteaux inoxes d’une très maritime moissonneuse batteuse, spécialement conçue pour faucher filières et balcons des voiliers alentours. Gib se fait tout petit et plonge jusqu’à l’oubli de cette scène, noyant son attention dans la glène de l’aussière qu’il love pour la cinquième fois au moins, histoire d’étudier dans le sens du cometage, les principes et préceptes d’une approche Zen de la caresse sur fibres synthétiques.   Pendant ce temps, les lamaneurs restent groupés comme des mouettes en attente railleuse sur la panne réservée par la capitainerie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 24 08 2006

 

 

 

 

Les thoniers de Marseille nient la surpêche dénoncée par Greenpeace.

 

 

D’après cet article du monde du 24 08 06, les captures atteignent 53000 tonnes alors qu’il ne faudrait pas dépasser 25000 tonnes par an. Pour l’IFREMER l’espèce est dangereusement menacée…

 

 

Mais les thoniers, nient. Ils ont même fait beaucoup de bruit et se sont montrés très musclés. Très forts…

 

 

 C’est bien, maintenant on est tous au courant que le thon est menacé d’extinction, alors que s’ils avaient laissé le navire de Greenpeace entrer tranquillement dans le port de Marseille…

 

 

La parole est maintenant au citoyen, s’informer, réfléchir et agir. La consommation est un acte politique tout autant que le blocage d’un port. Une certaine forme de pêche est en question, cela mérite étude et concertation. Les pêcheurs en premier ont à y gagner, quant aux thons…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai gardé de mes années de Marine qu’on appelle aussi « La royale », institution qui n’a rien à voir avec le couscous garni ou une personnalité politique, le souvenir d’une manie parmi d’autres. Fleurissait sur tous les ponts, une tournure de phrase emprunte d’un état d’esprit qui consistait à souligner une demande appuyée. Elle masquait pourtant mal la vacuité de la proposition,  précédée à grand renforts de :« A faire ceci », où bien « à faire cela », ce qui dans bien des cas exprimait une tâche aussi noble à considérer, qu’inutile à accomplir, dans un laps temps déterminé par un personnel à contrario tout aussi indéfini qu’en nombre suffisant, dévoué et obéissant, non sans qu’il se laissa à maugréer à l’écoute d’une  injonction aboyée sur le mode impersonnel mais jubilatoire d’un gradé qui lui ne s’y collera pas.

 

 

 

Vous n’avez pas compris ? Justement, c’est clair comme un traité constitutionnel, même en allant par curiosité jusqu’au bout, on comprend peu. Vous ne vous êtes pas senti personnellement désignés et, pourtant c’est bien de vous dont il s’agit. Vous êtes là,  sans que vous puissiez vous révolter sur votre sort injuste qui vous a lâchement poussé dans le dos pour vous rendre volontaire d’office, à l’insu de votre plein gré, telle la selle de vélo « à supporter un couillon qui pédale».

 

 

 

Exemples :

 

 

 

-« L’équipage à laver le pont.»

 

 

 

-« la fanfare à reculer jusqu’à les arbres. »

 

 

 

-« Les spectateurs qui n’ont pas de bottes, à monter sur les bancs car la bête va uriner. »

 

 

 

-« le chomiste à appuyer la touche étoile de son clavier téléphonique ».

 

 

 

-« l’électeur à voter utile ». 

 

 

 

 

 

 

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