Mine de rien, ce matin, j’ai poursuivi mon programme révolutionnaire. Armé, d’une binette et d’un cordeau, j’ai repiqué des fraisiers. Si tout va bien, l’année prochaine, j’irai sucrer les fraises. La journée avait bien commencée. Une fois allumée, la radio annonçait une nouvelle baisse du chômage. Le journaliste commentait ainsi cette nouvelle, en déclarant qu’une fois encore des chômeurs était sortis des statistiques. C’est bien là le problème, ils sont sortis des statistiques. Où sont ils allés ? Aux fraises ? Putain oui, faut pas que j’oublie, aujourd’hui c’est le 31 du mois d’août, ce n’est pas le tout de repiquer, faut pointer. En attendant, j’ai mis un peu d’espoir sur la terre. Ce n’est pas banal pour un marin. J’en suis là aujourd’hui parce qu’un décideur d’antenne locale, m’avait refusé l’année dernière un financement pour une formation rendue obligatoire par des décrets. J’avais assorti ma demande d’une promesse d’embauche. La réponse fut cinglante : « …une demande de financement ne doit pas être assujettie à une promesse d’embauche… veuillez reformuler votre demande… ». Bien sûr, le temps de faire cela, les délais pour obtenir les subsides rendaient caduques la possibilité de commencer la dite formation. Sans oublier la vexation, et…la perte d’un emploi à venir. Pas de formation, pas de boulot. Faut se battre m’a conseillé un internaute bienveillant. Je me suis battu. J’ai cherché et j’ai trouvé. Le diplôme plus tellement valide, le nouvel employeur en a profité pour baisser considérablement le salaire auquel je prétendais. Quand on est en position de faiblesse : « …la main qui demande est toujours en dessous de celle qui donne… ». Résultat, la croix et la bannière pour se faire payer, un contrat dont je n’ai pas vu la couleur, des frais considérables, j’ai déclaré, quel con…plus de RMI. Pendant ce temps, ce petit monsieur de l’antenne locale perçoit son petit salaire, fier de son travail bien fait.
Ce matin, j’ai poursuivi mon programme révolutionnaire. Armé d’une binette et d’un cordeau, j’ai repiqué des fraisiers. A midi, j’ai ouvert le courier. Ma CAF préférée, m’écrivait pour me dire, que ma petite allait avoir trois ans. Au départ j’étais touché par cette attention, allait on nous envoyer des bougies pour le gâteau d’anniversaire ? Ben non, en étudiant notre dossier, elle m’a dit ma chère Caf préférée, que je n’aurai droit à aucune prestation mensuelle à compter de cet anniversaire… Comme quoi, quand on a peu, c’est tout de même quelque chose qui à force d’être étudié peut être retiré. « …Nous avons étudié vos droits… »
Putains d’études, saleté de droits.
Cette après midi, j’irai semer des épinards et de la mâche. Et puis, comme Papillon, sur son caillou, j’irai ensuite regarder la mer, repérer la plus grosse vague, bien l’étudier, pour éviter de m’écraser dans le ressac, et puis un jour échapper à ces satrapes…
fleurs et tomates