Officiellement, Gib est skipper. A la question qui fâche, que faîtes vous dans la vie ? Il se demande quoi répondre, la sensation qu'il est écrit chômeur sur son front,comme sur le bureau du maire. Il poursuit, par habitude des répondeurs de l'ASSEDIC, qu'il n'a pas travaillé du 1ER au 31 du mois dernier, qu'il n'a pas été en stage ni en arrêt maladie, qu'il n'a pas demandé à bénéficier d'une pension de deuxième ou troisième catégorie et qu'il est toujours à la recherche d'un emploi. IL s'y est tellement habitué que la question le surprend toujours.
- euh ? oui, je suis marin. Et puis on n'est pas ce qu'on fait, si ce n'est pas le cas, alors je ne suis rien la plupart du temps.
- Qui es tu ?
-Un homme inquiet qui s'emploie à vivre, classé glandeur impénit. C'est ainsi que Gib évolue au rythme trépidant d'un retraité clandestin nanti d'une pension minimum tristesse. Il cultive son jardin, loin de l'indice nikkei, sans pesticides ni produits de synthèse quelque part dans le maquis des marges et quelques fois même au-delà de la feuille, hors de portée de la croissance molle et des rodomontades du pivert de la place Beauvau?
- Mais, où naviguez vous, capitaine Gibo, sur l'Hérault ? - Avec le train qui va vite et Internet on trouve parfois un embarquement. Pour trouver du boulot, c'est comme les champignons, faut des conditions spéciales. Quand le moment propice est venu...
A suivre
fleurs et tomates