Ah mon cher Mörice. Je
sais, je t’ai mis un tréma… M’est venu ce matin cette idée d’échange épistolaire sur la toile, à la manière de…A la manière des écrivains, ou des peintres d’antan. Ceux qui poursuivaient une
conversation à distance, surs de leur art et certains que les effluves exaltantes s'échappant entre les dents de leur correspondant, ne parviendraient pas à franchir le cachet de la poste
faisant foi. Ceci dit, quelle classe, quelle chance pour les générations futures, que le témoignage touchant de cette correspondance léguée à la postérité par deux énergumènes qui ne
trippotèrent le sommet de leur art qu’en décapsulant le sommet de leur désir à savoir, faire exulter le bouchon d’une « trois monts ». Et oui, mon cher Môrice, je t’ai mis un
chapeau, pour que « tu ne prennes pas froid », et « que tu ne rentres pas trop tard »…Et oui grattais-je sur ma page de ma plume bégayante, j’aimerais tant partager une
bière avec toi. A boire, cela va sans dire, quoique…une caisse à deux, c’est toujours mieux. Imagine un voyage interstellaire, avec, collées sur les flancs du catafaflaque, des pubs Stella
Artois, Beamish, Guinness, Trois Monts, St Louis Kriek, Chimay Trappiste, Brugse Tripel, Duvel, Orval, Westmalle Trappist, Leffe, Floreffe, Kriek Girardin, Moinette…et collée sur le couvercle de
cette saumure, Rodenbach pleine de vie…La mort serait rigolote, dans un carrosse flanqué d’effigies à la gloire de bière catholiques. Ne pas se tromper d’aiguillage sous les cieux paradisiaques,
car même là haut il est des pubs interdites. Imagine la gueule d’un l’ange barbu à la langue chargée de la circulation au giratoire des âmes perdues…-Hep vous là, pas deux dans le même véhicule,
pas plus qu’un dernier pour la route, ici c’est le vin qu’on vénère, pas la bière…- qu’importe mon poulet, on a aussi du Picon, et quelque piquette héraultaise et du Corbière et du
minervois, vois-tu l’ange…Et l’on serait ben aises, redressés dans notre caisse, au milieu des galaxies comme Nounours et le magicien, les yeux rougis comme après avoir suivi un camion de sable
en mobylette…Et la mort ne faisant plus peur, et nous de taper sur le plancher du coffre des morts, et de se frotter les mains car enfin il nous serait possible de naviguer sans relâche à ramener
toutes les consignes aux paradis étoilés.
fleurs et tomates