A mesure que se précisait la direction du regard inquisiteur d’un représentant de la marée chaussée, ci devant toi, arque bouté comme un colonel de Maupassant,
la vie te semblait à cet instant, aussi ridicule qu’étroite, à l’image de ce sordide goulot de péage. Résolument droit dans ses bottes comme un ministre, le zélé moustachu confondait
peut être la sortie de l’octroi autoroutier avec la tribune de l’Assemblée Nationale. Alors que tu avais oublié qu’on ne pouvait rien te reprocher, il tançait, de son imperceptible mouvement de
bacchantes, ton inconscience, déjà bercée par les mouvements des essuies glaces. Jusqu’à ce qu’y défile, devant le pare brise, ta ci-devant vie de contrevenant :
- mes pneus de l’avant que j’ai mis à l’arrière sont ils lisses ? Tes papiers, merde, tes papiers, non ils sont là, pas tous…La ceinture qu’est un peu
pétée avec un nœud dedans, ’y doit pas voir…Eteins tes codes, y’a qu’un feu qui marche… C’est bon, le papillon d’assurance que j’ai posé est toujours là ; ça fait deux ans qu’il est
là…
-Ne pas faire attention, non ne le regarde pas, avance, « n’ayons l’air de rien… »,
-bonjour Monsieur, Gendarmerie Nationale…
- Bonjour … facile à dire, mais çà m’étonnerait monsieur l’agent.
Tout a commencé comme çà, je crois qu' il n’a pas aimé, « monsieur l’agent »…
fleurs et tomates