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Le temps qui passe

Septembre 2006
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Dans le bassin juste à coté, flotte rigolard la réplique d’un galion qui n’est autre que le trois mats construit pour les besoins du film  « Pirates » de Polanski.  Un gros Neptune à poil sert de figure de proue. Il scrute le périphérique qui passe tout près sur un pont. Il écrase, avec son gros cul, une espèce de chérubin maritime. On devine des petits rafistolages qui attestent qu’il s’agit bien plus d’un décor que d’une réplique sérieuse. Gib ne peut pas s’empêcher de faire le rapprochement,  entre ce que sont devenus ses rêves et  le boulot qu’il exerce à présent. Les songes le transportent à la surface des eaux. Il est drapé d’un étendart noir. La mer, espace de liberté… IL s’emmerde, et c’est fou comme il s’emmerde. Tout cela sonne faux et coûte tellement cher, débauche de superflu sur une planète qui crève. Tout cela n’est qu’amusement de gosse attardé. De plus, à présent qu’il connaît quelques principes, Louis Paul devient prétentieux et dangereux, il n’écoute plus.

 

 

 

 

Le soir, ils sortent à la poursuite des souvenirs de Louis Paul, qui se résument pour l’heure à un restaurant au nom d’oiseau. Ils déambulent à travers le labyrinthe du vieux Gênes. Le quartier mal réputé à partir du soir est en rénovation.  Selon une technique éprouvée : réhabilitation, nouveau locataire correspondant à un standing plus élevé, expulsion des plus pauvres vers la périphérie. Telle la patrouille romaine, ils font chou blanc. Louis Paul en avant, les deux jeunes au milieu et capitaine gibo fermant la marche. Une heure environ à arpenter, monter et descendre des passages qui tiennent d’un réseau dessiné par l’architecte général fourmi. Ils passent et repassent,  sous l’oeil amusé  d’un groupe de jeunes qui interrompent à chaque fois, leur conversation et leur deal, lorsqu’ils les voient réapparaître d’un nouveau boyau, toujours à la recherche du temps perdu. En l’occurrence l’auberge des trois merles. Ils finiront sur le port à la terrasse d’un autre établissement du même nom, nom de nom.

 

 

 

 

Le lendemain, chacun comme convenu part à la découverte de la ville, Louis Paul en quête d’une banque et d’un cadeau pour sa femme, les jeunes pour y admirer les vieilles pierres sur recommandation de leur oncle et Gib d’un endroit pour y poser son cul et observer à loisir les passants qui trébuchent sur ses pensées qui s’effilochent. Piètre Corto… Après quoi il fait les courses. Par principe, il choisit les petits commerçants arabes chez qui Louis Paul n’ira jamais.

 

 

 

 

Ils appareillent le jour suivant, toujours à l’heure où « Paris s’éveille », soit à cette date, une heure avant le lever du soleil, pour satisfaire aux besoins de navigation de nuit des jeunes invités. L’un fait des études supérieures de commerce et l’autre se destine à devenir ingénieur chimiste. Une heure de navigation de nuit leur suffira. Ils quittent le port et franchissent les passes sur une mer d’huile dans la lueur du grand phare emblématique de Gênes, « la lanterna ». A suivre…

 

 

 

 

 

       

 

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