-ET GÊNES ? TU CONNAIS GÊNES ?
-Non, mais on est obligé d’y emmener, Hugues Aufray?
Comme les jeunes voulaient naviguer de nuit, Louis Paul règle le réveil à 04 heures pour le lendemain. Ils larguent à 5 heures soit une heure avant le lever du soleil, il ne faut pas exagérer, Tout de même.
- Cap sur Gênes... Vois tu, Gib, Gênes, c’est la culture, une ambiance populaire, c’est Christophe Colomb, ses petites rues pittoresques, ses monuments, ses vieilles pierres, un grand port qu’il faut avoir vu dans sa vie et qu’il faut montrer aux jeunes plutôt que de se rendre à Portofino qui est plus touristique. Comment Capitaine « gibolin* », tu n’es jamais venu à Gênes ? C’est tellement merveilleux.
- ?
Pas de vent, navigation tranquille et contribution généreuse du diesel marine, à l’effet de serre. Gib prend le temps de parcourir les instructions nautiques à propos de ce port merveilleux. Principales caractéristiques mentionnées dans le précieux ouvrage, pollution, bruit, rapines. Il souriT, ça changera de Monaco rocher des merveilles.
Au fond d’un des ports de Gênes, Porto Antico. Le voilier y trouve un refuge et Gib, attrape la pendille que lui tend un lamaneur. Il la tourne sur un taquet à l’avant tandis que, voilier cul à quai, un des jeunes se débrouille comme ils peut. Diables d’aussières à tourner… Elles ne font rien qu’à s’entortiller comme des serpents rêches et malicieux, sous le regard attentif et empreint de sérénité de son compagnon, pourvu en cette occasion de deux mains gauches. Maintenant, Gib a les doigts qui puent comme s’il avait torché le cul de la ville. La pendille a traînée sur le fond, dans la vase. Il descend, et se lave trois fois de suite avec un produit vaisselle. Il fait encore la moue en reniflant le bout de ses doigts. Géraud, d’un ton hautain assure, quant à lui, qu’un seul lavage lui suffit. Gib lui explique qu’à toucher avec les yeux on a de la merde que dans le coin des paupières. Pendant ce temps là, bien qu’ amarré ( en français un peu lourd mais jeu de mot maritime qui ne l’est pas moins…) et pour des raisons qui dépassent l’imagination, louis Paul continue de brasser la soupe, avec le propulseur d’étrave promu au rang de mixeur. Il dégage en conséquence des exhalaisons suaves qui s’échappent avec lourdeur, des profondeurs limoneuses et certainement très historiques.
- Arrêtez de mixer, Monsieur, vous énervez les égouts.
Il n’a pas entendu et a encore joué avec une bonne minute. Les jeunes rient. Gib rit modérément en s’apercevant qu’il est garé juste sous le périphérique. C’est curieux, un voilier de luxe sous un périphérique, se dit il.
- Ta gueule Hugues Auffray, cette fois ci tu m’emmerdes.
Il éjecte et se venge en insérant Amadou et Mariam qu’il avait emmenés en clandestins dans son sac. Aujourd’hui dimanche, Il est à Gênes, et ce n’est pas « jour de mariage ».
* « gibolin », concept de la troupe des « Deschiens », qu’affectionne, particulièrement notre capitaine, on peut d’ailleurs trouver du « gibolin » même sur les mers lointaines, où sont partis…
A suivre, la semaine prochaine, escale à Gênes…
fleurs et tomates