Promotion

Cliquez ici pour recommander ce blog

Le temps qui passe

Septembre 2007
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

Recherche


 

Pour le troisième larron, çà n’allait guère mieux. Nouvel Attesté aux Premiers Secours, il maudissait sa conscience qui le titillait et le sors qui l’avait amené en cet endroit. Il avait acquis son papier sans sourciller et au hasard d’une formation tous frais payés par le conseil général. Agenouillé, il se fendit d’un mal assuré « monsieur, est-ce-que vous m’entendez…là ? Là non plus pensait-il, en se pinçant les lèvres. Il ne savait plus quelle suite on donnait à la question formelle tandis que lui tombait de la poche, son téléphone portable. Voilà qui lui indiqua du même coup, au profit du gisant, ravalé au rang de mannequin, une possibilité d’une suite utile à son embarras. Après avoir inutilement secoué le malheureux étendu, provoquant la stupeur du chauffeur, il ramassait à présent les morceaux du téléphone disloqué sous le choc, comme tout le monde ici. Un bouchon s’était formé et l’on entendait à présent des coups de klaxon. A ses oreilles, ces proclamations sonores ne revêtaient pas plus de délicatesse qu’un gloussement de dindons éructant leur désarroi de vivants devant l’inexplicable attente. Tout cela en rajoutait à la confusion, quand nos deux témoins lâchèrent dans un bel accès d’inopportunité, l’accidenté immobile, pour peu qu’on le laissât dans ce moment d’extrême solitude, pour s’enquérir de la circulation. Ainsi sont les humains devant l’improbable, tant qu’ils ne sont points secouristes chevronnés, à la croisée d’une gouvernementale ardeur dans la fuite en avant et tout à la volonté instinctive d’assurer la continuité et la fluidité du trafic
28161002.jpgComme toujours, le pire se déroule sans trop craindre les remarques de "la communauté internationale". Quel est donc le secret de cette dilution des énergies face à l'inacceptable? En attendant j'ai regardé sur "rue 89" ces images de la répression. Ce faisant, je n'ai pas l'impression d'avoir aidé à quoique ce soit, juste mis en évidence dans mon esprit, au delà des nouvelles entendues à la radio ou lues dans les journaux, une idée plus précise de ce que représente le courage.
 Voir.....
http://rue89.com/2007/09/28/images-de-la-repression-en-birmanie
Pour l’autre, la vie continuait, mais plutôt mal. Descendu de son camion, il ne cessait de répéter merde, merde, merde. C’était aussi la couleur de ce qu’il transportait dans sa citerne.
« Quand même, se faire écraser par un camion de merde », ressassait-il, conscient de l’absurdité de ce destin auquel il était mêlé de plein fouet. Le tragique côtoyait ce matin l’aberrant, qui pépère, foulait l’éphémère et la vacuité. La vidange d’aujourd’hui s’empesait d’un lourd transport, celui d’une vie fauchée, pour honorer à l’heure la première fosse toutes eaux. Et voilà comment, il aperçut au dessus de lui, se pencher le visage du vidangeur, qui lui barrait son bleu, et lui restituant son odeur, alors qu’ayant cru entendre quelque ange précurseur, il s’apprêtait à voir, le visage multimillénaire d’un dieu barbu et… sans aucun doute courroucé d’une telle ineptie. Un ramasseur de crottes s’interposant entre lui et Lui.

 
Il se sentait bien, très bien. Allongé, l’esprit clair, il jouissait d’une confiance et d’une détente jamais atteinte. Jamais pareil sentiment de plénitude et d’infinie décontraction ne l’avait auparavant tant ému. Aucune  autre pensée n’osait s’aventurer à l’envers de son regard plongé dans le ciel. Il ne voyait rien. Il buvait des yeux. Entre sa pensée et l’azur, il n’y avait rien d’autre que son regard perdu. Rien d’autre à faire, rien d’autre à voir que ce bleu tellement doux. Les cieux se laissaient caresser çà et là de quelques cumulus. Il replongeait en enfance. Pas un souffle d’air. Il se voyait dans l’eau avancé jusqu’à  mi taille. Cette fois tout était gris, comme l’ambiance lourde  d’une soirée d’orage.  Dans un mouvement circulaire, ses mains glissaient à la surface d’une mer d’huile, apaisante et si délicieusement fraiche. Il entendit une femme crier « Pauline à table » et dans l’instant suivant, il la vit, plonger devant lui. Après qu’elle eut noué ses longs cheveux, la jeune fille avait piqué de la tête dans le vide. Elle s’était élancée du pont d’un vieux chalutier en bois, qui somnolait là, embossé devant la demeure de son armateur. Elle nageait à présent, semblant filer et fendre la surface des flots avant de disparaitre d’un coup de reins. Il n’entendit que des petits ruissellements, distingua le bruit de ses pieds nus sur les galets crissant. Elle rejoignait la maison cachée par la coque du bateau. Il se revit, après, recroquevillé dans la cour, au soir. Il faisait nuit et froid mais il était bien, alors que tout le monde le recherchait dans la maison. Il fixait la corde à linge et les quelques pinces accrochées. Il lui sembla tout à coup s’envoler et puis se tenir, toujours accroupi, sur la corde. Il tint là quelques longues minutes jusqu’à ce qu’il regarda sur le coté, la fenêtre allumée d’où semblait s’écouler  chaleur et flots de bien être. Il quitta la petite maison de banlieue et se revit à vingt ans. Monts d’Arrée, une vielle bâtisse isolée, Il se tenait devant l’âtre et la jeune femme à ses cotés disait à tous les chevelus qui remplissaient l’unique pièce en terre battue, « demain on lâche tout et on vient vivre ici ». Il se revit en mer, de quart, un soir sur la passerelle. Il venait d’en finir avec son point d’étoiles, sa « crépu ». L’équipage non de quart, regardait un film en plein air sur la plage arrière et lui, assurait pour tous, veille et navigation du  navire aspiré dans la nuit au large. Il se revit plus tard assis au piano, à quatre mains, aux cotés de l’artiste qu’il admirait. Et tous les deux jouaient dans ce bœuf où chacun des musiciens échangeait  son instrument après chaque morceau. Il se revit plus tard encore faisant l’amour sous un chêne lui-même illuminé d’un ciel étoilé, lui sur le dos elle dessus dans un tel balancement  qu’il en éprouvait encore à l’instant le bonheur dissimulé aux âmes saintes. Plus rien n’avait d’importance, tout était important. Il était étendu sur la route, les bras  en croix. A vrai dire, il était mort. Il n’avait pas senti venir le camion qui l’aspira au passage. Rien du choc ne l’avait fait souffrir dans son envolée à la suite de la citerne. Il gisait là, par terre, tandis qu’on s’affairait autour de lui. Il ne les voyait pas, pas plus qu’eux ne reconnaissaient la vie en lui. Le bleu, rien que le bleu du ciel enrobait sa vision et plus rien ne le dérangeait, à cet instant en suspens, tout comme lui, dans les minutes qui suivirent son accident. La journée avait à peine commencée qu’il finissait sa vie comme il était né, soufflé et happé dans un moment de surprise.      
ta-soutien1-copie-copie-1.jpg


Le 18 juillet 2007

Peu de temps avant que la Turquie se rende aux urnes pour des élections anticipées organisées par le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, un candidat indépendant a été assassiné, tandis que des menaces pesaient et pèsent encore sur d'autres personnes.

Dans ce contexte de violence, le comité de soutien à Taner Akçam vous fait part de sa très grande préoccupation quant à la situation que vit actuellement Taner Akçam.

Le Professeur Akçam, historien et sociologue, enseignant associé à l’Université du Minnesota, est l’objet d’une campagne d’appels au lynchage aussi bien aux Etats-Unis qu’en Turquie, de manœuvres d’intimidation et de menaces de mort très sérieuses, pour avoir écrit dans ses ouvrages que les massacres des Arméniens en 1915 constituaient bien un génocide.
Taner Akçam était un proche de Hrant Dink, journaliste, intellectuel et démocrate turco-arménien. Nous n’avons pu protéger Hrant Dink, assassiné le 19 janvier dernier à Istanbul. Nous devons réussir pour Taner Akçam.

Aussi nous demandons à tous les responsables politiques européens et nationaux d’exiger du gouvernement turc qu’il prenne les mesures nécessaires pour empêcher les campagnes de haine que mènent le quotidien turc Hürriyet ainsi que différents sites internet, et de faire savoir au dit gouvernement qu’ils le tiennent pour responsable de la sécurité et de la vie du Professeur Akçam et de ses proches. Le plus inquiétant est que c’est une campagne identique, dans le même Hürriyet (largement diffusé en Europe) qui a abouti au meurtre de Hrant Dink.

L’Europe, et en particulier la France, doit obtenir l’abrogation de l’article 301 du Code pénal turc, sous lequel plus de 60 intellectuels à ce jour, ont comparu ou doivent comparaître en justice pour « insulte à la turcité ». Cette loi qui fabrique des « traîtres à la patrie » a tué, et elle va tuer encore.

Le chemin des négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’UE doit passer par le respect des droits de l’homme et permettre que s’exprime sur les faits historiques liés au génocide arménien une autre voix que celle de l’Etat.
Comité de soutien à Taner Akçam
Pour tous renseignements complémentaires, écrire à :
comitedesoutien.taner.akcam at gmail.com
Je n’aime pas les simplifications, en matière de raisonnement politique. Je m’en méfie, tant il est aisé de démolir toute action ou programme en cours ou passé avec quelques chiffres ou commentaires sortis d’un contexte. Cette précaution prise en introduction, je ne peux quand même pas m’empêcher de relever deux chiffres qui relèvent plutôt du nombre inimaginable pour moi, à savoir, 12 milliards, le trou qualifiée « d’abyssal » par la journaliste ce matin à 9heures sur Inter, en parlant du déficit de la sécurité sociale et les… 15 milliards de « cadeau fiscal » faits aux plus riches, évoqués sur cette même antenne plus tôt, lors de l’interview de Jean Pierre Raffarin par Nicolas de Morand. Ceci dit, plus drôle, échappant un instant à ce bon vieux Raffarin, je filai discrètement dans la salle de bain où j’allumais le petit poste de radio qui y est affecté, lorsque je tombai cette fois ci sur France Culture avec Dominique de Villepin, répondant à Corine Lepage, à propos de la question de la séparation des pouvoirs, je cite ce dernier…  « le pouvoir corrompt »… 
C’est surement l’approche de la cinquantaine, inéluctable loi nous rapprochant de ces parallèles rugissants qui nous amène à croiser de plus en plus nombreux ceux qui touchés eux-mêmes ou dans leur entourage par le « crabe » comme l’appelait Bernard Moitessier, nous rappellent notre vulnérabilité au temps qui passe ou aux temps modernes. J’errais ce matin dans les allées bien larges et souvent clairsemées des chalands de la foire du 22, cette année le 21, samedi obligeant. La foire du 22, la grande affaire des anciens ici, foire qui clôturait cette période de marché et de fête qui avait démarrée le 9 septembre et concluant le temps des moissons et des récoltes de l’été. Jadis dans le pays viganais, comme ailleurs à la « saint Michel, tout le monde déménage », bêtes, produits agricoles, coloraient ce grand rassemblement sous les couleurs et flonflons de fête foraine durant toute cette grosse quinzaine. Mon vieux voisin me racontait cet unique voyage de l’année où il partait avec son âne à travers les cols et les sentiers. Vieux célibataire, il se cognait à ses dires, plus d’une trentaine de kilomètres, jalonnés d’escales chez cousin ou cousine le temps d’une nuit. Il s’en allait rejoindre à pied ce rassemblement paysan temps fort de l’année, où il s’enquerrait d’une paire de pataugas, d’une chemise, d’un bleu, d’un sac de semences et du tabac pour l’année. De ces temps évanouis dans l’âcre fumée de son Scarlatti, il ne reste rien  que des vestiges qui telles des portes antiques délimitent ce souvenir, à deux dates conservées comme commémoration d’une ancestrale pratique rurale, qui ne s’appuyant plus sur une réalité n’a d’autre allure que celle de deux gros marchés, du moins changeant quelque peu la physionomie d’un traditionnel marché du samedi. Plus de marchands et de pasticheurs que d’acheteurs ou de badauds s’essaient à ce jour, d’égayer Le Vigan. La petite sous préfecture semble prendre son rythme pépère pour l’hiver. Ici, il y a deux saisons, du 14 juillet au 15 août ou viennent en ballades pour des temps de plus en plus courts les touristes, et puis, passée la torpeur de quelques jours à vide, l’année scolaire à suivre. Les dernières usines textiles ferment tandis que fleurissent les supers et les inters, officines dédiées à la consommation des classes moyennes, ou moins que moyennes, en rapport avec la friche industrielle qui s’étend. L’argent ne court pas les rues, c’est criant, à voir la mine des commerçants, et des clients peu empressés. Je n’y étais pas allé, en m’y imprégnant de cette façon, depuis de nombreuses années et seul le hasard d’une panne ce jour, me privant quelques heures de mon auto retenue à l’entrée de la petite ville dans un garage, me donna l’occasion d’y arpenter les rues. L’impression d’atonie et d’appauvrissement peine à disparaître sous les conversations illustrant les retrouvailles sous les platanes,  pourtant en paroles colorées et chantantes dans les petits groupes se retrouvant, devant tel ou tel banc de commerçant ambulant. Notre sénateur, en tenue décontractée et coiffé de son impeccable toison blanche, promène, débonnaire et accessible son regard d’élu et ne manque pas de saluer tel ou tel qui le reconnaît ou le sollicite d’un vibrant « oh monsieur le sénateur… » Et je rencontre tour à tour l’une ou l’autre qui me reconnaissent du temps où je  « faisais le marché ». Après les traditionnels tu es revenu ? Que deviens-tu ? à moi qui devenu casanier n’a pratiquement jamais quitté la montagne toute proche, s’ensuivent les nouvelles des uns et des autres et nous conduisent tout naturellement à prendre place à la terrasse d’un café, comme au bon « vieux temps » où j’officiais comme boulanger ambulant. Odeurs de cigarettes, de pastaga, effluves des fritures et des rôtisseries en batteries afin que les poulets n’en perdent point l’habitude jusqu’après leur trépas, parfums bons marchés et tendresse de mon interlocutrice qui ne me trouve pas trop changé, « juste un peu patiné… » Et toi, que deviens tu ? Je la trouve très amaigrie. Sans détour, elle me parle de rémission, mot que ne pourront pas employer tous ceux qui figurent dans la triste liste qu’elle m’aligne comme on égrène les victimes du temps qui passe chez les anciens. On pourrait bien sûr évoquer la fatalité, ou certains excès, mais, car il y a un mais, trop c’est trop, et pose question. Qu’en est-il de nos vies, en ces temps ou le devoir imposé, au-delà du parcours du combattant pour dénicher un boulot mal payé permettant d’accéder au nécessaire, se résume dans l’héroïsme banal et quotidien du devoir de consommer à bas prix toutes ces merdes si bien emballées issues de l’agroalimentaire ? Qu’en est-il de l’air qu’on respire sans doute et sans alternative au milieu de toutes ces cultures empoisonnées par les intrants, pesticides et autres joyeusetés. Aucune formation scientifique ne me permet d’accuser, cependant, je ne puis que remarquer le malaise engendré par les déclarations du Professeur Belpomme aux Antilles et la crainte sans réflexion que ses propos entament l’économie locale pour n’être point alerté. Et que dire de ces élus UMP qui renâclent à l’idée des cantines bio, sans oublier la FNSEA qui s’offusque qu’un ministre semblant intéressé par l’écologie puisse oser l’outrecuidance d’une réserve sur les OGM. Telle la réplique fameuse des tontons flingueurs : « Y’a pas que d’la pomme », je me lâcherai d’un « y’a pas qu’le tabac » à nous foutre le cancer. Déodorants, bouffe aux colorants, matériaux divers…pesticides, fongicides, stress des petits boulots cons et mal rétribués. Comme le disait Madame Parisot, la vie est précaire et il est loin le temps ou l’on me disait gamin, faut travailler pour vivre…Aujourd’hui faudrait selon l’adage de notre premier élu travailler plus pour gagner plus. Pourquoi faire, gagner plus, se payer de belles obsèques après des décennies de cotisations ?
Elle avait un drôle de gout, ma petite bière, ce matin de foire, un petit gout de bourdon et de révolte avant de retourner dans ma montagne. Demain sera un autre jour, excusez moi, il me faut semer la mâche et les épinards, on se revoit demain …à la terrasse devant mon arbre
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus