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Le temps qui passe

Septembre 2006
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-ET LA SARDAIGNE ? TU CONNAIS LA SARDAIGNE ?

 

 

- Pourquoi, monsieur a préparé sa boîte à vomi ?

 

 

Passent quelques jours à Bonifacio où la météo se montre clémente. L’appareillage sera décidé par Louis Paul, le jour bien sûr, Gib l’aurait parié, où les conditions seront les moins favorables. Objectif, embarquer des invités à l’Ile d’Elbe.

 

 

Arrive le jour dit,  25 nœuds de vent dans le port, direction Naples et ensuite descente sur les Eoliennes et retour sur Elbe. Après les traditionnelles secousses dans les passes de la calanque, grand voile arisée, et trinquette à poste, les voilà  décoiffés dans le vent d’ouest, établi au dessus des trente nœuds avant d’abattre progressivement en direction des Bouches de Bonifacio. « Le balancement maudit » cher au poète, les prend sur le travers arrière et provoque chez Louis Paul quelques pincements de lèvres, tandis qu’il commence à pâlir très sensiblement.  Son teint rose et frais s’estompe au profit d’un sobre vert pâle, très prisé chez bon nombre d’aquarellistes marine. Qu’importe, il restera accroché à la barre. Gib lui conseille d’abandonner pour l’heure, les joies du pilotage automatique. Dans les bouches, le vent force pour s’établir à 35 nœuds avec quelques rafales au delà de 40. La météo semblant persister dans cette politique de courant d’air, provoque l’instabilité du cours des choses qui les entraîne sur un plan d’eau passablement énervé. Le vent  paraît bien plus les chasser que de les accompagner poliment vers l’Italie. Entre sourires de circonstance et  remontées gastriques, Louis Paul réfléchit à un changement de programme.  En attendant un changement de plan, Gib informe qu’il va devoir encore réduire la voilure et qu’à cette fin il lui demande de lofer un poil.

 

 

-Non Louis Paul, lofer,… oui à droite si tu veux…, non, çà c’est à gauche, tu sais bien que tu aimes pas à gauche…trop ta…oui bel empannage… ben non, on a rien cassé…oui c’est un très bon bateau…Hé oui,  il faudrait reprendre un ris, c’est pour cela que je demandais à Monsieur de lofer… se rapprocher du lit du vent…oui, je sais que Monsieur sait…Ce n’est rien, on recommence… 45 nœuds établis avec des rafales dépassant largement les 50. C’était prévisible, c’était  même prévu dans toutes les conversations avisées de ponton, mais voilà quand on a l’habitude d’ordonner pour être servi…On est servi. - bateau robuste et très marin, dit le Giboli pour rassurer Louis Paul. Et Gib marmonne en plus quelques principes généraux de météorologie et autres particularités locales de la côte Est de Sardaigne qui à n’en pas douter vaut aussi le coup d’œil par ces temps agités.

 

 

-C’est merveilleux…

 

 

Dont acte, lof sans coup férir, et cap à l’abri de la côte Sarde, sur... Porto Cervo.

 

 

 

              

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