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Le temps qui passe

Janvier 2008
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Marvin Pontiac,  en fait il s'appelle John...peu importe,  le CD tourne rond,  ici  sous la "Dent  de Crolles", sur le plateau  en face du massif de Belledone,  il a une  voix comme JJ Cale,  les mélodies me portent....Comme  il y a deux  ans au Népal, les mêmes mélodies, me portèrent un soir,  allongé sur les mêmes tapis, avant que je ne me lève pour rejoindre ma chambre dont je n'arrivais pas à ouvrir la porte vu que c'était le tableau accroché à coté que j'essayais d'ouvir sans succès depuis vingt minutes...Que celui qui n'a jamais pêché me jette la première "Trois monts", ou le dernier filtre... l'impression  que  le passé resurgit  et que les rêves ne meurent jamais.  L'impression que tout se joue ailleurs, sur  une autre  fréquence que  celle employée couramment  pour le grand cirque  de ce nain d'unique  eunuque qui se voulut kalife à la place des kalifes. Fin d'un grand voyage en Inde, puis au Népal,  petit village à l'est de Katmandu,  famille  accueillante,  éternité d'une quinzaine de jours avant de repartir en pleurant, en faisant coucou de la main comme un bidochon qui retourne au pays des bidochons en se retournant le coeur  aussi.  Depuis, je n'ai jamais plus le même regard, sur ce qui m'entoure, depuis,  je me perds dans mon pays qui m'ennuie quand  il ne m'effraie pas. C'est pourtant bien ici, il y aurait tout pour être heureux, si les rêves n'étaient pas confisqués par ceux là mêmes qui  les galvaudent. Ce serait bien s'il ne faisait pas si froid dans les coeurs. Mais voilà que ce soir je suis reparti quelque part en Asie,  au pays des momos et  des namastés,  au pays  qui me souris quand je lui dis , je reste pas,  j'ai  plus une tune, çà fait rien qu'il  m'a dit reste une semaine de plus,  ce  n'est  pas grave, puisqu'on est bien ensemble...depuis je plaure comme un seul quand j'y repense, et quand je vois tous ces malheureux  qu'on refoule de chez moi, comme des boeufs que nous sommes devenus.  Je laisse aller en grand ce soir,  j'avoine, demain, on file,  on fait route sud, pour échafauder, faire un plan, préparer un poil d'avenir à reluire; demain promis, craché, on continue, pas à pas, heure après heure, jour après jour pour se retrouver enfin au bout du bout, dans mon petit village du Népal,et derrière le temple de Shiva, les rires des enfants qui jouent avec ma petite, partager le tali avec les parents, gouter l'éternité calée à quelques pas de la frontière chinoise et s'allonger au sommet des collines qu'on appelle ici des montagnes et se dire qu'on s'en fout puisqu'on est bien, on a rien mais on est bien, on a rien mais puisqu'on vous dit qu'on les emmerde les ceusses du grand cirque, de l'unique eunuque, tellement loin, tellement bien, tellement loin, tellement bien...undefined
La ballade touche à sa fin, retour de la tribu  en fin de semaine, vers la vallée d'où je l'espère  naitront de nouvelles aventures. On s'est offert des voeux, pas des voeux pieux. Si on avait pu on serait même offert des pieux, pour la jacquerie, tellement tous ceux qu'on a croisés étaient unanimes  sur le régime en place. Bien sûr, on n'a pas des vues similaires par hasard, on peut admettre facilement qu'il s'agit d'une famille de pensée puisqu'il s'agit d'amis. Mais là quand même, d'où que viennent les nouvelles, elles sonnent pareilles. Tout le monde est déboussolé par leundefined spectacle navrant du show présidentiel et ceux là que j'ai rencontrés se demandent jusqu'à quand çà va durer. Alors on s'est offert des voeux à la con, comme prendre son slip pour une tasse à café plutôt que ses désirs pour des réalités, en s'imaginant sarko largué par Carla le cocufiant avec Kouchner et des tas de joyeusetés de cet ordre, finalement des vengeances de populace écoeurées par ses princes. Rien de bien efficace, si ce n'est qu'à force de ressentiment et de sentiment d'impuissance face à l'injustice organisée, tant qu'à faire on en vient à l'appel à la désertion, à l'objection de conscience citoyenne. S'engager par sa façon de vivre, de ne plus participer  au spectacle, rendre obsolète définitivement tout ce qui sert ceux qui nous mènent en bateau, consommation, croissance, insertion, vote binaire dans une démocratie en trompe l'oeil. Leur signifier qu'on les a reconnu, et qu'eux seuls sont assis sur la branche qu'ils sont en train de scier trop occupés qu'ils sont à ammasser encore plus. Leur dire qu'ils peuvent se le mettre, le trou de la sécu, et puis de la dette aussi, et qu'ils se mouchent avec leurs statistisques à la con,  leur chomage en baisse et leur croissance à deux pour cent, en place pour presser le citron, tandis la bourse s'en balance, et innonder les infos prédigérées pour le bon peuple de chiffres à faire peur...tandis que, les robinets en or; à 8000 euros sur les yachts de luxe font fureur. Tant pis je me ferai tirer les oreilles par les citoyens vertueux mais Je n'irai plus voter, puisque le choix s'est réduit à plébisciter celui qui rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres ou celui ou celle qui ne dit rien trop content que le sale boulot se fasse à sa place. Il ne reste qu'à inventer ou réinventer, remettre le mot utopie au gout du jour et travailler pour le seul BNB, Bonheur National Brut, (Mathieu Ricard) encore qu'à mon gout national soit trop restrictif, tant qu'à faire dans l'utopie...

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