Marvin Pontiac, en fait il s'appelle John...peu importe, le CD tourne rond, ici sous la "Dent de Crolles", sur le plateau en face du massif de
Belledone, il a une voix comme JJ Cale, les mélodies me portent....Comme il y a deux ans au Népal, les mêmes mélodies, me portèrent un soir, allongé sur les
mêmes tapis, avant que je ne me lève pour rejoindre ma chambre dont je n'arrivais pas à ouvrir la porte vu que c'était le tableau accroché à coté que j'essayais d'ouvir sans succès depuis vingt
minutes...Que celui qui n'a jamais pêché me jette la première "Trois monts", ou le dernier filtre... l'impression que le passé resurgit et que les rêves ne meurent jamais.
L'impression que tout se joue ailleurs, sur une autre fréquence que celle employée couramment pour le grand cirque de ce nain d'unique eunuque qui se voulut
kalife à la place des kalifes. Fin d'un grand voyage en Inde, puis au Népal, petit village à l'est de Katmandu, famille accueillante, éternité d'une quinzaine de jours avant
de repartir en pleurant, en faisant coucou de la main comme un bidochon qui retourne au pays des bidochons en se retournant le coeur aussi. Depuis, je n'ai jamais plus le même regard,
sur ce qui m'entoure, depuis, je me perds dans mon pays qui m'ennuie quand il ne m'effraie pas. C'est pourtant bien ici, il y aurait tout pour être heureux, si les rêves n'étaient pas
confisqués par ceux là mêmes qui les galvaudent. Ce serait bien s'il ne faisait pas si froid dans les coeurs. Mais voilà que ce soir je suis reparti quelque part en Asie, au pays des
momos et des namastés, au pays qui me souris quand je lui dis , je reste pas, j'ai plus une tune, çà fait rien qu'il m'a dit reste une semaine de plus,
ce n'est pas grave, puisqu'on est bien ensemble...depuis je plaure comme un seul quand j'y repense, et quand je vois tous ces malheureux qu'on refoule de chez moi, comme des
boeufs que nous sommes devenus. Je laisse aller en grand ce soir, j'avoine, demain, on file, on fait route sud, pour échafauder, faire un plan, préparer un poil d'avenir à
reluire; demain promis, craché, on continue, pas à pas, heure après heure, jour après jour pour se retrouver enfin au bout du bout, dans mon petit village du Népal,et derrière le temple de Shiva,
les rires des enfants qui jouent avec ma petite, partager le tali avec les parents, gouter l'éternité calée à quelques pas de la frontière chinoise et s'allonger au sommet des collines qu'on
appelle ici des montagnes et se dire qu'on s'en fout puisqu'on est bien, on a rien mais on est bien, on a rien mais puisqu'on vous dit qu'on les emmerde les ceusses du grand cirque, de l'unique
eunuque, tellement loin, tellement bien, tellement loin, tellement bien...
spectacle navrant du show
présidentiel et ceux là que j'ai rencontrés se demandent jusqu'à quand çà va durer. Alors on s'est offert des voeux à la con, comme prendre son slip pour une tasse à café plutôt que ses désirs pour
des réalités, en s'imaginant sarko largué par Carla le cocufiant avec Kouchner et des tas de joyeusetés de cet ordre, finalement des vengeances de populace écoeurées par ses princes. Rien de bien
efficace, si ce n'est qu'à force de ressentiment et de sentiment d'impuissance face à l'injustice organisée, tant qu'à faire on en vient à l'appel à la désertion, à l'objection de conscience
citoyenne. S'engager par sa façon de vivre, de ne plus participer au spectacle, rendre obsolète définitivement tout ce qui sert ceux qui nous mènent en bateau, consommation, croissance,
insertion, vote binaire dans une démocratie en trompe l'oeil. Leur signifier qu'on les a reconnu, et qu'eux seuls sont assis sur la branche qu'ils sont en train de scier trop occupés qu'ils sont à
ammasser encore plus. Leur dire qu'ils peuvent se le mettre, le trou de la sécu, et puis de la dette aussi, et qu'ils se mouchent avec leurs statistisques à la con, leur chomage en baisse et
leur croissance à deux pour cent, en place pour presser le citron, tandis la bourse s'en balance, et innonder les infos prédigérées pour le bon peuple de chiffres à faire peur...tandis que, les
robinets en or; à 8000 euros sur les yachts de luxe font fureur. Tant pis je me ferai tirer les oreilles par les citoyens vertueux mais Je n'irai plus voter, puisque le choix s'est réduit à
plébisciter celui qui rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres ou celui ou celle qui ne dit rien trop content que le sale boulot se fasse à sa place. Il ne reste qu'à inventer ou
réinventer, remettre le mot utopie au gout du jour et travailler pour le seul BNB, Bonheur National Brut, (Mathieu Ricard) encore qu'à mon gout national soit trop restrictif, tant qu'à faire dans
l'utopie...
fleurs et tomates