Quoique j’aie pu en dire, le plus délicat dans un tour, c’est le retour. J’ai toujours aimé partir, sans jamais penser qu’il faudrait bien revenir. Tout comme la grosse boule sur laquelle je déambule, je repasse par les mêmes points. Solstices, équinoxes et autres lieus anonymes jalonnent le passage obligé. Je ne suis jamais qu’une petite bestiole, à la course erratique, tentant d’échapper à mon point fixe, le quotidien d’un p’tit bonhomme mesurant 1630 millimètres. Partir, c’est crever un pneu dit on, alors revenir est ce pour autant le regonfler ? Quinze jours à peine ont glissé dans l’ombre et avec les bras qui se rallongent on m’a collé une paire de lunettes. Avec une analyse toute bête, j’en suis à me tartiner une biscotte tristou avec un enduit ravaleur d’artères. Bonne année. C’est çà, bonne année. Qui n’a jamais pensé à la validité d’une telle injonction, au détour d’un bisou empreint d’une émotion couperosée, alors qu’épinglé déjà par ailleurs et en maints endroits du système digestif par un con de virus qui pose cette question essentielle, à l’heureux récipiendaire, m’agenouille ou bien m’assois-je ? Me revoilà c’est tout, avec intacte, l’envie de gueuler, et de la secouer cette année et jusqu’à la p’tite goutte. J’y mettrai tous les grains de sable que j’ai ramassé sur les plages du nord et de l’ouest, dans le fol espoir qu’elle déraille, qu’elle quitte et dévie des ornières bipolaires et franchouillardes. A demain, au plaisir retrouvé d’écrire au quotidien.
fleurs et tomates