Ce doit être l’automne. Surement, ça me rend mélancolique. L’hiver quant à lui me glace. Cet ascendant des saisons sur mon petit tempérament, me ravigote au printemps. Non, pour le moment c’est l’automne qui me rend d’humeur chagrine. Tout se teinte, réfléchit et me renvoie, dans la chute des feuilles au pourquoi des choses. Pourtant, samedi dernier, c’était un beau jour, de mon point de vue. Il faisait beau, un temps à marcher en quête de champignons. Les enfants étaient là, des amis aussi. Nous fêtions l’anniversaire de la petite dernière et, mes 48 ans. C’était vraiment une belle journée ce
samedi 7 octobre 2006, une de ces journées qui m’extrait de la nostalgie des rêves, des horizons lointains et des senteurs marines. Ces rêves et ces illusions qui ne font rien qu’à me chatouiller le nombril, lorsque je m’apitoie sur moi-même, trop souvent, beaucoup trop. Ce même samedi 7octobre, quelqu’une est venue tracer de manière indélébile ce jour et lui donner pour moi une toute autre signification. Une femme, assassinée dans une cage d’escalier, à Moscou. Anna Politkovskaïa, rédactrice du journal Novaïa Gazeta.
J’ai lu depuis, dans « Le Monde » du 11 10 06, l’interview de Ramzan Kadyrov, vice premier ministre de Tchétchénie nommé par V. Poutine, et qu’elle avait, très courageusement, questionné en 2004. Forcément, çà remet en place, et ça relativise mon appréhension de l’hiver. Face à Tsentoroï, ici c’est toujours l’été, même quand il gèle. Anna Politkovskaïa, chaque anniversaire est désormais comptable de mes renoncements ou de mes engagements, même si ces derniers sont insignifiants à côté des tiens.
fleurs et tomates