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Le temps qui passe

Octobre 2007
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Bien que bac moins trois, et ne maitrisant vraiment rien, il finit licencié. D’un coup de pied au cul qu'une langue de bois lécha en plan social, il se retrouva à la rue et hors des clous, diplômé à 3 balles et contrevenant à 4 euros.
akela-038.jpgLa phrase m’a choqué. Je l’ai entendue ce matin à la radio, « la ligne 14 est automatisée donc pas de perturbation… » C’est sûr, là où il n’y a pas d’êtres humains, ceux là ne perturbent rien. D’ailleurs, pourquoi ne pas tout automatiser, pourquoi ne pas faire en sorte que l’humain, coupable du désordre, soit expulsé de tout service public. Pourquoi ne pas le remplacer par des automates, propres à assumer leurs tâches sans broncher et ainsi permettre au travailleur du privé d’aller travailler plus pour gagner plus s’il le croit encore possible. C’est çà qui gêne, ces êtres qui réclament leur dû, alors que d’autres, « font contre mauvaise fortune bon cœur ». Je suis toujours étonné de cette propension qu’ont les « petits » à se montrer du doigt, à se désigner, à se traiter de privilégiés, sous l’œil amusé de ceux qui réellement brassent, qui dans le clair jusant où dans les marées boursières à coup de millions, de stocks option, de golden parachutes, de caisses noires, sans fonds même les a-t-on décrites officiellement. Alors c’est la grève. Au fond de ma vallée, au bout du hameau, je regarde la ruelle vide comme un hall de gare déserté. Ici, c’est l’habitude, elle est quasiment toujours vide, seulement troublée par le facteur lorsqu’il a une lettre pour moi. Parait que çà ne va pas durer. Et puis à quoi bon m’envoyer du courrier. Pas de banderole, pas d’annonce pour déclamer qu’un mouvement social perturbe. Ici, c’est la paix des cimetières. A-t-on déjà vu un cimetière en colère ? Pourtant, je voudrais bien m’associer au mouvement, mais c’est dur de provoquer un mouvement lorsqu’il s’apparente à un courant d’air dans la petite rue humide. Moi aussi, j’aurai droit à un régime de retraite spécial. Je crois même pouvoir dire qu’il s’agira d’un régime tout court…Un truc sans fioritures, sans superflus, une vraie pension de petit vieux, portion congrue, toute contrite, comme une trogne ahurie d’être rattrapée par le temps qui passe, puisqu’il n’y a plus que lui qui passe ici sur les viaducs, les derniers trains se sont endormis il y a plus de trente ans. Il m’arrive d’y penser parfois comme à la petite musique d’une chanson de Jacques Brel, « les vieux mêmes, riches, c’est toujours pauvre »     
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