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Le temps qui passe

Octobre 2006
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Il en est peu pour s’en préoccuper. D’évidence, c’est preuve que le problème ne fût point d’une urgence intenable. Non, c’est une résurgence d’un passé douloureux mêlé d’une nostalgie du gris et d’un zeste de cambusard. Une œuvre de bienfaisance dans un océan de bons sentiments, l’ultime tentative de rallier l’âme du Rhum à la soif culturelle, ressusciter l’antédiluvien pirate des caraïbes et son coté citron sur sirop de canne, supplanté, par le stakhanoviste et suce bigot nommé terroriste. Eh oui qu’on y songe un instant et voilà la désolante constatation, les noms des fiers vaisseaux de notre illustre Royale. Elle ne se pare qu’à de très notables exceptions près, que de nom de braves guerriers aux haleines si diverses. Imaginons un instant que nos fiers bâtiments portent les noms de Rousseau, Diderot, Voltaire de conserve avec La Beaumelle, Condorcet, Rabelais, Montaigne et le ravitailleur d’escadre Frère Jean des Entommeurs, le navire atelier Abbe Pierre, le navire d’expérimentations Albert Jacquard. Que de patronymes à trouver pour nos fiers bâtiments, qui s’en verraient obligés d’assumer des tâches à la hauteur d’une appellation contrôlée. Face au monde hypnotisé  par ses  propres cauchemards lançons une nouvelle flotte, à l’idée que d’autres lui répondront afin d’élever le débat.

 

 

 

 

Je jure que je n’ai rien fumé ni bu qui m’est poussé à délirer de la sorte, n’ayant d’autre excuse qu’un dimanche pluvieux à descendre en tapotant le clavier, genre de phrase à m’exposer des réparties les plus crues.          

 

 

 

 

 

 

 

 

                            

 

-A en croire, le Margoule viendrait ici pour y rechercher le soleil...

 

 

- le farniente ?

 

 

- Oui ‘MOS sieur’, ce désœuvré, ce fainéant cultive de l’oisiveté dans la paresse !

 

 

-c’est moins nocif pour la société que de traiter des oignons comme un champion cycliste.

 

 

- on imagine le margoule moyen fuyant, l’allégresse des cités radieuses.

 

 

 -Et c’est agaçant ta façon de parler beau. Tu y connais quelque chose aux cités toi ? Pour moi, un étranger quelque soit l’endroit d’où çà vient, çà vient toujours d’ailleurs,  Hein Edouard ?

 

 

- Oui Armand...

 

 

André, ouvrant le jeu :

 

 

-C’est impossible autrement, sinon il n’est plus étranger. Et avec vous, pas besoin de venir des antipodes, ou par delà la  grande bleue, l’ailleurs c’est aussi bien le département voisin, ou la vallée d’à coté.

 

 

Armand fournissant la couleur :

 

 

- Qui joue carreau, n’est jamais capot.

 

 

-En tout cas, c’est un ailleurs dont on ne s’attendait pas qu’il fût si proche.

 

 

- C’est incroyable, qu’il leur soit possible d’en venir. 

 

 

Elton rigole :

 

 

- Tout dépend de l’étranger. Avec un accent du nord et s’il achète très cher la vieille masure de feu ton oncle à demi écroulée, ce n’est plus vraiment un étranger. Coupé...

 

 

- Tu es sûr que tu n’en a pas ?

 

 

-De quoi acheter ou de la couleur demandée ?

 

 

-Tiens, tu voulais des points, tu n’auras que des brelles...

 

 

-tu te rends compte qu’on est ensemble ?

 

 

-Oh là, je me perds, dame de trèfle…Mais moi je travaille, eux, ils se mettent au R.M.I et ils se la coulent douce. Cà tombe tout seul, comme çà pas besoin de faire suer la terre !

 

 

-Pour faire suer la terre il leur faudrait du cœur au ventre.

 

 

-Tu as dis cœur, figure ?

 

 

-Eh oui, pas trèfle !

 

 

-On n’est pas à la parlotte, ici ce n’est pas le bar de la marine…

 

 

-Le roi de trèfle n’est pas tombé ?

 

 

-Tu es brave.

 

 

-Comment est il arrivé là, et par quels chemins ?

 

 

-Quel impertinent hasard l’a guidé jusqu’ici ?

 

 

- Mais au fait, qui lui a dit de venir ici et pas ailleurs, autre part, plus loin, chez d’autres ?

 

 

- autant dire chez des étrangers.

 

 

-t’étrangles pas comme çà ! Et oui je recoupe...

 

 

- Entre étrangers, ils auraient pu s’entendre. Ramasse-toi, au lieu de bailler aux corneilles...

 

 

- Ah, tu nous fais du mal à parler comme çà !

 

 

- tu ne veux pas que je m’excuse ?

 

 

- pose la, ton excuse...

 

 

- Eh, mais pourquoi viennent-ils déranger notre sérénité et trahir notre  inquiétude ?

 

 

- Fan, Elle finissait quand même par s’ennuyer ton inquiétude ! 

 

 

-Tout cela fait beaucoup de questions, trop d’interrogations...

 

 

- çà te fait réfléchir et çà te fait du bien !

- Ah non ! C’est pénible ces questions sans réponses ! Combien d’atouts sont tombés ?

 

 

-Cà ne t’embête pas de jouer avec un étranger ?

 

 

-  Et ouais, je me le demande, quand je te vois tout dépenaillé avec ton tricot, ta chemise, et  ton gilet au dessus du pantalon. Avec toutes ces couches, tu es habillé comme la fusée Ariane.

 

 

-comme un vrai margoule.

 

 

- tu m’embrouilles...

 

 

-Il te reste un atout ?

- combien de temps un margoule reste t-il un margoule ?

 

 

- probablement longtemps...

 

 

- le temps qu’il considère tout nouvel arrivant comme margoule... Petit au bout.

 

 

 

 

 

 

                                                  

 

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