Promotion

Cliquez ici pour recommander ce blog

Le temps qui passe

Octobre 2007
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Recherche


 

 Et je me suis redressé, comme un con dans mon lit. Comment vous dire mon ange, comment m’est venue cette idée saugrenue ? Une idée à se tirer une balle dans le cul. Comme çà, juste pour en finir, le jour où on lut la lettre de Guy Mocquet. Le jour où j’entendis dans mon poste au franc parler, François Chérèque, un poème à lui tout seul, une invitation à se recoucher. Une journée de merde à l’orée de la saison froide, une mayonnaise sur un jambon de madrange. J’étais là comme un con.   Comme un con posé dans cette journée. Comme toutes celles qui l’ont précédée, comme un abruti. Posé sur le quai de la gare dont on a coupé le son, au milieu des autres, immobile, dans un recoin comme une ombre, à regarder passer les courants d’air, qu’un dieu facétieux ou bien un pur hasard, qui sont souvent les deux, auraient animé par le bruit d’une feuille morte glissant et crissant sur le sol au devant des voix ferrées. J’étais prostré ou bien faisant l’andouille, et les yeux perdus à regarder passer la vie ou bien attendant BHL sur la telelibre comme on attend Godo ou bien les tgv ou bien les trains de banlieue ou bien rien, les yeux vides encore accrochés un centième de seconde avant que la balle ne sorte, contente d’elle au terme d’un parcours inhabituel. Et je les trouvais moches, la planète, la vie, les riches, les gains de productivité, le ministère de l’identité, l’égoïsme, la délation, le sport, les cons en général, la maladie et moi en particulier. J’aurais pu vivre à Karachi, au Darfour, à Delhi, rampé cul de jatte dans une rue crasseuse, à Bagdad, à Grozny, à Rangoon, à Ramallah, dans le détroit de Malacca, à Mexico, au Caire en son cimetière, et bien d’autres endroits de la planète aussi gais que l’enfer un jour de Toussaint, j’aurais pu m’exploser la gueule bien avant, être un gamin shooté à la colle, à Katmandou ou au Brésil. Me suis levé, ai regardé une dernière fois rue 89, puis Moati et son Riposte et ses petits gestes comme un moulinet impuissant et ridicule pour  souligner des questions futiles et puis c’est là, monsieur le commissaire de la porte Céleste que j’imaginais, une balle, une seule, comme une insulte, comme parle à mon cul, ma tête est malade. En un flagrant délire, d’un sursaut minable devant la vacuité, un rictus devant l’indicible ennui et la profonde tristesse de se sentir aussi nul qu’inutile devant celles qu’on aime. D’être rien, rien d’autre qu’une rature dans un livret de famille, un bégaiement dans un contrat d’insertion,  une merde sur une pelle en bois, une virgule tracée du doigt d’un dieux, perdue sur un carrelage à l’échelle des temps géologiques, ou bien dérisoire comme une feuille de papier chiotte qu’a raté son envol pour retomber collée entre la cuvette et le pot de la balayette. Alors je me suis recouché parce que ce n’était qu’un rêve et que même si dans ses rêves on en vient à se faire chier, il convient de dormir et espérer demain sans un ciel morose, sombre à se trouer le cul.  
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus