Ca m’a séché. Cette putain de nuit m’a séché. Quand le cœur est sec, on s’en fout de se lever à pas d’heure. Qu’il fasse soleil ou bien qu’il pleuve, qu’importe on
reste. On reste, comme on voudrait partir. On regarde comme d’autres méditent. Silence à l’intérieur. La bataille s’est achevée. Tout est déglingué, cassé. On dit poliment à l’autre qui
s’inquiète, je suis cassé, fatigué. Je suis fatigué d’être fatigué, fatigué d’être un rêve, un film dans la vie, une vilaine bobine déroulée, foulée. On se dit pour faire plaisir qu’on a de la
chance çà pourrait être pire. Qu’on a un toit, qu’on arrive à manger et, que la petite est belle. Regarde comme elle est belle, comme elle te sourit. Comme elle s’en fout de tout, du moment que
tu es là, près d’elle, sa joue à bisous à deux pas de tes lèvres. Alors tu pleures. Tu pleures comme un con. Encore comme un con, puis que tu ne sais faire que cela, le con. Et tu te dis peut
être et elle te dit encore.
fleurs et tomates