-Bonjour, je
suis chargé de vous présenter les ateliers
d’écriture…d’emblée, je dois dire qu’il s’agit bien d’une invitation, même si ce n’est pas si clair enfin bon… L’homme parle d’une manière hésitante, et avec embarras. Il demande à chacun de se
présenter en un tour de table, incitant les participants à aller au-delà d’une simple déclinaison de son identité et provenance. Cette observation, en dehors des deux premiers, sera vite
escamotée par tous. Le responsable d’antenne lui rappellera qu’il avait omis de se présenter. A ses cotés, une femme prend aussi de temps en temps la parole et ponctue la présentation du projet,
en tant qu’animatrice également. Ces deux là sont des journalistes payés par le conseil général, pour ce travail au sein de l’association Inter aide.
En plus des trois cités, une quatrième intervenante, certainement travailleuse sociale, contribue elle aussi de temps à autre à la discussion qui tarde à démarrer. Elle tente
de relancer un échange qui s’enliserait s’il avait eu lieu. Elle parle des « porteurs de projets » que nous serions, poncif ou concept fort utile au champ lexical bien fourni du petit
monde de l’insertion, à défaut d’être doté de moyens réels. Enfin, les mots sont importants. Ainsi ce matin, sommes nous réunis autour de phrases figurant sur l’invitation telles que :
« goûter à la saveur des mots » ou encore, « S’inviter à la fête du sens,… pour agir au jour le jour… »
Nous en sommes tous à continuer à nous dévisager, hormis trois ou quatre qui semblent suivre avec attention la présentation qui se poursuit.
– Moi, c’est T…, à propos vous n’auriez pas un tracteur…rires
Je pense au film d’animation Nemo, que j’ai vu avec ma petite fille, à la scène où deux requins devant une maigre assistance de petits poissons requis, se présentent dans cette
improbable réunion sous-marine :
-« bonjour, je m’appelle Bruce, les poissons je n’en mange plus, les poissons sont nos amis… »
– bonjour je m’appelle D…, dit la jeune femme, moi je ne sais pas si çà m’intéresse, au départ je voulais faire un stage de poterie, mais je n’ai pas eu le
financement…
- Justement, lui répond l’animateur, nous proposons également, la découverte et l’utilisation de l’ordinateur et l’accès à internet. De cette manière, par exemple, vous pouvez
voyager, étudier la technique des Kunas au Japon… La jeune femme en reste bouche bée, « la technique des Kunas au Japon » réponse aussi inattendue qu’à propos…
- ben… fait-elle. Mais elle se reprend et se montre plutôt intéressée.
- moi, dit la suivante, affligée de lunettes de soleil, l’ordinateur, je ne peux pas. C’est impossible, plus de cinq minutes et j’ai les yeux explosés. C’est comme avec les
néons…
Justement, la lumière des néons, c’est comme si il en pleuvait depuis le plafond tapissé de tubes dispensant également un surcroit de chaleur, donnant à la pièce
l’atmosphère étouffante des salles de classe en fin de matinée.
- on peut travailler à votre place…répond la troisième intervenante.
- on va penser à un autre type d’éclairage dit l’autre.
Il poursuit en insistant sur l’importance de renouer pour tous du lien social :…
-vous savez, selon une statistique, il est prouvé que 70% des mariages sont issus de rencontres nouées sur le lieu du travail…Trop fort l'animateur, trop heureux d'avoir
provoqué un sourire dans l’assistance soudainement soulagée à la pensée à ce supplément d’exclusion sans frais…
Suite dans : comment on pourra fabriquer un vrai recueil et un Cd pour aller à la Radio, et oui Radio Escapades et le présenter… Youpi, (digression de l’auteur en
proie à une joie indicible à ce moment de l’action...)
fleurs et tomates