Surtout, j’essaie d’être le plus léger possible...
Sur six milliards de vies humaines, la mienne n’est plus que la locataire d’un corps en fin de bail. Vais-je avoir le regard du moribond, avec la vie qui s’étale en cinémascope devant les mirettes. Alors Machin, on fait l’état des lieux ? Alors ce bail, on le renouvelle ou pas ? Ben la décision ne m’appartient pas. D’ailleurs plus rien ne m’appartient. Voilà un moment intéressant, qu’en est-il de tout ce que je possède ? Je peux toujours essayer de m’accrocher à mon tuyau d’arrosage, à mon râteau, à mes souvenirs, à mon livret, et...eh, dites les Dieux, je ne pourrais pas rester encore un peu, juste un peu ? Je vous assure que je ne fais pas le malin. Non, je n’ai pas dit « le Malin ». C’est le moment de jouer la montre. Réfléchissons, l’air de rien. C’est bien joli les histoires de lâcher prise. Mais y’a pas à dire, je préfère tenir. Je m’agrippe. J’ai toujours eu du mal à croire. Enfin même de çà, je ne suis pas sur ! Je voudrais bien. Et puis j’en sais rien, je n’ai pas vraiment la foi, j’ai plutôt les boules. Je baigne dans la confusion, oui c’est cela, je suis confus et déconfit. N’empêche, il me vient à l’idée que j’habite un pays riche. Ailleurs, mettons plus vers le sud ou un peu plus à l’est, je serais déjà mort, pas le temps d’être confus.
Imagine la scène, autre part, avec les mêmes dialogues. Au Darfour, au Sri Lanka, en Irak, à Lagos, en Tchétchénie, du côté de Ramallah, « je prends une douche Doudou, appelle les pompiers », non non, décidément ça ne colle pas. C’est même carrément indécent ... Puis les pompiers, le médecin dans les dix minutes, dans ce hameau du bout du monde, le matériel sophistiqué, téléphoner ...La taille des bêtes qui piquent ? Je vois un ange qui sourit. A suivre…
fleurs et tomates