A ceux qui ce matin se sont réveillés sans être élus, et qu’un mal de cheveux gratte l’agacin ou qu’une perruque en peau de fesse baille tristement. Qu’ils s’en souviennent. Il parait qu’on a les femmes et hommes politiques qu’on mérite. En sachant que j’irai probablement voter, les heureux prétendants oseront t-ils se payer ma tête ? Saura-t-elle, saura-t-il, être représentatif, de l’individu, somme toute fragile et parfois déconcertant, et ci devant représenté par une de ses photos, autant que des millions de portraits hexagonaux qui en peignent autant d’électeurs. Imaginons son premier discours : Mes chers compatriotes, pfft…
…Je suis spectateur de mon évacuation. Je m’abandonne à mes sauveteurs. Respire, respire pas. Je m’en fous, ce qui m’importe c’est ma Doudou qui pleure. Je crois qu’elle a peur. Moi, je fais de mon mieux pour lui montrer que je me sens rassuré, enfin presque. Je m’efforce d’y croire. Paraître crédible une fois dans ma vie. Et puis à cet instant, on me veut du bien. Elle me semble enfin importante cette vie qui se loge dans mon cœur et encore au chaud dans un petit corps d’athlète. Pas d’erreur, je partage bien la même que ceux qui peinent à me descendre dans l’étroit et vieil escalier de la terrasse. Plus que de moi, il s’agit d’elle.
Avec le soleil plein la gueule, puis à l’ombre dans la ruelle, je traverse le hameau allongé, à un mètre du sol comme en lévitation à travers les parfums de cuisine. J’aime çà, la cuisine. Et puis c’était l’heure et c’est maintenant qu’on m’emmène. Devoir s’abandonner à la bonne heure, c’est cruel. Mais il en est pour qui il n’y a jamais de bonne heure, que l’abandon chaque jour qui passe. Mon regard se noie dans le bleu du ciel. Les nuages m’invitent. Aujourd’hui, comme c’est beau chez moi,...Tout le monde devrait pouvoir vivre dans un endroit qui caresse le regard avant de partir… A suivre.
fleurs et tomates