C’est comme çà quand on a la langue bien pendue, on a toujours quelque chose à dire. Pareil pour l’écriture, la magie des mots qui m’entrainent, opère à chaque fois que je m’y laisse aller au clavier ou avec la bille d’un stylo, ou mieux encore, avec la mine d’un crayon papier. Il n’y a qu’à suivre, rien n’est indiqué mais on trouve de tout. C’est un pur moment de bonheur pourvu que je m’y laisse aller. Puis vint le blog, comme une obligation pour moi, un effort dans la régularité pour délivrer une note intérieure, une aubaine pour tout dire puisque cela s’apparente presque à un devoir, j’allais dire un travail. Comme au temps où j’installais mon étalage sur le marché où je vendais mon pain. Je faisais bien plus que de vendre du pain. J’attendais, et voilà que le monde venait. Magie également de ces rencontres hebdomadaires, où l’échange autour d’un pain de campagne donnait à parler, s’informer, s’émouvoir. Mais voilà, depuis deux jours, je suis sec. L’inspiration ne s’est pas tarie, non, elle est retenue. Polie, elle a de la retenue même. Je ne puis rien dire tant ce que j’ai à dire me semble futile après avoir entendu dans mon poste Inter et qui est aussi « passée » à France Culture, Celhia de Lavarène. Je vous délivre la présentation que j’ai reprise texto sur le site de France Culture :
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Célhia de Lavarène |
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Au Libéria, petit pays d’Afrique de l’Ouest ravagé par 14 ans de guerre civile, passer la nuit avec une gamine de 15 ans coûte 300 $, l’acheter coûte entre 4000 $ et 6000 $.
Les clients de ce trafic sont les hauts diplomates libériens, les diplomates, les membres d’organisations humanitaires, les casques bleus.
Célhia de Lavarène est journaliste de formation. En 2004, elle part au Libéria pour lutter contre le trafic d'êtres humains, sous drapeau onusien.
Dans Visa pour l’enfer – Une femme combat les marchands du sexe (Fayard), elle raconte l’histoire de ces tout jeunes gens en provenance d’Ukraine, de Russie, du Maghreb, kidnappés ou vendus, privés de passeport, battus et forcés à se prostituer.
Voilà pourquoi, je restais muet. Je vous invite à écouter cette femme, cette colère. Ca m’a touché, tellement fort qu’il me semblait dérisoire et ridicule mon petit blog à coté du devoir de relater tout simplement, l’inadmissible, j’allais dire « l’inhumain » mot à proscrire à mon avis… Aller sur le site de France Culture on peut réécouter l’émission.
fleurs et tomates