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Le temps qui passe

Novembre 2007
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Message reçu.... de "la Compagnie Tire Laine"...


Bonjour,
 
Engagée depuis plusieurs années dans la lutte contre toutes sortes de discriminations, cette année la Cie du Tire-Laine a co-produit dans le cadre de la lutte contre le virus du Sida un CD 8 titres accompagné d’un clip vidéo en collaboration avec les « femmes panthères ». Clip c’est nécessaire :
http://www.ipernity.com/doc/27007/990147

Par le biais de ce Cd, nous souhaitons très largement sensibiliser toutes les générations et particulièrement les jeunes au fléau du virus du Sida.
 
Celui-ci est en vente à 10 euros dont une partie des fonds sera reversée à l’association Stop Sida du centre hospitalier de Tourcoing et dirigé par le professeur Mouton.
 
 
Si cette action vous intéresse et si vous souhaitez y collaborer, nous tenons à votre disposition les CD.


Clip c’est nécessaire : http://www.ipernity.com/doc/27007/990147


Je me tiens à votre disposition pour tout complément d’information.

Bien cordialement,

Agathe Cornille
Chargée de diffusion

LA COMPAGNIE DU TIRE-LAINE
(collectif d’artistes)

50, rue de Thumesnil
59000 Lille (France)
Tel: 00 333 20 12 19 77
Mobile: 00 336 28 34 74 56
Standard: 00 333 20 12 90 53
E-mail:
acornille@tire-laine.com
Site web:
www.tire-laine.com
http://www.myspace.com/swinggadge
http://www.myspace.com/tarafdekale
http://www.myspace.com/leglobal

Membre de Zone Franche le réseau des Musiques du Monde















Fin novembre, les premières décorations de consommateurs illuminés fleurissent déjà sur les façades, pignons, toitures, nains de jardin ect...Aucun doute, noël sera encore en décembre., d'ailleurs le père noël à parlé au peuple...mais on était censé ne pas en parler....

Alors, un ptit cadeau en avance, pour préparer çà, une page de Karine Bergami......


*Pour Moderne tapez 1, pour Absurde tapez 2*
 
 
 Bienvenue chez Dépannage Affectif, nous vous rappelons que notre
 service est ouvert 24 heures sur 24. Un opérateur va prendre votre
 appel. Devant le succès de nos offres en cette période de fêtes, nous
 espérons que l'attente ne sera pas trop longue. A tout moment vous
 pourrez revenir au début en appuyant sur la touche*. Dans un souci de
 qualité, nous vous signalons que cette conversation peut-être
 enregistrée. Nous vous rappelons que pour visualiser les différents
 modèles disponibles vous devez vous rendre sur notre site internet :
 
 Si vous cherchez des amis pour passer Noël, tapez 1.
 
 Si vous cherchez de la famille pour passer Noël, tapez 2.
 
 Vous cherchez de la famille pour Noël : pour une famille standard,
 comprenant les parents, deux enfants tapez 1
 
 pour une famille élargie : parents, enfants, grands-parents, tapez 2.
 
 pour un couple homosexuel : tapez 3
 
 Vous avez choisi une famille standard : pour le modèle famille bobo
 tapez 1, pour une famille bon chic bon genre tapez 2, pour une famille
 rustique tapez 3, enfin pour une famille ésotérique tapez 4.
 
 Vous avez choisi une famille bobo : si vous le désirez vous pouvez
 rajouter un chien
 
 un labrador sable avec pedigree : tapez 1
 
 un bâtard, tapez 2
 
 pas de chien, tapez 3
 
 Vous avez choisi l'option labrador sable avec pedigree.
 
 Pour des parents travaillant dans la publicité tapez 1, pour des
 parents travaillant dans la mode tapez 2, pour des parents
 journalistes tapez 3
 
 Vous avez choisi des parents travaillant dans la mode.
 
 Pour les opinions politiques : droite libérale tapez 1, centre tapez
 2, socialistes tapez 3, communistes tapez 4. Pour des raison éthiques
 les choix révolutionnaires, anarchistes, altermondialistes ou autre
 mouvance ne sont pas acceptés.
 
 Vous avez choisi tendance socialiste.
 
 Pour les enfants vous avez le choix entre : deux garçons tapez 1, deux
 filles, tapez 2, un garçon et une fille, tapez 3, de vrais jumeaux
 tapez 4. Nous nous engageons à ce que pour les enfants les vaccins
 soient à jour, notamment ceux contre la grippe aviaire.
 
 Vous avez choisi un garçon et une fille.
 
 Si vous voulez qu'ils parlent français et anglais : tapez 1
 
 français, anglais et espagnol : tapez 2
 
 français, anglais et allemand : tapez 3
 
 français, anglais et chinois mandarin : tapez 4
 
 juste français : tapez 5
 
 Vous avez choisi français, anglais et chinois mandarin.
 
 Pour la tenue vestimentaire de la famille :
 
 pour des habits de fête entièrement réalisés par des prisonniers
 politiques tapez1
 
 pour des habits de fête cousus main par des enfants chinois tapez 2
 
 pour des habits de fête réalisés dans nos succursales tunisiennes tapez3.
 
 Vous avez choisi, les habits de fête réalisés par des prisonniers
 politiques.
 
 Nous vous rappelons votre commande. Vous avez choisi une famille bobo
 pour passer Noël, comprenant l'option labrador sable avec pedigree,
 des parents socialistes travaillant dans la mode, un garçon et une
 fille vaccinés contre la grippe aviaire parlant le français,
 l'anglais, le chinois mandarin, en habits de fête réalisés par des
 prisonniers politiques. Coût total 350 euros. Vous vous engagez à nous
 rapporter le produit à notre point relais le 25 au soir. A signaler,
 les repas sont à votre charge ainsi que les cadeaux. Nous vous
 imposons la nourriture 100% OGM pour une garantie de qualité. Pour
 confirmer tapez 1, pour annuler tapez 2.
 
 La livraison aura lieu le 24 décembre au soir à domicile, vers 20h.
 
 Dépannage Affectif vous remercie de lui avoir fait confiance. Nous
 espérons que vous serez satisfaits de nos produits qui ne sont ni
 repris ni échangés durant la durée de validité du contrat.
 
 Nous vous enverrons un sms de confirmation juste avant la livraison.
 
 Coût total de la communication : 50 euros pour 15 mn
 
 A signaler, les soldes (de 30 à 50% suivant les produits) commenceront
 dès le 2 janvier.


Karine Bergami


30162413.jpgC'est comme çààààààààà....mais çà fait chier quand même d'être tué par la mort...Allez hop, un ptit train dans la campagne jusqu'à travers les cieux et je m'arrêterai encore quoique je fasse, lorsque j'entendrai la musique des Ritas , parce qu'à l'instant où déboule la guitare du Chichin, y'a plus rien d'autre à faire que de danser comme un con et  que d'essayer de gueuler tandis que Catherine, elle, chante, lalalalalaaaaaaa....C'est comme çà et du reste on s'en fout. 
De là ou j’habite, je ne peux pas avoir l’indécence de comprendre ce qui se passe dans les banlieues. Nous sommes huit à vivre dans un hameau qui, il y a 4 siècles comptait dans les deux cent  « âmes ». Ce n’est pas une grande maison. C’est juste une ancienne bâtisse accolée à une plus grande qu’un propriétaire, métayer, prêtait à un journalier et que ma compagne obtint pour très peu, à refaire, bien avant la folie de l’immobilier. Dedans, il n’y a rien de trop, mais on s’y tient chaud l’hiver. L’été, on est dehors, c’est plutôt beau autour. Il y a de l’espace, de l’herbe, des fleurs sauvages, des arbres, et tout autour le monde. Le vent s’engouffre parfois dans la vallée, dévalant des hauteurs du massif, nous rappelant qu’ici, le maitre ce n’est pas nous, c’est la nature qu’il représente. Et puis, il y a l’orage, des fois, et la terre qui révèle son parfum aux premières gouttes de pluie. Et puis il y a la neige des fois et le plaisir de se sentir coincé dans la virginité d’un décor assourdi. Et puis il ya l’impression, que le temps n’a pas de prise ici, même si l’électricité y arrive, même si l’ordinateur a ouvert une fenêtre au delà des montagnes. Je sais bien que si je ne trouve plus mes clefs de voiture, j’irai jusqu’au bout du hameau, sans me presser, vers ma vieille voiture, c’est qu’elles sont restées au contact… Je me souviens gamin, de la banlieue où j’habitais, près de la gare de triage. J’ai fait parti de ceux qui sont arrivés les premiers, dans les grands ensembles construits au début des années soixante. Je suis certain, que la vie n’y avait rien à voir avec celle qui s’enrage dans son mal être à présent. Non, je me souviens juste de la tristesse, du béton froid, de l’architecture sommaire à l’exemple des boites aux lettres des grands halls. Je me souviens d’imaginer la mer dans les céramiques bleues des pignons des tours, des terrains vagues qui partageaient encore les grandes murailles et nous offraient l'illusion d' un espace à conquérir. Je me souviens de l’odeur des caves et des incendies de poubelles, du clic de l’interrupteur des chiottes de l’appartement à l’étage au dessus du mien, lors que j’étais couché. Des cris, des engueulades, de la musique, des mobylettes, du ronflement d’une voiture sur le parking qu’un père de copain s’acharnait à réparer sans cesse allongé dessous la carcasse. Je me souviens « d’esperanto parolata », affiché sur la porte d’en face dans le couloir. Je me souviens de nos bagarres, de « d’abord moi mon père, il est communiste…et ben moi le mien il est américain …», je me souviens qu’on était fier de nos pères et de nos mères qui partaient à leur boulot. Même s’il était à la voierie, le mien était chef de gare, même s’il était brancardier, le tien était chirurgien… Ils étaient là pour nous, pour nos bleus, nos genoux saignants, pour notre fierté…Je me souviens du bonheur quand à la retraite, mon cheminot de père, m’annonça qu’on repartait au pays en disant, Bretoned karit Breiz bro ho tadou, et de laisser sans regret, ou juste pour les copains, ma cité, si bien ordonnée. Mêmes neuves, comme elles étaient tristes pourtant ces banlieues. Mêmes avec de l’emploi ces endroits, nos pères espéraient bien les quitter. On sentait bien qu’il s’agissait d’un autre monde qui nous était réservé, qu'on était un peu parqués, en transit dans la vie. Que dire aujourd’hui, si longtemps après, tant de misère en plus, si ce n’est de constater la fin d’un monde, ou l’envie des autorités "compétentes" de ne pas le voir.
 
 
Mise à prix : un lot de deux boules de Noël...
Content d’en être au mardi. C’est con. Mais tout de même hier c’était vraiment un lundi, même si je m’en fous comme je l’ai dit. Quand on se sent à coté de la plaque tectonique, on a tendance à s’en gratter derrière l’oreille. Hier dans mon poste Inter, au-delà des exploits de notre président qui est arrivé en chine par avion, prix spécial contre pétrie décerné à qui trouvera, François Hollande, meublait comme il pouvait, son temps d’antenne chez Nicolas Demorand. Il n’a rien trouvé à redire quant à la vente de centrales nucléaires à la chine, pas plus qu’il n’a trouvé à redire sur pas grand-chose finalement, confirmant l’adage « qui ne dit mot consent », me laissant l’impression que cette opposition là, se contenterait de laisser faire le délicat travail de réformes en court par d’autres plus forts que lui pour tout casser. Tant qu’à ne rien faire, autant ne rien dire non plus, c’est toujours çà de moins à se faire engueuler… Ah, si peut être, le pouvoir d’achat, il a trouvé que du coté du pouvoir d’achat…c’était pas çà. Eh oui du pouvoir d’achat, pour se procurer comme des consommateurs dociles, toutes les merdes qu’on ne fabrique plus chez nous, et qui nous reviennent par container depuis la mer de chine. Remplir les lideules, les supermarchés, de tout un tas de saloperies plastiques et quincailleries festives pour Noël que les chômeurs, précaires, ou ex futurs privilégiés vont mécaniquement acheter pour décorer le sapin plastique et remplir leurs odoriférants chaussons à deux balles et aux semelles décollées en trois jours. Sans compter que çà craind vraiment, parce qu'au train ou çà va, en plus des boules de Noël et des chaussons merdiques, les  saloperies de centrales nucléaires qu'on ne manquera pas pas d'avoir en retour de container, aussi bien contrefaites et confites, elles risquent bien de nous péter à la gueule commes des semelles en feutre... 
DSCF0054.JPG

« …Car enfin la justice entre les mains des puissants n’est qu’un instrument de gouvernement comme les autres. Pourquoi l’appelle t- on justice ? Disons plutôt l’injustice, mais calculée, efficace, basée toute entière sur l’expérience effroyable de la résistance du faible, de sa capacité de souffrance, d’humiliation et de malheur. L’injustice maintenue à l’exact degré de tension qu’il faut pour que tournent les rouages de l’immense machine à fabriquer les riches, sans que la chaudière n’éclate… »
 Ces lignes ne sont pas extraites d’un manifeste, d’un appel révolutionnaire, ou bien nées de la tourmente des manifestations réprimées dans l’effroyable Russie de Poutine, ou bien des cours de la plus grande et triste usine du monde qu’est la chine, ou encore d’un meeting de grévistes désillusionnés dans la France des otages de Nicolas Sarkozy. Non je les ai extraites du « Journal d’un curé de campagne » de Georges Bernanos. Parce que la tête triste du curé sur la page de couverture de cette réédition, de ce livre de poche de1961, avec en arrière plan le village m’a semblée proche de moi, de ma vie ici, dans le long mouroir qu’est l’hiver des campagnes qui se traine du 15 août au 14 juillet. Alors j’ai pris ce livre, entre autre livres. Je me le réserve, tandis que j’en ouvre et en lis d’autres. Celui-ci, je le goute ligne après ligne, mot après mot. Jusqu’à la lie. L’estomac noué du même doute et par le même vin mauvais. J’y reviens, comme on retourne la question. Je saute en arrière et m’y dissimule autour d’un paragraphe comme une moto y dévale les routes sinueuses d’une campagne vallonnée et y disparaît tandis que l’on entend encore le bruit du moteur. Réfugié ici, dans ce livre, comme dans mon hameau craché d’entre les cuisses de la montagne, dans ma campagne rude et inhospitalière, comme un colonel Laurence y noie ses souvenirs et y attend le jour fatal au bout d’une rare ligne droite. Comme on s’enfuit d’un bourg de France par trop semblable au Groland qui fait rire d’eux-mêmes ceux qui ont perdu la force ou bien la lucidité d’en pleurer. Il est six heures et j’aimerais que cette ligne droite fut devant moi à cette heure, à cette heure où tout est possible, apaisé enfin d'une nuit blanche passée, juste avant le lever du jour. Juste avant la déception de parcourir la journée qui vient, cent fois décrite par de plus illustres et doués que moi qui n’ont tiré de leurs mots admirables que le triste constat des illusions d’un monde fabriqué par ou pour l’injustice.
« L’espérance est un risque à courir » a parait-il fait mettre en épitaphe sur sa tombe, Georges Bernanos. Comme je souhaiterais qu’elle en soit ainsi, comme une invitation à sourire à ma petite fille qui à cette heure ci dort encore, au chaud, bercée dans l’innocence avant que ne se lève le jour.
 
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