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Le temps qui passe

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Lettre d'un directeur d'Ecole au président de la république...

Montpellier, le 25 novembre 2008,

Cazals Bastien
Montpellier
à
Monsieur le Président de la République
Palais de l'Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris


Monsieur le Président de la République,

Si je prends la liberté de vous écrire cette lettre, c'est qu'aujourd'hui, en tant qu'enseignant et directeur d'école comme en tant que citoyen, je suis en colère, proche de la révolte. Je ne peux plus me taire. Je me dois de réagir.

Permettez-moi, tout d'abord, d'insister sur l'expression de mon profond attachement et de mon immense respect pour cette République française dans laquelle j'ai eu la chance de venir au monde. Je suis attaché à ce pays car je considère qu'à certaines périodes de sa longue histoire, il s'y est dit, écrit et  fait de si belles choses. Outre l'immense patrimoine culturel qu'elle a constitué, la France – tout  particulièrement de sa révolution de 1789 au programme du Conseil National de la Résistance, en passant par la République et sa loi de 1905 sur la laïcité – a su porter si haut et avancer si loin les valeurs universelles consacrées dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qu'elle a fini par faire le choix ambitieux d'une république laïque et démocratique où tous les citoyens vivent ensemble, en bénéficiant de la liberté, de l'égalité et de la solidarité ! Tellement admirable que j'ai choisi de servir cette République, ma République. J'en serais presque fier... sauf que je ne suis pour rien dans tout cela, j'en hérite. Et un tel héritage se partage ou se défend !

C'est ainsi que j'arrive à l'objet de ma lettre. En ce début de XXIème siècle, que reste-t-il de l'état républicain à la fois puissant et protecteur, comme de ses grandes missions d'intérêt public ? Plus grand chose : les idéologies en vogue étouffent la flamme républicaine tandis que les réformes en cours dépècent les derniers lambeaux des services publics. D'autres pourraient citer la justice, la santé ou la solidarité, je vous parlerai de ce que je connais, de ce que j'ai choisi : l'école primaire publique.

Monsieur le Président, autant vous le dire de suite, avec les transformations qui s'opèrent actuellement, l'État ne pourra plus garantir à chaque citoyen les mêmes droits en terme d'éducation. Et il s'agit, là, du déni d'un droit fondamental, surtout dans une république qui se prétend historiquement éclairée par le savoir et la pensée, la finesse et le bon goût. Cette ''modernisation'' de l'Éducation Nationale, qui se construit pas à pas depuis des années, avance sur plusieurs plans à la fois mais dans une grande cohérence. Sachant que votre temps est précieux, j'ai donc choisi de n'en aborder qu'un aspect, le plus saisissant.

Ayant déclaré la guerre contre l'échec scolaire, votre ministre en charge du dossier a entrepris de moderniser l'école prétendument dans l'intérêt des élèves mais avec quand même, dans un coin de la tête, les impératifs budgétaires liés à la mise en œuvre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), au respect du pacte européen de stabilité et autres contingences financières. Ainsi, à cette rentrée 2008 et sans concertations préalables aux prises de décisions, M. Darcos a ainsi décidé :

- de mettre en place des nouveaux programmes qui conviennent parfaitement aux élèves comme ma fille, qui est structurée, attentive et appliquée, mais ne laisseront que peu de chances à son copain Victor de surmonter ses difficultés d'apprentissage ;

- de diminuer le nombre d'heures de classe pour les élèves comme ma fille qui travaille bien et comprend vite mais pas pour Victor qui est soutenu 2h par semaine dans ses difficultés d'apprentissage e

- et de renforcer le dispositif de stages de remise à niveau en CM1/CM2 pour que Victor entretienne ses difficultés d'apprentissage pendant les vacances de ma fille...

Mais ce n'est pas tout – et Victor est finalement un peu chanceux, car la rénovation du primaire est en cours et, pour la rentrée 2009, sans plus de concertation, M. Darcos nous annonce qu'il va :

- supprimer progressivement les enseignants membres du Réseau d'Aides Spécialisées au Enfants en Difficulté (RASED) qui aident Victor pendant le temps scolaire et sans lui refaire la classe ;

- mettre toujours plus d'élèves par classe – puisque toujours moins d'enseignants – ce qui ne plaira pas trop à ma fille qui aime avoir l'attention de la maîtresse mais beaucoup à Victor qui préfère se faire oublier ;

- et remplacer la prise en charge à l'école publique des 2/3 ans par leur accueil dans des structures locales payantes, ce qui n'affectera pas la scolarité de Victor mais de son petit frère Hugo qui restera encore un an à la maison avec sa maman car « sa veau pas l'coup de bosser au smig si faut payer le jardin des veilles » ! Hugo n'aura donc pas la chance de son frère de bénéficier des apports langagiers et de la stimulation cognitive d'une première socialisation à l'école maternelle.

Croyez-vous sincèrement, Monsieur le Président, que votre ministre pourra, par de telles réformes, atteindre l'objectif qu'il s'est fixé de diminuer par trois le nombre d'élèves en difficulté ? Et pouvez-vous m'affirmer que l'école primaire de demain continuera d'assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale ?

Actuellement, nous assistons à la mise en œuvre, à marche forcée, des dernières grandes étapes de la transformation du système éducatif français. J'en veux pour preuve l'autoritarisme croissant exercé par la hiérarchie, le souci de rendre improductif l'exercice du droit syndical au travers du Service Minimum d'Accueil (SMA), ou celui de faire surveiller l'opinion et l'activisme des enseignants !

Aussi, comme bon nombre d'entre eux, j'entre aujourd'hui en résistance parce que je ne peux me résoudre à ce que l'école publique, mon école, ne se préoccupe ni de Victor, ni de Hugo, sans être pour autant en mesure de faire éclore un nouveau Victor Hugo. La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration (article 15 de la DDHC de 1789) c'est pourquoi d'un fonctionnaire dévoué je me vois contraint de devenir un fonctionnaire désobéissant ! En conséquence, en tant qu'enseignant tout d'abord, je prends les décisions suivantes :

- Je n'appliquerai pas les nouveaux programmes mais continuerai à travailler dans l'esprit des programmes de 2002 (qui n'ont d'ailleurs fait l'objet d'aucune évaluation).

- Je n'effectuerai pas l'aide personnalisée auprès des élèves (qui est destinée à remplacer l'aide spécialisée du Rased) mais mettrai à profit ces 60 heures annuelles pour rencontrer les parents deux fois dans l'année (en milieu et fin d'année), organiser les projets pédagogiques collectifs et également pour faire vivre la bibliothèque de mon école (qui est actuellement sous-utilisée faute de personnel mis à disposition).

- Je ne déclarerai pas à l'administration mon intention de faire grève, 48h à l'avance, mais j'informerai, comme par le passé, les parents d'élèves au moins deux jours avant.

- Je ne me porterai jamais volontaire pour les stages de remise à niveau ni ne transmettrai de liste d'élèves.

Ensuite, en tant que directeur, je prends les décisions suivantes :

- Je ne participerai plus au fichage centralisé des écoliers via Base Elèves

- Je ne traiterai plus que les demandes administratives qui concerneront directement les élèves, mes collègues ou le fonctionnement de mon école.

Enfin, en tant que simple citoyen en dehors de tout parti politique, je n'empêcherai pas la diffusion de ces prises de position professionnelles mais au contraire, tenterai de participer à l'émergence d'une résistance citoyenne et non-violente, porteuse d'un projet de société généreux et ambitieux – depuis la crise financière, nous savons tous qu'il est possible de trouver beaucoup d'argent lorsque c'est nécessaire – car notre République est en train de tourner le dos à ses dernières missions d'intérêt public...

Conscient que vous ne mesuriez probablement ni l'ampleur du désastre qui menace l'école, ni celle de la colère qui submerge le monde enseignant, je sais que vous entendrez mon appel et ne décevrez pas l'espoir que je mets dans la grandeur de votre fonction.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Président de la République, l'expression de mon attachement respectueux à la dignité de l'État républicain laïc et de croire en ma détermination à continuer d'œuvrer pour tous les élèves qu'ils soient ma fille, Victor ou Hugo.

CAZALS Bastien

 

 

 

Samedi 29 novembre 2008

Journée nationale d'actions "Ni nucléaire, ni effet de serre"
Plus de 50 actions décentralisées dans toute la France

La 14ème Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques 
a lieu du 1er au 12 décembre 2008 à Poznan, en Pologne. Il est 
nécessaire que les citoyens expriment leur inquiétude face au 
dérèglement climatique, mais aussi leur rejet du nucléaire, 
abusivement présenté comme une option favorable au climat.

Aussi, le Réseau "Sortir du nucléaire", qui anime avec le soutien de 
nombreux partenaires (*) une campagne nationale intitulée "Ni 
nucléaire, ni effet de serre" (
http://ninucleaire ),-nieffetdeserre.org

 organise samedi 29 novembre une grande journée 
d'actions décentralisées sur ce thème, dans toute la France et au-delà.

Des initiatives auront lieu dans de grandes villes comme Paris, 
Bordeaux, Toulouse, Rennes, Lyon, Strasbourg, mais aussi dans de 
nombreuses villes moyennes ou non loin d'inslattations nucléaires

Pour illustrer ce thème, des manifestants porteront des masques, 
tubas, palmes, bouées, etc. Et pour rappeler le péril nucléaire, les 
attributs habituels des actions antinucléaires : drapeaux, 
banderoles, fûts "de déchets radioactifs", combinaisons blanches...

Il se trouve que ce sont les mêmes mesures qui permettent de lutter 
contre le changement climatique et de sortir du nucléaire : réduction 
de la consommation d'énergie des pays riches, efficacité énergétique 
(consommer moins pour le même confort) et développement massif des 
énergies renouvelables.

(*) Partenaires de la campagne : Action consommation, Agir pour 
l’environnement, Alternative libertaire, Avigolfe, Biocoop, CAP21, 
Chiche !, Confédération paysanne, Cyberacteurs, Enercoop, Fac Verte, 
Greenpeace, Les Amis de la terre, Les Verts, LCR / NPA, Mouvement 
pour une Alternative Non-violente, Nature et pogrès, Objectif 21, 
Réseau Action Climat, etc.

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Listes des villes où ont lieu des actions locales
(voir les détails sur
http://ninucleaire-nieffetdeserre.org/spip.php?
rubrique28 )

Carcassonne (11), Angoulème (16), L'Houmeau (17), Brive (19), 
Lubersac (19), Dijon (21), Guingamp (22), Nontron (24), Valence (26), 
Brest (29), Morlaix (29), Saint-Jean-du-Gard (30), Toulouse (31), 
Bordeaux (33), Vitré (35), Rennes (35), Tours (37), Lons-le-Saunier 
(39), Saint-Etienne (42), Angers (49), Cholet (49), Pont-à-Mousson 
(54), Vannes (56), Auray (56), Lorient (56), Flers de l'Orne (61), 
Croisille (62), Saint-Omer (62), Strasbourg (67), Biederthal (68), 
Blotzheim (68), Lyon (69), Saint Bel (69), Le Creusot (71), Paris 
(75), Le Havre (76), Amiens (80), Montauban (82), Le Bosset (83), 
Brignoles (83), Pertuis (84), Avignon (84), Limoges (87), Chamberry 
(74), Belfort (90), Etampes (91), Clamart (92), Goussainville (95), 
ainsi que Gabes (Tunisie) et Willstätt (Allemagne)

Crouic... Levi Strauss a  cent ans... Mais Arcelor Mital va licencier 9000 personnes dans le monde....zouip....chliiiiiiiiii....et Sébastien Josse qui avait dépassé Loïc Peyron...xrac...Loïc Peyron est repassé devant...La barre symbolique des 2 millions...et devant Les maires de France, Nicolas...103 morts, 300 blessés....hôtel de Luxe, le Taj Mahal...zééééééééééééé.....il n’y aurait pas de blessés...  c’est une véritable Rushdie bengalie....dont.....l’équipe de handball à gagné 27 à 26 contre....ce serait la nébuleuse Al Quaïda.........en direct de la frégate  française, qui escorte et qui.......n’a rien pu faire........les pirates n’ont eu besoin que de 5 minutes.......La chine, tant pis pour elle, tant pis pour nous....tchacccc....Christine Boutin a dit qu’elle ne voulait pas polémiquer........La crise....ftttttttttttttcouic...l’A 320 s’est abîmé en mer...zzzzzzzzzzlap....Bernard Kouchner....vous avez l’air un peu las...oui,...pas dormi.... prise d’otages....Thaïlande.....Bombay ( en fait on dit plus Bombay mais Mumbay).

Je suis allé jusqu’au pont, que j’ai traversé, au dessus de l’Hérault. Dans ma main, la main de ma petite, enfouie dans un gant. Je l’ai accompagné pour prendre le bus, la navette qui va à l’école. De nos bouches sortait de la fumée et c’était rigolo. Son bonnet enfoncé jusqu’aux yeux, elle avait froid pourtant, mais elle trouvait çà rigolo, tout comme le tas de fumier de la ferme de l’autre coté, qui fumait aussi. La montagne tout autour était recouverte d’une fine pellicule de neige et le givre avait recouvert la vallée où seul l’Hérault semblait résister à l’engourdissement, en torrent énervé qu’il est encore à cet endroit. Francis, notre vieux voisin rencontré plus tôt sur le chemin, me l’a dit, il fait -5 ce matin, pas chaud pour mettre une pitchounnette dehors. Christine Boutin lance son idée, et comme elle a dit,  « c’est pas parce qu’on dit qu’on va faire » pour se prémunir des attaques à son propos, à – 6 , hop on oblige tous les sans abris à se mettre à l’abri, magique !. Dans des abris pas très ragoutants aux dires de ceux que j’ai entendus, interrogés ce matin sur France Inter. Déjà, -6, pourquoi -6 ? Coucher dehors à -5, -4,-3, -2,  etc...est ce mieux ? Est-ce tolérable dans un pays riche qu’il n’y ait d’autres solutions pour tout le monde, sans exception ? Et puis l’obligation...Je me souviens disait Georges...J’étais à Djibouti, la marine, un autre temps, avant  l’objection de conscience et la vie communautaire....des flics ramassaient tous les mendiants, les crève misères, les errants....C’est qu’un paquebot arrivait, et pas n’importe lequel, m’avait dit un flic à qui je demandais pourquoi tant d’empressement à embarquer tout ce monde à qui l’on était indifférent d’habitude...c’était le Queen Mary, et quand un tel hôte parvenait jusqu’ici, il fallait cacher la misère, à toutes les vieilles personnes pouponnées qui allaient sillonner la ville au 7 quartiers, allant de l’ « occidental » jusqu’aux plus pauvres dont un que l’on appelait la « cité Akaï » parce que les « habitants » logeaient dans des cartons de chaîne Hi Fi... C’est cela qui se passe actuellement, cacher ces pauvres que l’on ne saurait voir et qui ont l’outrecuidance de mourir au-delà de -5 degrés au dessous de Zéro. Je crains que les grands mots, les invectives se réalisent finalement contre toute attente, « la guerre à la misère », est une promesse tenue,  en effet, en condamnant, le « D.A.L », grâce à l’article R 644 2 du code pénal , à une amende faramineuse pour une association qui défend les plus pauvres au motif de délit d’encombrement, cette guerre est bien déclarée. C’est chiant les pauvres, ils ne font rien qu’à nous rappeler sans cesse la perversité de notre système et ce système n’a rien d’autre pour s’en défendre que de condamner celui qui protège et qui rappelle l’injustice d’une société qui privilégie et adule ses riches. Obliger ceux qui dorment dans la rue à se mettre à l’abri à -6 degrés est une hypocrisie, la même qui fait condamner une association à payer 12 000euros d’amendes au motif du délit d’encombrements sur la voie publique...hypocrisie d’une société riche, si riche qu’elle recourt sans peine aux milliards pour sauver ses banques. A partir du 1er décembre, entre en vigueur « le droit au logement », l’état sera-t-il en condamné à son tour ? Les vielles poudrées du Queen Mary, c’est nous, ce qu’on appelle, l’opinion publique qui traine sa pensée rassurée dans les rues débarrassées de ces pauvres qu’il faut cacher et non pas abriter.

«  En ce temps là, Jésus disait, les riches auront la nourriture et les pauvres l’appétit... » Coluche, fondateur des restau du cœur.

Elle ressemble à une mante, toujours après lui.

Elle l'enrobe de précaution, toujours le contrôler.

Elle le prépare de façon subliminale, bientôt l'avaler.

Elle va le conjuguer, l'accorder à la mort.

 

Il est une tache dans sa vie.

Il est roux.

Il va ravaler ses flatteries.

 

C'était son idée à lui, aménager les combles.

Chéri, fais attention à l'escalier.

Son dû à elle, sa jolie tête rousse en bas des marches.

 

Une paire de claques, et il a trébuché.

Pas d'héritier, une masse de thunes à retirer.

 

Pour lui, elle avait dit oui au Gard.

Les toilettes dans le jardin, les poux.

Des ténèbres d'ennuis, des années à couver.

Elle a attendu. Dans le noir elle a dormi.

 

Blasée, elle l'a porté au ciel, en fumée.

Pendant la cérémonie, elle avait reniflé. Une cathédrale d'ombres larmoyantes, une nef de pleurs.

 

C'est qu'il était respecté son homme, son mari, son amant.

 

Le coffre enfin descellé. Elle soulève son corps de la chaise, elle écarte le voile de ses yeux. Elle aperçoit sa vie sans lui.

 

 

                                                                                              Karine Bergami

 

OBAMA VU DU GARD, sur :

Latélélibre.fr de John Paul Lepers journaliste citoyen


en lien ici...


     

Primo LEVI et Mario Rigoni STERN occupent, l'un et l'autre, une grande place dans mon modeste Panthéon littéraire. Les conséquences imprévisibles des errements sur le Net m'ont conduit à découvrir la lecture de la lettre que libella STERN au lendemain du suicide de LEVI.
Cette lettre fut lue par Jean-Claude ACQUAVIVA devant un auditoire que je suppose corse. Je vous propose de vous intéresser durant quelques minutes à la rencontre, par delà la mort, de deux grands écrivains. La voix si prenante d'un des animateurs d'A FILETTA confère à ce texte magnifique une dimension quasi sur-humaine.
Cliquez ci-dessous.
 
 
"S'agapo" de Renzo BIASION (La fosse aux ours). Voilà une série de somptueux récits publiés à Turin en 1953. Traduits par François Maspero. Des récits dont je ne me défais pas depuis que j'ai refermé le livre. Des récits qui narrent le quotidien de militaires italiens lors de l'occupation d'une partie du territoire grec durant la seconde guerre mondiale. Des récits qui installent les exilés dans l'univers qu'ils sont sensés investir, mais dont ils s'accommodent, au sein duquel ils survivent tant bien que mal. Des malgré eux, en quelque sorte. Empêtrés dans une guerre qui n'est pas la leur. Parmi des paysages qui rappellent l'origine de notre monde et que Biason décrit à la façon du peintre qu'il fut. Voilà une oeuvre, une oeuvre authentique, qu'il importe de sortir de l'anonymat.
 
 
"Le ciel n'attend pas" de Tawni O'DELL (Belfond). Mon côté midinette. Atteindre aux dernières phrases, aux derniers mots d'un  roman, des larmes plein les yeux. Se reprocher: "Tu t'es laissé berner!" Eponger le trop plein. Puis  réfléchir. Pour enfin reconnaître qu'il se dégage de ce roman-là quelque chose d'exceptionnel. En dépit des ficelles, d'une intrigue aux rebondissements prévisibles. L'exceptionnel occupe tout l'espace que Tawni O'DELL concède aux humbles, aux damnés de la terre. En l'occurrence des mineurs de Pennsylvanie. L'auteure prend leur parti, leur manifeste un respect désentravé de toute condescendance. En y greffant toute la violence qui ne se contient pas, qui ne s'accepte pas. La voix d'une femme pour hurler à la face des nantis d'incompressibles colères, pour dénoncer les injustices, l'hypocrisie. Un roman utile, un roman de la révolte, un roman d'une humanité qui résiste.
 
 
"La désobéissance" de Naomi ALDERMAN (L'Olivier). Ou plutôt la transgression? Une jeune juive exilée à New York s'en revient à Londres où son père, rabbin, vient de décéder. L'immersion dans une communauté juive orthodoxe fait renaître le souvenir de cette transgression. Il n'est ni regrets ni remords. Bien au contraire. L'héroïne persiste, au grand dam de cette société figée. Une société qui n'a de cesse de la renvoyer d'où elle vient. Le tableau que brosse Naomi Alderman foisonne de détails qui suggèrent la répulsion. Ne m'aura déçue que la conclusion qui renvoie, tout à coup, à d'étranges concessions. Même s'il s'agit d'affirmer l'appartenance à une culture. Avec, en filigrane, tout ce qu'elle implique pour une femme.
 
 
"Corniche Kennedy" de Maylis de Kerangal (Verticales). Le convenu de l'intrigue, proche du polar. Le gros et vieux flic désabusé. Les politiciens pourris. Les mômes des cités et d'ailleurs, dont les différences sont moins voyantes qu'il n'y paraît. Le tout cousu de fil blanc. Mais.... Car il y a un mais. L'intrigue a pour cadre Marseille. Et chaque fois que Maylis de Kerangal évoque Marseille, la touche est juste. La ville. Son ciel. Son climat. Ses ambiances. Le tout avec précision, concision, mais aussi avec tendresse, aces passion. Ce qui rend attachant ce drôle de roman!
 
 
"Qui trop embrasse" de Judith BERNARD (Stock). Le monde effrayant de l'université. Les clans. Les guerres intestines. Désirs et répulsions. Le tout observé par une jouvencelle qui met du temps à se déniaiser. Oeuvrette franchouillarde qui ne parvient même pas à atteindre au règlement de compte à l'encontre de l'institution.

André Blanchemanche ( en lien ici dans "le palavazouilleux)
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