Monsieur le Président,
Et si, tout cet embrouillamini de manifestations ne résultait que du simple malentendu. A force d’avoir voulu vous mettre au service du peuple, de le
considérer par-dessus tout, d’en avoir fait une raison de vivre, de l’avoir trop exalté, considéré, magnifié, glorifié, bref mis au centre de toute votre vie, je crains que vous n’en ayez une vue
trop idéalisée, surfaite ou mythifiée. Non je vous l’assure, ceci n’est qu’un malentendu, une erreur d’appréciation. Du peuple moi aussi je suis et, je puis en témoigner simplement, même si
nous sommes très loin de comprendre tout des bienfaits de votre esprit taquin et facétieux, nous sommes plus proches de vous que vous ne le croyez et de vos aspirations. Quoi, nous ne
sommes pas des saints, au dessus toute envie, non non… Il y a chez nous, comme chez vous, ce je ne sais quoi d’humain, de délicieusement vénal, qu’une petite augmentation de
172% fortifierait. Voilà, nous sommes simplement des femmes et des hommes avec des besoins comme vous et, eh oui je sais que je vais écorner pour vous la légende des arrières petits
fils et petites filles de sans culottes qui bien que se baladant culs nus ne sont pas des fesse-mathieux et s’en battent les Grenelles. Voilà, cessez de nous croire au-dessus de ces choses
matérielles et de surcroit, comme vous, nous avons des faiblesses et comme vous, nous avons aussi des pensions alimentaires et des envies d’escaliers neufs et de les monter avec nos copains.
C’est dégueulasse, je sais, mais c’est ainsi, les pauvres n’ont qu’une envie, renoncer à une vie de merde, avoir un taf sympa et devenir riches. Ne soyez pas modeste et ne cachez pas votre
réussite arrêtez de dire qu’il faut travailler plus pour gagner plus quand il suffit de devenir Président pour s’augmenter autant qu’il y a de matière grasse dans trois camemberts. A raison d’un
président tous les cinq ans, l’augmentation va se faire attendre longtemps j’en ai peur, pour les soixante quatre millions d’autres aspirants serviteurs du bien commun en commençant par lui même.
A moins que, vite fait bien fait, l’on bâtisse une immense assemblée nationale à l’échelle de la république et qu’un régime spécial de bananes et de retraite satisfasse tout le monde dans un
premier temps, en attendant mieux. Voilà qui me semblait important de préciser, Monsieur le Président et je crois déceler qu’il y a là comme le début d’une incompréhension… des femmes et
des hommes aux besoins simples comme vous, je vous dis, juste un peu de tunes, un repas dans un bon restauche, un yacht au large de Malte pour qui n’a pas le mal de mer, sinon une pension
complète à Palavas Les Flots pour les autres ou une soirée dans un fauteuil club à siroter un cocktail devant Les Têtes à Claques …Simples, humains, comme vous, je vous l’assure.
Tcho, monsieur le président.
fleurs et tomates