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Le temps qui passe

Novembre 2006
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Température, 29°à l’ombre.

 

 

 

Soleil blanc, ciel bleu, Cévennes vertes,  dans une vallée...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et hop, je finis l’installation du goûte à goûte aux pieds des cassissiers et des groseilliers au fond de mon jardin d’Eden. Bienheureux de la création qu’on attend depuis vingt bonnes minutes pour se mettre à table, je traînasse...

 

 

 

BZZZ, BZZZ, c’est Pearl Harbour dans mon potager. Deux maous costauds de frelons me prennent la tête, un devant, un derrière. Quelle mouche les a piqué ?

 

 

 

L’affaire est sérieuse. Je le sens bien que je suis mal. Suite à la douleur, des sensations inconnues et désagréables sont signes de mauvais signe.

 

 

 

Pendant ce temps,  Doudou jolie s’impatiente. Elle est assise devant deux assiettes somptueusement ornées, de pélardons pannés, de feuilles de Batavia, de tomates en rondelles, d’un filet d’huile d’olive et d’un poil de levure. Elle est contente d’elle. La petite table est amoureusement dressée... Au même moment, ce con de Dabeuliou, tendu sur ses pattes arrière, ne pense qu’à la guerre aux chats. Les centrales nucléaires, conçues pour  « nous devoir plus que la lumière »,  fournissent aussi leurs déchets nucléaires.  Pendant que mon plat refroidit, je boue. Des gouttes de sueur perlent sur un front dégarni. La planète se réchauffe. Le Groenland fond.  Les candidatures socialistes se ramassent à la pelle. Les Tchétchènes ne font rien qu’à être oubliés, sauf de Vlad le Gazier. Et le Darfour, hein ? Plus proche, claudicant en charentaises, que fait mon vieux voisin que les deux autres vieux s’autorisent à surnommer « pantoufle » ? Ben, Il  traite ses légumes comme des coureurs cyclistes. On devrait lui proposer la médaille agricole des sports maraîchers ...Que ceux de la ville se rassurent, à la campagne on pollue aussi.

 

 

 

Non ! Faudrait quitter tout çà ?

 

 

 

En attendant, je quitte le jardin en me pressant, et à tout bien réfléchir, en me pressant  lentement, afin que le poison distillé par les insectes ne se répande pas trop vite dans mon petit cœur affolé.

 

 

 

En rentrant, je m’entends dire à Doudou médusée :

 

 

 

- Je prends une douche, appelle les pompiers mon amour.

 

 

 

- ?

 

 

 

 J’essaie de rester digne face à mon destin et propre dans ma faiblesse... Ce n’est pas la grippe aviaire mais j’ai les pétoches. A suivre...

 

 

                                       

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