Hier, j’ai entendu le journaliste du 19 heures annoncer « le spectre d’une journée noire… » Je mangeais ma soupe. C’est con. J’en suis resté la
cuillère en suspens. Dehors, il faisait nuit. En cela, la fenêtre à mes cotés, représentait assez bien le « spectre d’une journée noire ». J’ai essayé de me faire une idée d’un spectre.
Puis d’une journée noire. J’en suis arrivé à des images apocalyptiques. Je me suis versé un verre de rouge. Se sont imposées dans mon cinémascope intérieur, la vision angoissante d’un ciel
orageux, poissé par des nuages surlignés de volutes de fumée par le gazole en feux, et des plans sur des véhicules détruits et abandonnés. J’étais en pleine actu, dans une salle obscure,
1939, un documentaire préfigurant la menace à venir. J’ai quand même terminé ma soupe. Ce présentateur du journal est familier des formules à trois balles. Avant il me crispait. A présent, j’aime
bien. C’est comme écouter la lecture d’ « un ouvrage » de Nadine de Rothschild par Benoît Poelvorde, et là çà prend une autre allure. Rien ne se perd, tout se transforme et tel qui
voulait colorier à sa façon l’actualité, révèle la lourdeur du sens commun et use de la métaphore jusqu’à rendre au contraire de l’adage, l’insignifiant, excessif.
fleurs et tomates