Ce qui est embêtant dans la langue de bois c’est son aspect naturel. Pour la traquer et la débusquer y’a du boulot. Trop tard, à chaque occasion de la chasser, elle s’est répandue et rétractée aussitôt, sans qu’aucun décidé à l’attraper n’eût coincé le coquin qui s’en servît. Ce dernier est habile au point qu’à son insu, il la manie comme un maître charpentier équilibre avec maîtrise un édifice taillé à sa mesure dans une forêt de considérations techniques qui échapperont au néophyte. Attention la langue de bois se transmet. Celui qui en use par postillonage savamment pulvérisé et mensuellement répété parvient par contaminer le plus prudent des observateurs qui ânonnera à son tour une information calibrée, tronçonnée, rangée, prête à l’emploi. Je propose, comme contribution à la sculpture générale et pour l’ébahissement de nos oreilles bouchées à la sciure, de reculer mois après mois l’échéance présidentielle, afin que les chiffres du chômage reculent selon ce rythme jusqu’à ce qu’ils atteignent un score nul, digne de nos prétendants à l’investiture et de leurs portes paroles radiophoniques, résultats proclamés avec toute la dignité requise pour la circonstance et en parfaite contradiction avec la réalité, ce qui est conforme à l’usage de la langue de bois sur le dos des sourds.
fleurs et tomates